RCA :pillage, racket, vol et agression  de la population, les habitants de Yaloké et Bambari dénoncent le comportement des mercenaires russes

Publié le 19 février 2021 , 3:47
Mis à jour le: 19 février 2021 3:47
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Les mercenaires russes dans un véhicule de la gendarmerie centrafricaine dans une rue de la capitale de Bangui. Photo AFP.

 

Bangui, République centrafricaine, vendredi, 19 février 2021, 09:37:46 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Après la reconquête de certaines villes de l’intérieur du pays par les militaires de l’armée nationale appuyés par les mercenaires russes de la société Wagner, ces derniers se livrent littéralement au racket et au pillage de la population,  mais également  au vol et à la détention arbitraire des  habitants de villes conquises. Mais ces derniers, dépassés, appellent à l’aide et dénonce le comportement des paramilitaires Russes.

 

Face aux attaques des rebelles de la coalition des patriotes pour le changement, qui réunit sept groupes armés du pays,  et qui cherchent à asphyxier depuis près d’un mois la capitale en coupant les trois principales routes qui y mènent, le gouvernement centrafricain, à travers des accords de coopération militaire signés avec le gouvernement rwandais et la société de mercenariat Wagner, déploie plus d’un millier des mercenaires russes, mais également des troupes rwandaises à l’appui des militaires de l’armée nationale en vue de reconquérir  « toutes les villes de l’intérieur du pays occupées par les rebelles ».

Ainsi, le dimanche 24 janvier, les Russes, les Rwandais et les soldats FACA ont repris la ville de Boda aux mains des rebelles, suivi de Boali, Bossembélé, Yaloké, Bouar, Béloko, et tout récemment la ville de Bambari au début de la semaine.

Cependant, après la reprise de ces villes, les habitants de ces localités, qui venaient tout juste de subir les caprices des rebelles, se confondent désormais aux comportements crapuleux des mercenaires russes qui n’hésitent plus à racketter les pauvres citoyens, piller les boutiques aux abords de la route, mais aussi agresser toutes personnes, surtout les jeunes, qui portent sur leur corps des cicatrices du vaccin traditionnel.

« Après m’avoir déshabillé, les soldats russes ont vu sur mon corps des cicatrices de vaccins traditionnels qui avait été fait  par ma mère quand j’étais enfant.

Par la suite, ils m’ont accusé d’être un milicien Anti-Balaka. Malgré mes explications, ils m’ont agressé durant des heures jusqu’à l’intervention d’un gendarme centrafricain », a déclaré un habitant de Yaloké interrogé par CNC.

Et ce n’est pas tout ! Certains dénoncent le vol et pillage de leur  boutique par les mercenaires russes : «  si tu n’as pas un gardien devant ton magasin, c’est sûr qu’ils vont le casser pour prendre des choses. Je ne suis pas seul ici, même mes voisins ont subi les mêmes dégâts », explique un jeune commerçant de Yaloké.

Face à ce comportement des mercenaires russes, les soldats FACA et les gendarmes qui sont avec eux tentent de prévenir certains citoyens en langue nationale :

« Heureusement j’ai été averti par un policier qui était avec eux. Ils m’ont dit de cacher mon téléphone portable rapidement sinon ils vont le récupérer », témoigne un citoyen du quartier Élevage à Bambari.

La situation est de plus en plus inquiétante pour les habitants des villes conquises par les soldats FACA et les Russes si le gouvernement n’arrive pas à faire quelque chose pour que ces rackets et pillages de la population cessent.

On se souvient encore de la ville de Boali ou un Motel construit par un paisible citoyen avait été littéralement pillé et saccagé par les mercenaires russes le mois dernier.

« Ils peuvent démonter et emporter même les antennes paraboliques sur le toit d’une maison », s’alarme un habitant de Boali interrogé par CNC.

Notons que les militaires rwandais ont également pris part aux combats au côté des soldats FACA et des Russes dans l’opération de reconquête des villes aux mains des rebelles, mais ils se comportent dignement, selon les dires des populations.

 

Par Gisèle MOLOMA

Journaliste politique

Alain Nzilo

Directeur de publication

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