RCA : libération des prisonniers après la signature d’un nouvel accord de paix sous tension,

Publié le 12 novembre 2020 , 6:14
Mis à jour le: 12 novembre 2020 6:14
De gauche à Droite, Monsieur Abdel-Razipk, cadre du groupe armé MLCJ, et Monsieur Abdoulaye Hissen, patron militaire du goupe armé FPRC, lors de la signature de l'accord de reconciliation du peuple du nord à Bangui le 10 novembre 2020. Photo CNC
De gauche à Droite, Monsieur Abdel-Razipk, cadre du groupe armé MLCJ, et Monsieur Abdoulaye Hissen, patron militaire du goupe armé FPRC, lors de la signature de l’accord de reconciliation du peuple du nord à Bangui le 10 novembre 2020. Photo CNC

 

Bangui, République centrafricaine, jeudi, 12 novembre 2020, 11:57:24 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Initialement connu sous le nom de grand rassemblement de paix  intergroupe armé porté par l’ex-chef d’État de transition Michel Am-Nondokro DJOTODIA, le forum de réconciliation  entre les communautés de nord organisé par le chef de l’État Faustin Archange TOUADERA et son gouvernement dans la capitale centrafricaine lundi et mardi 10 novembre 2020 a abouti à la signature d’un accord de réconciliation entre les différentes communautés du nord de la RCA. Sauf que ce nouvel accord de paix, censé réconcilier le peuple du Nord, semble les diviser d’avantage. Officiellement, c’est nouvel accord serait un succès, mais officieusement, les deux parties sont loin de se réconcilier, vue les différentes revendications qu’elles avaient soumis au chef de l’État, garant dudit accord. Ce jeudi matin, des prisonniers de guerre sont libérés, suscitant des polémiques.

 

Mardi 10 novembre 2020, vers 21 heures, le Premier ministre Firmin Ngrebada avait présidé la cérémonie de clôture du forum de réconciliation entre les communautés de nord en présence des membres du gouvernement, du chef rebelle Ali Darassa, chef d’État major et coordonnateur de l’UPC, de l’ex-ministre Abdoulaye Hissen, chef militaire du FPRC, du ministre conseiller du Premier ministre,  Monsieur Gilbert  Toumou Deya,  patron du mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ), mais également du sultan de Ndélé et de Birao.

En effet,  quelques heures avant l’ouverture de ce forum de réconciliation lundi dans la salle de conférence de l’hôtel Ledger, Madame Marie-Noëlle KOYARA, ministre de la Défense nationale, s’entretenait en dehors de la salle avec monsieur Abdoulaye Hissen qu’elle avait appelé « Cousin «  quand  le ministre et chef rebelle Gilbert Deya Toumou est apparu. Prenant le soin de saluer madame la Ministre, Monsieur Toumou avait pris le soin contre toute attente de saluer son compatriote Abdoulaye Hissen qui avait tendu sa main pour le saluer.

D’ores et déjà, pour notre journaliste qui était dans la salle, ce forum de réconciliation semble mal partir.  Justement, quelques heures après le départ du chef de l’État qui a présidé l’ouverture du forum, une bagarre est ouverte dans la salle, provoquée par l’un des membres des groupes armés invités à prendre part au forum.  Très vite, les belligérants ont été sommés de regagner leur place par les organisateurs.

Et ce n’est pas tout. Le lendemain,  dans la salle des travaux, une nouvelle bagarre s’est éclatée à la suite des revendications soumises par les deux parties, qui sont majoritairement  des Kara et Goula d’une part, et les Rounga, Sara, Haoussa, Arabe d’autre part.

Cependant, les membres de la délégation de la communauté Kara, natifs de Birao, et majoritairement réunis au sein du groupe armé MLCJ, ont exigé le départ de tous les Sarra et haoussa  de la ville de Birao avant tout accord. Entre temps, la communauté Rounga, appuyée par les Sara,  arabe, haoussa etc. exige à ce que le village Ndah, situé à 80 kilomètres de Birao sur l’axe Ndélé, et actuellement occupé par les rebelles du MLCJ leur soit remis officiellement. En plus, ils exigent à ce que tout leur bien détruit à  Birao soit dédommagé à quelques centimes près par le gouvernement. Enfin, ils exigent la libération de certains éléments du FPRC incarcérés à la maison centrale de Ngaragba, dans le septième arrondissement de Bangui.

Contre toute attente, il n’y avait eu aucun échange entre les deux parties organisées par les négociateurs. Mais à leur surprise,  quelques heures plus tard, le gouvernement leur a remis un accord de réconciliation à lire et à signer dans lequel leurs revendications n’ont pas été prises totalement en compte.

Selon les organisateurs, ce forum n’est pas dédié à faire des revendications, mais plutôt à la réconciliation entre le peuple du Nord. Aussitôt, les deux parties n’ont plus de choix de signer cet accord, mais elles sont loin de se réconcilier. D’ailleurs,

Au sein de l’hôtel qui les ont hébergé,  les deux camps ne se croisent plus, et ne se saluent plus. D’ailleurs, Ceux de Birao qui sont à National l’hôtel ont du quitter pour regagner leur frère à l’hôtel Lewis.

Ce mercredi, conformant aux revendications des ressortissants de Ndélé et Bria, deux prisonniers viennent d’être libérés. Ils sont tous deux de nationalité soudanaise qui sont actuellement dans l’avion de la Minusca à destination de Ndélé, a constaté sur place notre équipe d’enquête.

Affaire à suivre.

 

Par Gisèle MOLOMA

Journaliste politique

Alain Nzilo

Directeur de publication

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