RCA : un collectif des officiers et des soldats FACA expriment leur colère, l’État major Appelle au calme et menace  

Publié le 22 août 2021 , 8:04
Mis à jour le: 22 août 2021 8:04

 

Bangui, République centrafricaine, lundi, 23 août 2021, 02:22:31 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Un collectif des soldats, des officiers et sous-officiers  de forces armées centrafricaines ( FACA) ont exprimé leur mécontentement dans un document de 20 pages envoyé au chef de l’État Faustin Archange Touadera. Dans cette pièce écrite, les auteurs ont non seulement exprimé leur  rage, mais fait savoir que « Les Forces armées ne sont plus républicaines et non plus au service du peuple comme écrit dans la constitution de la RCA, mais au service de l’exécutif, des gouvernants et leurs alliés les riches expatriés ». Mais l’état-major, de son côté, préfère appeler au calme et tient également à mettre en garde les militaires récalcitrants.

le chef d'État major des forces armées centrafrcaines (FACA), le général zéphirin mamadou, le mardi 24 décembre 2019 au camp Kassaï. Crédit photo : CNC.
le chef d’État major des forces armées centrafrcaines (FACA), le général zéphirin mamadou, le mardi 24 décembre 2019 au camp Kassaï. Crédit photo : CNC.

 

Cet appel du collectif des « soldats sans voix » intervient seulement quelques jours après  le décernent au grade aux militaires. Ces distinctions   ont été mal appréciées  par certains officiers, sous-officiers et soldats FACA qui dénoncent le tribalisme  et le clanisme qui entourent chaque année les inscriptions sur le tableau d’avancement dans l’armée nationale.

« Qu’est-ce que le soldat centrafricain a fait à l’exécutif actuel pour mériter tout cela : Honte, humiliation et déshonneur », dénoncent-ils.

D’après eux, la « Confiscation de liberté, restriction de mouvements et perte de vie » sont des exemples  palpables de l’humiliation de la part des éléments d’une autre force soi-disant venue défendre la patrie aux côtés des FACA. « Un frère d’armes ne traiterait jamais et à grand jamais son frère de la sorte, quelque soit le degré de sa forfaiture ». Mais l’arrestation du général Ludovic Ngaïfei, puis celle du colonel Moussa Kitoko   par des mercenaires de Wagner ainsi que d’autres assassinats des soldats par les requins témoignent bien cette volonté de l’humiliation de notre armée par l’exécutif actuel.

« Dans l’archive du parti MCU vous trouverez des noms des militaires qui sont des adhérents, allez-y comprendre, du jamais vu, car c’est dans ce parti politique qu’ils pourront bénéficier des avantages liés à leur soumission. Est-ce une armée au service du peuple ou une armée pour défendre les intérêts de certains individus qui sont au pouvoir ? Des militaires qui ne vivent que pour des avancements rapides dans les grades, le racket des opérateurs économiques centrafricains et expatriés, des orpailleurs, des Na gba ta et mêmes des cherchés à manger les Bouba-Nguéré, sur des barrières illicites, avec la bénédiction de la présence des mercenaires de la société Wagner et des forces rwandaises qui se battent pour eux.

Après tout ce qui se passe, ce n’est que l’humiliation et le déshonneur dans les rangs des soldats centrafricains, une telle gifle, une telle honte que la présente politique menée par le Chef Suprême des armées en personne est à l’origine », s’alarment-ils.

Pour l’État major,  le dernier tableau d’avancement serait consacré pour les faits d’éclat  ou les services exceptionnels rendus à la nation en temps de conflit armé ou au cours d’une mission spéciale.

« C’est pourquoi l’État major demande  à ces militaires ainsi qu’à  la population de garder le calme, car le tableau d’avancement au titre normal est en cours de confection.  Par contre, des mesures disciplinaires  seront prises à l’endroit de ceux enfreindront  au règlements de discipline  généraux dans les armées », a déclaré le porte-parole de l’état-major de l’armée.

Rappelons que la semaine dernière, la ville de Bangui était sous tension.  Les forces de défense et de sécurité ont été déployées partout dans la ville. Plusieurs sources sécuritaires évoquent des tensions militaires au sein de l’armée.

 

Anselme Mbata

Journaliste rédacteur

Alain Nzilo

Directeur de publications

 

Aucun article à afficher