Recrutement clandestin à l’ÂNE, des voix s’élèvent pour demander des explications.

immeuble de l’autorité nationale des élections à Bangui

 

L’autorité nationale des élections (ANE) soupçonnée de recrutement clandestin. 

 

Bangui (République centrafricaine) – CNC – L’autorité nationale des élections, dont le slogan est « ensemble pour des élections transparentes, crédibles et apaisées », est depuis quelques jours citée dans une affaire du recrutement clandestin de certains de ses cadres administratifs.

 

Alors qu’un récurrent soupçon de préparatif des fraudes électorales continue de peser sur l’Institution publique chargée d’organiser des échéances électorales en République centrafricaine, les centrafricains viennent d’apprendre avec stupéfaction que cette même Institution dont laquelle ils peuvent se fier dans l’organisation crédible des élections dans le pays est citée dans une autre affaire bien encombrante, celle du recrutement clandestin de ses cadres administratifs, lesquels devraient passer par la voie officielle prévue dans le règlement intérieur de ladite Institution.

En effet, le scandale du recrutement illicite auquel l’autorité nationale des élections) ANE) se retrouve confrontée ce dernier temps aurait débuté après la prise des fonctions du nouveau chef de division communication, Monsieur Yannick NAMBELÉ, recruté dans des circonstances peu crédibles, selon certains responsables politiques nationaux.

À en croire aux allégations d’un cadre du MCU ayant requis l’anonymat, la nomination de monsieur Yannick NAMBELÉ au poste du chef de division communication de l’ÂNE serait portée par monsieur Julius Rufin Ngoadebaba, rapporteur général et porte-parole de l’ANE.

En effet, selon ce cadre du MCU, monsieur Julius Rufin Ngoadebaba, soupçonné en 2016 par certains cadres politiques d’avoir fait le jeu en faveur d’un candidat lors du second tour de la présidentielle, serait l’un des amis proches du nouveau chef de division Yannick NAMBELÉ. Ils ont été vus ensemble plusieurs fois en France quand monsieur Julius Rufin Ngoadebaba se rendait en mission dans ce pays d’Europe.

Monsieur Yannick NAMBELÉ, natif de Bozoum, fut un militant du parti MLPC avant de se retrouver dans le mouvement du soutien au candidat Sylvain Patassé, puis de l’URCA d’Anicet Georges Dologuélé en finale. Certains le voient déjà au MCU, mais ces proches démentent catégoriquement cette allégation.

Pour les élus de la nation, la présidente de l’ÂNE devrait s’expliquer publiquement devant l’Assemblée nationale sur cette affaire qui mine son Institution depuis quelques jours. Elle doit aussi présenter les noms de tous ses agents et cadres avec les conditions dans lesquelles ils ont été recrutés.

Par ailleurs, une source à Orange-Centrafrique confirme à CNC que monsieur Yannick NAMBELÉ, qui devrait être recruté dans leur société il y’a trois ans, mais ne disposait d’aucune référence universitaire pour être embauché en marketing et communication, avait été tout simplement disqualifié.

Pour autant, selon une source à Tours (France), monsieur Yannick NAMBELÉ serait un homme de parole. Il s’exprime correctement, mais n’a aucun diplôme universitaire de référence, avant d’ajouter que si l’ANE avait procédé légalement au recrutement de son chef de division communication, monsieur Yannick NAMBELÉ ne devrait aucunement être qualifié devant d’autres candidats.

Comme si l’autorité nationale des élections (ANE) avait été créée pour ne recruter que clandestinement ses agents et cadres, d’autres sources ajoutent que Monsieur Julius Rufin Ngoadebaba, Rapporteur général, ancien magistrat exclu par ses paires pour moralité douteuse, avait été, lui aussi, recruté dans des circonstances troublantes en 2015 grâce au concours de certains hommes politiques centrafricains. Malgré tout, au sein de l’ANE, il se considère, selon ses collègues, comme le vice-président de ladite Institution.

À lui seul, il confisque trois véhicules de service, y compris le nouveau 4×4 Land-Cruiser de la dotation de l’Union européenne pour les élections qu’il pavane avec dans les rues boueuses de la capitale Bangui.

Pour rappel, L’Autorité nationale des Élections avait fixé la date de la présidentielle

pour le 27 décembre 2020. Un éventuel deuxième tour était prévu pour se tenir le 14 février 2021. Mais le mandat de son bureau actuel prendra fin 24 décembre 2020, soit trois jours avant le premier tour. L’ÂNE ne pourra réussir sa mission que si elle se trouve dans les conditions requises. Avec des soupçons de préparatif des fraudes dont elle fait face depuis plusieurs mois, les Centrafricains se demandent s’il ne serait pas judiciable de former un nouveau bureau neutre et indépendant des pressions politiques ?

Affaire à suivre…

 

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