RCA : les forces vives de la nation lancent un ultimatum au Président Touadera pour la tenue d’une concertation avant les élections générales

Publié le 4 août 2020 , 2:42
Mis à jour le: 4 août 2020 2:57
Les quelques membres de la synergie des forces vives de la nation au siège du parti URCA du lundi 3 août 2020 copyright CNC @ Jefferson Cyrille Yapende.
Les quelques membres de la synergie des forces vives de la nation au siège du parti URCA le lundi 3 août 2020. Photo CNC / Jefferson Cyrille Yapende.

 

Bangui, République centrafricaine, mardi 04 août 2020 ( Corbeaunews-Centrafrique ). À l’initiative du Groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine (GTSC),  une réunion des forces vives de la nation regroupant les partis politiques , les organisations de la société civile, des syndicats et des personnalités politiques indépendantes a eu lieu ce lundi 03 août au siège du parti URCA à Bangui. Les membres de cette plateforme ont réitéré leur appel au chef de l’État Faustin Archange TOUADERA de convoquer immédiatement dans un délai de trois jours  la concertation des forces vives de la nation afin de sortir le pays de l’impasse politique actuelle à quelques mois des élections générales. Passé ce délai, si la concertation n’est pas convoquée, ils organiseront des actes de désobéissance civique jusqu’à la convocation de ladite concertation.

Écouter les propos liminaires des forces vives de la nation lus par Gervais Lakosso :

 

 

PROPOS LIMINAIRE DE LA CONFÉRENCE DE PRESSE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE, DES SYNDICATS ET DES PARTIS POLITIQUES RECLAMANT LA TENUE DE LA CONCERTATION DES FORCES VIVES DE LA NATION AVANT LES ÉLECTIONS GÉNÉRALES

À huit mois de la fin du mandat du Président Touadera, la situation sécuritaire du pays s’est empirée. Plus de 80% du territoire est occupé par les groupes armés animé pour la plus part des mercenaires étrangers; la souveraineté nationale est hypothéqué; l’économie nationale est asphyxiée; les espoirs de plusieurs entités se sont estompés; l’armée est empêchée de jouer son rôle avec un embargo qui se renouvelle chaque six mois dont le gouvernement est incapable de satisfaire les conditions pour sa levée totale.

La pandémie du Coronavirus est venue accentuer les difficultés de gouvernance du régime en place.  Ses stratégies de prise en charge des malades et la mise en place des mesures d’accompagnement en faveur des nombreuses entités de la nation victimes socioéconomiques de la pandémie n’ont pas convaincu.

Pendant ce temps, le gouvernement propose la modification de certaines dispositions de la constitution en vue de proroger de manière unilatérale les mandats du Président de la République et des députés.

Suite à un avis défavorable de la cour constitutionnelle, le régime se jette maintenant sur les élections, qu’il tient à organiser à bonne date alors que tous les signaux montrent clairement qu’on ne peut avoir des élections libres, transparentes et crédibles d’ici à décembre 2020.

Dans son avis sur la proposition de modification de la constitution, la Cour Constitutionnelle a suggéré au Président de la République d’organiser une concertation des forces vives de la nation afin de parvenir à un consensus politique qui permettra d’optimiser les conditions de la tenue des élections générales selon un calendrier réaliste et réalisable défini par tous.

Avant elle, plusieurs forces vives de la nation et des compatriotes de manière individuelle ont émis la même proposition à plusieurs reprises. Le 7 juillet 2020, une synergie des forces vives de la nation, à l’initiative du groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine, a écrit au chef de l’État, l’invitant à convoquer sans délai la concertation des forces vive de la nation pour sortir le pays de l’impasse politique. Cette demande est demeurée sans suite jusqu’à ce jour.

La conférence épiscopale de Centrafrique vient d’insister sur la même proposition dans son message aux chrétiens et aux personnes de bonne foi du 28 juillet 2020. La communauté internationale a également émis cette proposition.

Tous ces appels n’ont reçu aucune suite du Président de la République.

Sur le terrain, le chef de l’État est déjà en compagne, contrairement aux dispositions légales. Le gouvernement s’active à organiser les élections vaille que vaille, et l’autorité nationale des élections s’enlise tous les jours dans des impaires qui portent déjà le doute sur les résultats des élections, et installe une crise de confiance entre cet organe d’une part, le peuple d’autre part, et les parties prenantes aux élections.

Eu égard à tout ce qui précède, nous lançons ici et maintenant un dernier appel patriotique au Chef de l’État pour convoquer la concertation des forces vive de la nation immédiatement afin de sortir le pays de cette impasse politique qui n’a que trop duré.

Ainsi, dans un délai de trois jours, si la concertation n’est pas convoquée, nous organiserons des actes de désobéissance civique jusqu’à la convocation de ladite concertation.

 

Fait à Bangui, le 03 août 2020.

Les signataires de la lettre du 07 juillet 2020.

 

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