Tunisie, les “anti-système” au second tour de la présidentielle

Publié le 17 septembre 2019 , 7:32
Mis à jour le: 17 septembre 2019 2:33

Bangui (République centrafricaine) : 17 sept. 2019 15:32.
Les résultats disponibles mettent en tête deux indépendants Kais Saied et le magnat des médias Nabil Karoui.
Avec les trois quarts des votes dépouillés, M. Saied confirme son avance, en engrangeant 18,4%% des voix, devant M. Karoui (15,58), selon l’Instance indépendante chargée des élections (isie). Les “figurants du système” comme les surnomment la presse locale n’ont pas de passé politique et ont créé un certaine surprise à l’annonce des résultats préliminaires.
Les deux candidats arrivés en tête ont fait campagne en s’appuyant sur le sentiment de rejet des Tunisiens vis-à-vis de la classe politique aux manettes depuis la révolution de 2011.
Kais Saied est un constitutionnaliste de 61 ans, qui n’a ni parti ni structure électorale. Il a fait campagne uniquement en faisant du porte-à-porte et en prônant une démocratie décentralisée et participative. Il a fait le plein de voix chez les jeunes diplômés au chômage, selon les analystes.
Nabil Karoui, bien qu’issu de l’establishment tunisien, se présente lui aussi comme un candidat “anti-système”. Fondateur de Nessma, l’une des principales chaînes privées tunisiennes, cet homme d’affaires est sous le coup d’une enquête pour blanchiment et fraude fiscale, et est en détention préventive depuis le 23 août.
Il est très populaire dans les régions défavorisées du centre de la Tunisie où il a organisé ces dernières années des opérations caritatives abondamment relayées par Nessma.
Le candidat du parti d’inspiration islamiste Ennahdha, Abdelfattah Mourou, est arrivé 3ème avec 12,88%. Le taux de participation final s’est situé à 49%.
Selon la loi électorale, la commission en charge des élections doit préparer un second tour dans les 15 jours qui suivent l’annonce des résultats définitifs.

©BBC Afrique
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