RCA : polémique à Bangui après l’inscription du chef rebelle mercenaire Ali Darassa sur la liste électorale.

Publié le 21 septembre 2020 , 11:26
Mis à jour le: 21 septembre 2020 11:26
Docteur Dominique Désiré ERENON
Docteur Dominique ERENON.

 

Bangui, République centrafricaine, lundi 21 septembre 2020 ( Corbeaunews-Centrafrique ). L’annonce de l’inscription du chef rebelle mercenaire tchadien Ali Darassa sur la liste électorale provoque un véritable tollé dans le pays. Certains juristes demandent son arrestation, d’autres personnalités politiques exigent des explications au gouvernement.

 

Le chef d’État major et coordonnateur militaire de l’unité pour la paix en Centrafrique (UPC), l’autoproclamé général d’armée Ali Darassa  s’est enrôlé sur la liste électorale dans sa localité de la Ouaka ce vendredi. De nationalité tchadienne, Ali Darassa s’est installé en République centrafricaine en 2008 grâce  à la naissance des multiples groupes armés du mord, devenus en 2012 par la suite la coalition Seleka, d’après le chef rebelle tchadien Baba Laddé.

Depuis 2014, particulièrement après la chute du pouvoir de la Seleka, l’homme est devenu à son tour un puissant chef de groupe armé dans le pays, avec le recrutement massif des mercenaires étrangers au sein de son mouvement. En 2015, il s’est inscrit sur la liste électorale et votait à la présidentielle comme aux législatives.  Chose qu’il souhaite réitérer cette année.

Cependant, ce vendredi, après s’être inscrit sur la liste électorale, l’homme se faisait photographier et publier sur les réseaux sociaux, chose qu’il n’avait pas faite en 2015. Ce qui a provoqué un tollé au sein de la population centrafricaine  qui souhaite tout simplement son arrestation pour ses nombreux  présumés crimes commis dans le pays.

Pour le constitutionnaliste docteur Dominique ERENON, avec cet acte, Ali Darassa franchit le rubican. En conséquence, il doit être poursuivi devant le tribunal de Bambari, lieu de son crime.

 

« Entant que centrafricain, le sentiment que j’éprouve est celui de colère. Vous comprendrez que ma colère est saine, c’est une colère républicaine, à partir du moment où l’article 12 de la loi électorale de notre pays dit :  que pour être inscrit sur les listes électorales, il faut remplir une condition majeure. Et cette condition majeure est la condition de nationalité. Depuis quand Ali Darassa, chef de l’UPC  serait devenu centrafricain pour pouvoir s’inscrit sur les listes électorales. Moi je pense que c’est une situation qui est totalement fâcheuse, et entant que centrafricain, on ne peut qu’être consterné. Et je pense que de mon  point de vue, le rubican a été franchi », s’alarme docteur Dominique Désiré ERENON  qui n’a pas maché des mots pour demander  l’arrestation immédiate du chef rebelle Ali Darassa.

« Jusqu’où vont -aller les groupes armés dans notre pays? ? » se demande-t-il, avant d’ajouter que : » Monsieur Ali Darassa, sa place n’est pas sur la liste électorale. Sa place c’est plutôt en prison.  Parce que monsieur Ali Darassa c’est un monsieur qui tient des armes, qui fait souffrir la population dans notre pays ».

 

Notons que depuis l’enrôlement du chef rebelle Ali Darassa sur la liste électorale, le gouvernement n’a pas encore réagi pour condamner cet acte criminel commis par ce mercenaire une fois de plus.

 

Gisèle MOLOMA

Journaliste politique

Alain Nzilo

Directeur de publications

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