RCA : l’ex-président François Bozizé fixé sur son sort

Publié le 22 septembre 2021 , 8:05
Mis à jour le: 22 septembre 2021 8:05

 Bangui, République centrafricaine, 1, 02:37:59 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Même si le lieu où se trouve actuellement l’ex-président François Bozizé reste inconnu, son sort est déjà fixé et connu. C’est dans une interview avec nos confrères de Jeune Afrique que le président Faustin Archange Touadera a parlé de son inquisitoire remis aux chefs d’État et de gouvernement lors de la Conférence Internationale sur la région des Grands Lacs et de la CEEAC, tenu à Luanda le 16 septembre dernier contre son ancien patron, François Bozizé.

 

 

Dans son interview, Faustin Archange Touadera exprime sa position claire et nette et celle de son équipe gouvernement s’il arrivent à capturer vivant son ancien patron, le général François Bozizé, actuellement dans le maquis. « Si nous, Centrafricains, lui mettons la main dessus, nous ferons en sorte qu’il réponde de ses actes devant la justice. Maintenant si, dans le cadre de la CIRGL et des négociations en cours, nous décidons qu’il vaut mieux le condamner à vie à l’exil pour avancer vers la paix, nous l’accepterons. Mais il faudra que cet exil soit loin des frontières centrafricaines », a-t-il déclaré à nos confrères de Jeune Afrique.

Pour le président Faustin Archange Touadera, il serait mieux de condamner son ex-patron, François Bozizé à une peine « d’exil à vie », loin des frontières centrafricaines. Autrement dit, pour avoir la paix dans le pays, François Bozizé ne doit plus mettre ses deux pieds en Centrafrique. Même son corps sans vie, si jamais, il lui arrivera de rendre son âme de là où les chefs de l’État de gouvernement de la CIRGL et de la CEEAC vont l’installer. Une puce mise à l’oreille de sa famille et de ses partisans

 

Un sort politiquement dicté : la séparation des pouvoirs volée en éclat

Avec les différentes positions exprimées par le président Touadera sur le dossier judiciaire de son ancien patron François Bozizé afin de le soustraire des poursuites dès le premier jour de son arrivée clandestine dans le pays, il ne fait aucun doute que la séparation des pouvoirs en Centrafrique n’existe que sur papier. On comprend aisément désormais pourquoi certains opposants à son régime sont menacés de poursuites judiciaires, des criminels de guerre ne pas, eux aussi, inquiétés ou ceux qui sont condamnés, comme Abdoulaye Hissen, ne purgent pas leurs peines et continuent de bénéficier d’une protection du pouvoir.

« … Quand il est revenu clandestinement [en décembre 2019], j’ai pensé qu’il le faisait avec une idée de réconciliation. C’est pour cela que nous n’avons pas choisi de le soumettre à la justice, alors qu’il était sous mandat d’arrêt. … » a déclaré le président Faustin Archange Touadera lors de son entretien avec nos confrères de jeune Afrique.

Rappelant que les avocats centrafricains ont observé plusieurs jours de grève, boycottant ainsi les audiences des Cours et Tribunaux. En cause, Maître Émile Bizon, bâtonnier de l’ordre des avocats de Centrafrique nous l’explique après l’arrestation d’un des leurs sur instruction ferme d’une haute autorité.

« Au-delà du cas de cet avocat, c’est que nous voulions mettre en exergue et alerter des intrusions intempestives des pouvoirs politiques et administratifs dans le fonctionnement du système judiciaire. Ce n’est pas la première fois que cela se passe » a fait savoir à qui veut l’entendre maître Émile Bizon avant d’ajouter et de conclure en ces termes : « qu’il y a même des cas où les décisions de justice qui sont rendues revêtues de l’autorité de la chose jugée. Les autorités politiques ou administratives interviennent soit pour arrêter l’exécution des décisions ou pour s’interposer, rappelle le bâtonnier. Donc, c’est l’accumulation de tout cela que nous voulons dénoncer aujourd’hui. Nous sommes dans un État de droit où la séparation du pouvoir est connue, que chacun reste dans les limites de ses pouvoirs ».

 

Par Gisèle MOLOMA

Journaliste rédacteur

Alain Nzilo

Directeur de publications

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