Sommet Russie-Afrique à Sotchi : de la poudre aux yeux ?

Publié le 22 novembre 2019 , 6:37
Mis à jour le: 22 novembre 2019 6:37
faustin-archange-touadera-et-dimitri-mozer-le-mercredi-6mars2019 à Bruxelles.
faustin-archange-touadera-et-dimitri-mozer-le-mercredi-6 mars2019 à Bruxelles.

 

Bangui (République centrafricaine) – CNC – Le 23 octobre dernier,  fut organisée à Sotchi la rencontre entre une quarantaine de présidents africains, des chefs d’entreprise, et Vladimir Poutine. Le président de la Russie, qui ne s’est en réalité rendu que trois fois en Afrique en une vingtaine d’années, a dit souhaiter renforcer les relations entre la Russie et l’Afrique. Que se cache-t-il derrière cette invitation ? Les promesses faites seraient-elle de la poudre aux yeux, qui n’engagent que ceux qui les croient ?

 

Le retour de la Russie sur le continent africain date de 2014, au lendemain de l’annexion de la Crimée par Poutine et donc au lendemain des blocus infligés par ses précédents amis européens ! La Russie cherchant donc de nouveaux partenaires commerciaux, n’avait pas d’autre choix que se tourner vers l’Afrique. La volonté du pays est-elle si sincère que ça ? La Russie était très présente en Afrique avant la chute du mur de Berlin, mais regardez-bien dans quel état elle a laissé les pays où elle agissait. L’état de leur économie avait empiré !

Il est important de souligner que la Russie n’est pas un pays disposant des capacités financières de la Chine ou des Etats-Unis, ni même de la France. Son PIB ne dépasse guère celui de l’Italie alors que les Russes sont beaucoup plus nombreux et dépensent des fortunes pour leur armée. La Russie a besoin à tout prix de partenaires commerciaux ! Les principales exportations de la Russie sont les céréales et les armes. La Centrafrique pourrait bien se passer des premières si notre agriculture se modernisait, et des secondes si nous évitions tous ces conflits meurtriers. Mais que vient donc chercher l’ours moscovite dans notre pays ?

Il semblerait que les russes soient très intéressés par nos ressources en minerai et en hydrocarbure, étant donné l’épuisement à long terme de leurs stocks nationaux. Les entreprises de la Volga ont donc tout intérêt à s’installer dans notre pays. Mais cela sera-t-il réellement profitable à notre pays ? Sans poser même cette question, il serait déjà de bon ton que la Russie réussisse à implanter d’autres entreprises que leurs mercenaires de Wagner . Et pour preuve : à part le don d’armement, quels sont les investissements de la Russie en Centrafrique depuis 12 mois ?  Cherchez bien. Qu’a fait la Russie pour le développement de la Centrafrique ? Méfions-nous de la communication car, par le passé, de nombreux projets promis en grande pompe par la Russie, comme le projet minier de Rosatom en Tanzanie ou la construction d’une raffinerie en Ouganda, ont été rapidement abandonnés.

Dernier point : la Russie a affirmé ne pas avoir d’intérêt politique en Centrafrique. Alors pourquoi s’entêter à entretenir autant de canaux de propagande et de désinformation ? Le 30 octobre 2019, moins d’une semaine après le sommet de Sotchi, la cybersécurité de Facebook a fermé pas moins de 35 comptes, 73 pages et 7 groupes de discussion pilotés depuis la Russie pour des campagnes de manipulation de l’opinion publique africaine.

Fils et filles de Centrafrique, selon vous, de quoi notre pays a-t-il besoin ? A-t-il besoin d’armes ou de développement et de démocratie ? A-t-il besoin d’information ou de désinformation ? La réponse me semble simple. Et concernant la Russie, la vérité est comme la lumière du soleil que personne ne peut cacher.

 

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