RCA : selon J. S. Bokassa, « Au-delà de l’aspect judiciaire, le retour de Michel Djotodia pose problème… »,.

Publié le 22 janvier 2020 , 8:42
Mis à jour le: 22 janvier 2020 8:42
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L’ancien ministre de l’intérieur Jean-Serge Bokassa. CopyrightDR

 

 

Par : 54etats.com

Bangui (République centrafricaine) – Jean-Serge Bokassa est une figure politique incontournable de la République centrafricaine. Candidat à la présidence en 2015 et ministre jusqu’en 2018, il est candidat pour la présidentielle de 2020. 54 ETATS a souhaité receuillir son avis sur les retours des exilés à Bangui et sur l’Accord de Khartoum. Rencontre.

 

54 ETATS : François Bozizé, en exil depuis sa chute en 2013, est rentré à Bangui. L’ancien président centrafricain, toujours sous sanction des Nations unies, prépare sa candidature à la présidentielle de décembre 2020. Ce mardi 21 janvier, au palais de la Renaissance, le chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra a accordé une audience au leader du parti KNK François Bozizé. Quel est votre avis sur son retour à Bangui et sur cette audience ?

 

Jean-Serge BOKASSA : François Bozizé est un fils du pays, un compatriote. D’après la Constitution, aucun centrafricain ne peut être forcé à l’exil. Il est rentré chez lui.

Aucun centrafricain ne peut être forcé à l’exil

Ce qui est légalement normal. S’il y a des choses qui lui sont reprochées, c’est à la Justice de s’en occuper, dans l’espoir que celle-ci soit juste, équitable et impartiale. D’ores et déjà, nous pouvons affirmer qu’il bénéficie également de la présomption.

L’une des préoccupations, largement constatée d’ailleurs, c’est que l’ancien président Bozizé ne jouit pas d’un traitement égalitaire et surtout équitable par rapport à ceux qui sont censés avoir commis des crimes et parfois encore plus grave. Je parle des leaders des Groupes armés.

Concernant l’audience de ce jour, elle était très attendue, bien qu’on ait l’impression qu’elle s’est faite au “forceps”. Nous attendons avec une légitime impatience de voir en quoi cela peut contribuer au retour de la paix dans notre pays. Cela, dans un contexte où les crimes se poursuivent à Alindao, à Bouka voir Batangafo. Voilà les vrais enjeux et les aspirations profondes du peuple. J’espère qu’un communiqué sanctionnera cette rencontre pour nous permettre d’être davantage situé.

 

54 ETATS : Rentré à Bangui le 10 janvier à bord d’un vol Royal Air Maroc en provenance de Douala, Djotodia avait prévenu par courrier, dès le 28 décembre, le président Faustin-Archange Touadéra de son « retour imminent ». C’est chose faite, qu’en pensez-vous ?

 

Jean-Serge BOKASSA : C’est le cas aussi pour Michel Djotodia, à la différence que celui-ci pourrait être considéré comme responsable des crimes à grande échelle commis pendant ses 10 mois de pouvoir à la tête du pays. Ne fut-ce que sur le plan moral.

Au-delà de l’aspect judiciaire, le retour de Michel Djotodia pose problème

 

54 ETATS : Des combats se sont produits en début d’année, dans la ville d’Alindao entre les Forces armées centrafricaines (FACA) et l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), lequel se retrouve de nouveau sous le feu des critiques. Un commentaire ?

 

Jean-Serge BOKASSA : Nous avions non seulement exprimé notre légitime compassion à l’endroit de la population d’Alindao, mais encore et surtout dénoncé, dans un communiqué en date du 17 Janvier 2020, les propos hautement irresponsables du Gouvernement, propos portés par le porte-parole de celui-ci.

Placer notre armée nationale, force conventionnelle au service du peuple, au même rang que cette organisation criminelle appelée UPC est juste intolérable

Bien des seuils ont été franchis et celui-ci est le seuil de trop.

 

54 ETATS : Souhaitez-vous toujours qu’il soit mis un terme à l’Accord de Khartoum ?

L’Accord de Khartoum (…) est moralement indécent et constitutionnellement insoutenable

 

Jean-Serge BOKASSA : L’Accord de Khartoum comme nous n’avons jamais cessé de le décrier, est moralement indécent et constitutionnellement insoutenable ! Même si la Cour Constitutionnelle s’est récemment déclarée incompétente, le débat reste posé. Elle aurait pu d’ailleurs le vider.

Les faits aujourd’hui démontrent qu’une voie alternative est vivement souhaitée pour la préparations des futures échéances électorales dans un climat politique et sécuritaire apaisée, pour garantir un processus et des résultats transparents.

 

54 ETATS : Etes-vous toujours candidat à la prochaine élection présidentielle ?

 

Jean-Serge BOKASSA : Pour ce qui est de ma candidature, je dirige une formation politique et la base en décidera au moment opportun.

Propos recueillis et publiés :

PAR : 54ETATS.COM

 

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