Soudan: pas d’accord entre militaires et civils sur la transition

Publié le 21 mai 2019 , 7:17
Mis à jour le: 21 mai 2019 7:17

 

 

“Le principal point de discorde entre l’ALC et le Conseil militaire reste le taux de représentation, et la présidence du conseil souverain, entre civils et militaires”, ont déclaré les deux parties dans un communiqué commun à l’issue de la réunion.

Les négociations se sont achevées lundi soir entre les généraux au pouvoir au Soudan et les chefs de la contestation, sans aboutir à un accord attendu sur la composition du futur Conseil souverain censé assurer la transition, ont annoncé les deux parties.

Le dialogue entre le Conseil militaire, qui a succédé au président Omar el-Béchir renversé par l’armée, et l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, s’est achevé vers minuit (22H00 GMT).

“Le principal point de discorde entre l’ALC et le Conseil militaire reste le taux de représentation, et la présidence du conseil souverain, entre civils et militaires”, ont déclaré les deux parties dans un communiqué commun à l’issue de la réunion.

Dimanche, les négociations avaient déjà achoppé sur ce différend, les deux parties souhaitant chacune prendre la tête et ravir la majorité des sièges du Conseil souverain, une institution clé de la transition qui doit se substituer au Conseil militaire pour une période de trois ans, avant la tenue d’élections.

 

“Conscients de notre responsabilité historique, nous travaillerons à la conclusion d’un accord urgent et répondant aux aspirations du peuple soudanais”, ont ajouté le Conseil militaire et l’ALC.

– Négociations bloquées –

A la tête du Soudan pendant près de 30 ans, Omar el-Béchir a été destitué et arrêté par l’armée le 11 avril sous la pression d’un mouvement inédit déclenché le 19 décembre par la décision des autorités de tripler le prix du pain dans un pays miné par une grave crise économique.

Le mouvement s’est vite transformé en contestation du pouvoir. Des milliers de manifestants campent depuis le 6 avril devant le QG de l’armée à Khartoum pour réclamer le transfert du pouvoir aux civils, après avoir obtenu la mise à l’écart de M. Béchir.

“Les négociations ne se poursuivront pas demain (mardi) à moins d’une avancée décisive sur les points de discorde”, a déclaré à l’AFP Satea al-Haj, un membre de l’ALC participant aux négociations.

Selon lui, l’ALC exige la présence de huit civils et trois militaires au sein du Conseil souverain. Les généraux souhaitent selon lui avoir sept militaires et quatre civils.