VIDE SIDERAL A LA MAIRIE DE BANGUI : TYPOLOGIE D’UN CLOWN

VIDE SIDERAL A LA MAIRIE DE BANGUI : TYPOLOGIE D’UN CLOWN

Le très controversé Maire de Bangui Émile Gros Nakombo.
Le très controversé Maire de Bangui Émile Gros Nakombo.

 

Bangui, le 27 juillet 2017.

Par : Alain Nzilo, Directeur de publication du CNC.

 

Avant son terme, l’année 2017 pourra être qualifiée de « noire » pour certains maires africains qu’elle a épinglés à son tableau de chasse.
Si c’est pour des délits présumés de gestion, quoique teintées d’arrière-pensées politiques que les maires pourtant élus de Dakar (Sénégal) et de Moundou
(Tchad) ont maille à partir avec la justice de leur pays respectif, il en va tout autrement pour celui de Niamey (Niger).
En effet, pour ce dernier, c’est à cause de l’amoncèlement des ordures dans la ville de Niamey que le Président Mohamadou ISSOUFOU a pris la courageuse
décision de se séparer de l’homme dont il avait bien voulu faire naguère le principal gestionnaire de la capitale du Niger.
A contrario, mais pour les mêmes raisons pourtant, le Président de la Délégation Spéciale de la ville de Bangui coule des jours tranquilles, voyageant
de part le monde où à l’évidence il passe le plus clair de son temps à s’occuper de ses affaires personnelles que de celles de la Mairie de Bangui. Ne
disait-il pas lui-même au lendemain de sa nomination qu’il était venu là faire des affaires !!!!!
Il ne se passe pas de semaines ou de mois sans qu’Emile Gros Raymond NAKOMBO ne draine au Président TOUADERA des « hommes d’affaires » de toute provenance
et dans des secteurs aussi divers que le transport public, la promotion immobilière ou le ramassage des ordures, pour ne citer que ceux-là.
Pour rameuter « ses » hommes d’affaires, NAKOMBO a battu tous les records des missions à l’étranger de tous ses prédécesseurs selon un ratio entre la durée
et le nombre de ces missions. Il les enchaîne à une cadence telle que leurs financements relèvent du casse-tête pour les caisses de la Mairie de Bangui,
très souvent sollicitées soit par réquisitions, soit par appels de fonds depuis l’étranger où il se trouve.
Dans son fonctionnement, M. NAKOMBO oublie royalement qu’il est à la tête d’un organisme sous tutelle d’un ministère avec à sa tête un Ministre.
Ce n’est un secret pour personne que très souvent même si le Ministre dont il dépend directement s’oppose à une de ses missions, il est néanmoins autorisé
par le Premier Ministre à partir. Véritable défi à l’autorité.
Les ordures ménagères générées par les banguissois, elles, n’attendent pas la fin des pérégrinations de M. NAKOMBO et s’amoncèlent au point d’atteindre
dans certains quartiers et décharges, des hauteurs surréalistes. La haute saison des pluies actuelle n’est pas pour arranger les choses, bien au contraire.
C’est ainsi que très souvent excédés, certains riverains de ces décharges de la capitale ont menacé à plusieurs reprises par médias interposés, d’assigner
en référé la Mairie de Bangui pour défaillance. Dès le lendemain de ces menaces, les ordures ont été immédiatement enlevées comme par hasard.
Entre les montagnes d’ordures, les herbes folles dans la ville, la gestion chaotique des cimetières et des pompes funèbres, la poussière, la boue en cas
de pluie, le mauvais état des routes de Bangui, les menaces de grève du personnel municipal, les missions, les décisions à l’emporte-pièce, M. NAKOMBO
semble de toute évidence perdu. Finie les opérations de démagogie dite « Toumba zendé ». Ce n’est donc que très logiquement qu’on peut en déduire que soit
il ignore les missions d’une mairie, soit il est véreux et limité, toute chose qui confine à l’incompétence. Cherchez l’erreur. Comment dans un tel contexte
comprendre qu’il soit plus occupé à faire des diplomates qui quittent notre pays des « Citoyens d’honneur de la ville de Bangui » qu’à assumer les charges
dévolues à un Maire ?
Une grande part de la responsabilité dans le choix d’une telle calamité est d’abord imputable à celui par la volonté duquel. EGR NAKOMBO a été désigné
à la tête de la Mairie de Bangui, c’est-à-dire le Président de la République Faustin Archange TOUADERA. Il est de notoriété publique que le passage de
M. NAKOMBO à la direction générale de la Société Centrafricaine des Tabacs (SCAT) CETAC ensuite – pourtant en situation de monopole –  n’a pas laissé que
de bons souvenirs. A preuve la situation a été enterrée sans que son principal gestionnaire n’encoure la moindre inquiétude. On comprend d’ailleurs aisément
pourquoi il a tout mis en œuvre pour être élu député en 2005 et pourquoi aussi il s’est porté par deux fois candidat à l’élection présidentielle en 2011
puis en 2016. Cette candidature est plus apparue comme une plaisanterie de la part d’un homme qui prend tout avec une simplicité déconcertante même s’il
n’en a ni les moyens financiers, ni surtout intellectuels.
Revenant à la Mairie de Bangui et au ramassage des ordures, il y a lieu de rappeler que depuis quelques mois déjà, l’Union Européenne a offert gracieusement
une demi douzaine de camions appropriés dédiés au ramassage des ordures et un grand nombre de bennes qui auraient dû soulager ce service primaire totalement
dénué de la Mairie. Rien n’y fait et il se morfond à longueur d’interview pour la subvention de 25 millions hebdomadaires dont ses prédécesseurs ont bénéficié
et pas lui. Vu son fonctionnement, le comble de la bêtise aura été de lui concéder cette subvention dont on imagine aisément la destination finale.
Il est hautement souhaitable qu’à l’exemple du Président ISSOUFOU au Niger, que le Président TOUADERA se fasse violence en décidant de mettre un terme
au mandat nominatif calamiteux actuel de M. EGR NAKOMBO à la Mairie de Bangui. Ce ne serait que justice, objectivité et  limitation à temps des dégâts
pour le grand soulagement des banguissois, du personnel de la Mairie de Bangui, des caisses de la Mairie….avant qu’il ne soit tard. Ce n’est qu’une œuvre
de salubrité publique qui rallongera pour la bonne cause la liste des Maires débarqués en 2017 pour mauvaise gestion et cupidité.

 

 

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