RCA : scandale minier chinois, des vois s’élèvent pour demander une motion de censure contre le Premier ministre.

Publié le 22 juillet 2019 , 5:50
Mis à jour le: 22 juillet 2019 5:50
Le Premier ministre Firmin Ngrebada entouré à gauche du député de Bamingui Jean-Michel Mandaba et à droite du ministre des mines Mboli-Fatrane. Montage du CNC.

 

 

Bangui (CNC) — après la démission du député de Bamingui Jean-Michel Mandaba de son poste du Président des ressources de l’Assemblée nationale suite à son implication avérée dans l’affaire dite du  « scandale minier chinois », des voix s’élèvent partout dans le pays pour demander une motion de censure contre le Premier ministre Firmin NGRÉBADA pour avoir accusé à tort le Prêtre catholique Aurelio Gazzera de  vouloir faire la concurrence déloyale avec les Chinois.

 

En effet, le Père catholique Aurelio Gazzera, porté par la population de sa ville de Bozoum, avait dénoncé en avril dernier « l’exploitation anarchique de l’or par les quatre sociétés chinoises » autorisées par le gouvernement. Quelques jours plus tard, le 28 avril,  le père échappe de peu à son arrestation par les forces de l’ordre sur décision du gouvernement.

Comme si cela ne suffisait pas, le Premier ministre Firmin NGRÉBADA, le 29 avril dernier, devant les députés de la République, avait accusé injustement, selon l’avis des experts, le Père  Aurelio Gazzera d’avoir ourdi la défiance vis-à-vis de l’autorité de l’État à Bozoum. D’après lui :

« Selon le Code civil, le sous-sol appartient à l’État. Or, ce prêtre il est en concurrence avec les Chinois qui opèrent dans la zone. Nous avons autorisé les Chinois à exploiter l’or à Bozoum pour booster l’économie. Mais lui, il monte la population contre ces opérateurs économiques chinois ». Plus loin, le Premier ministre enfonce le clou en disant : « Il (Le prêtre) dit à la population que l’exploitation a de l’impact sur l’environnement. Nous avons envoyé des experts dans la région qui a infirmé ces allégations. Le prêtre prêche là-contre vérité dans l’église est-ce cela l’évangile ? », rapporte la radio Ndékèluka le 29 avril 2019.

Cependant, l’Assemblée nationale, sous la pression de la population de Bozoum, avait diligenté une enquête parlementaire indépendante pour faire la lumière sur les allégations de la population de l’Ouham et Ouham-Péndé.

Deux mois plus tard, la commission a émis son rapport qui donne entièrement raison au Prêtre  Aurelio Gazzera  et à la population de Bozoum. Le rapport va même plus loin en accusant certains députés de la nation et quelques personnels du ministère des Mines de complicité avec les quatre sociétés chinoises exploitant l’or dans la région de Bozoum.

Soupçonné par cette commission d’enquête parlementaire, le Président de la commission ressource à l’Assemblée nationale, le député de Bamingui Jean-Michel Mandaba, le   vendredi 19 juillet dernier, a ouvertement reconnu qu’il avait empoché une commission occulte de 40 millions de francs CFA de ces opérateurs économiques chinois.

En conséquence, il démissionne de son poste du Président de la commission ressources avec effet immédiat ce vendredi.

Depuis ce jour, tous les regards se tournent désormais vers ses probables complices qu’il refuse de dénoncer.

On pense notamment :

Au ministre des Mines Mboli-Fatrane, soupçonné  d’avoir empoché illégalement lui aussi des rétrocommissions dans cette affaire dite chinoise.

À l’ancien Premier ministre Simplice Mathieu SARANDJI qui avait réa utorisé ces sociétés chinoises à reprendre leurs activités alors que le premier rapport des experts du ministère des Mines avait recommandé son arrêt.

Au Premier ministre Firmin NGRÉBADA d’avoir dans un premier temps signé discrètement cet accord d’investissement minier avec les sociétés chinoises en Chine alors qu’il fut à cette époque un simple Directeur de cabinet à la présidence de la République. À ce titre, il n’a aucune  habilité  de signer au nom de la République centrafricaine un quelconque accord d’investissement. Et dans un second temps, son propos diffamatoire et insultants contre le Prêtre catholique Aurelio Gazzera.

Bien évidemment, d’autres noms des députés sont cités dans l’affaire, mais la vérité finira par éclater un jour.

 

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