RCA : panique à Démbi, les rebelles du 3R sont signalés depuis 7 jours dans la ville.

Publié le 3 avril 2020 , 2:25
Mis à jour le: 3 avril 2020 2:25
Le village Létélé, dans l'Ouham-Pendé, au nord-ouest de la République centrafricaine. Photo CNC / Fortuné Bobérang.
Le village Létélé, dans l’Ouham-Pendé, au nord-ouest de la République centrafricaine. Photo CNC / Fortuné Bobérang.

 

Paoua ( République centrafricaine ) – depuis vendredi dernier, la commune de Démbi, située à environ 25 kilomètres de Gouzé, dans la circonscription de Paoua 5, est envahie par des combattants rebelles du 3R. La ville s’est vidée de sa population, qui est pour la plupart se cache dans la brousse. Une patrouille des FACA est arrivée mercredi dans la ville, mais les rebelles y sont toujours présents.

 

Selon les témoignages des déplacés de Démbi, interrogé par CNC à Paoua, tout a commencé par un banal conflit entre un éleveur peul et les populations locales, le vendredi 27 mars.

D’après leurs explications, ce jour, un éleveur  peul, en pâturage dans le secteur, faisait paître son troupeau aux abords d’une rivière locale, à l’entrée de leur ville. Très vite, par manque d’attention, ses bœufs se sont mélangés avec ceux de la population locale. Et il y a urgence de les départager pour éviter un conflit.

C’est en ce sens que le chef de groupe, alerté par les villageois,  se rendait sur le lieu de pâturage, accompagné de quelques pères de famille de son village.

Pendant ce temps, le peul, en regardant le chef de groupe s’approcher de lui pour lui parler, sort son arc et lance la première flèche à sa direction. Malheureusement, celle-ci l’a atteint de plein fouet, et il est tombé au sol.  Immédiatement, les autres pères de famille, en constatant les faits, se sont précipités pour lui porter secours, mais le peul n’a pas lâché. Il lance à nouveau plusieurs flèches à leur direction avant de s’éclipser et repartir à Létélé, une commune proche de Démbi, pour alerter non seulement les rebelles de 3R, mais aussi  les autorités locales.

Les rebelles, lourdement armés, se sont dépêchés très vite à Démbi pour constater les faits. Mais avant d’arriver sur le lieu de la scène, ils ont commencé à menacer les habitants de tous les villages depuis Létélé jusqu’à Démbi. Pris de panique, ils ont dû abandonner leur village pour se réfugier dans la brousse pour les uns, tandis que les autres préfèrent se réfugier à Paoua, principale ville locale.

Dans la journée mercredi 1er avril, une patrouille des soldats FACA, appuyée par celle des forces de la Minusca, est arrivée à Démbi, envahi par les 3R.

Après quelques heures de patrouille, les FACA et les Minusca sont reparties à Paoua, mais les rebelles, quant à eux, sont toujours dans le village.

Pendant ce temps, à Bangui, le député de Paoua 5, réuni avec ses collègues de la région, a entrepris des démarches auprès des autorités et de la Minusca pour que les rebelles quittent Démbi et sa région afin de permettre aux populations locales de rentrer chez eux à la maison et s’occuper de leurs activités.

Rappelons que les rebelles du 3R (Retour, réclamation et réhabilitation), qui se disent défenseurs des éleveurs peuls, sont basés principalement dans les localités de l’Ouham-Péndé et de la Nana-Mambéré.

Le mercredi 22 mai 2019, ils ont été accusés d’avoir massacré au moins une cinquantaine des personnes dans les villages Koundili, Lemouna et Létélé. Une enquête a été ouverte, et les chefs du 3R ont été directement indexés pour avoir commandité ce massacre. Mais les autorités du pays, dans le but électoraliste, ont signé des pactes discrets avec ce mouvement, aux grandes dams des victimes et leur famille.

Mais les forces de la Minusca, contrairement à la volonté des autorités du pays, ont mené une opération du désarmement forcé d’une partie des  combattants du 3R. Pendant ce temps, leur chef, Abas Sidiki, malade, a été évacué dans la capitale, Bangui avant d’être évacué sanitairement à l’étranger, le tout sur le compte du trésor public centrafricain.

 

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