RCA : les députés du Haut-Mbomou accusent le contingent marocain de la Minusca d’avoir «  planifiées et organisé les attaques de l’UPC »

Publié le 2 août 2021 , 7:55
Mis à jour le: 2 août 2021 7:55

 

 

Bangui, République centrafricaine, mardi, 3 août 2021, 03:46:37 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Les autorités du Haut-Mbomou, notamment le sous-préfet, les  notables, les députés ainsi que les populations  ont  dans leur mire les Casques bleus marocains de la Minusca. Après les avoir accusés d’être en collusion avec les éléments de l’UPC auxquels ils étaient accusés de fournir des vivres et autres moyens de subsistance, d’avoir organisé le pillage et l’incendie des boutiques, ils sont désormais accusés d’avoir planifié et organisé les attaques de l’UPC dans le Mbomou. Leur départ dans toute la préfecture du Haut-Mbomou est exigé. Et si les Casques bleus quittent le Haut-Mbomou, que feront les soldats FACA seuls face aux multiples attaques des rebelles ?

Le départ des casques bleus marocains de la ville de Bakouma. Crédit photo : CNC /
Le départ des casques bleus marocains de la ville de Bakouma. Crédit photo : CNC /

 

Le 13 août 2020, trois commerçants du Haut-Mbomou, en provenance du Soudan voisin, ont croisé à 17 kilomètres de Bambouti un groupe des mercenaires rebelles de l’UPC lourdement armé. Au cours de leur rencontre inattendue, ces derniers ont froidement abattu  l’un des trois commerçants avec leurs armes pendant que les deux autres ont réussi à s’échapper dans la brousse. À cette époque, les commerçants locaux, très en colère, ont manifesté leur mécontentement contre les nombreux actes criminels perpétrés par des éléments rebelles de l’UPC dans le Haut-Mbomou.

Cependant, le député de la première circonscription d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, dans sa déclaration en date du 19 octobre, accuse les Casques bleus du contingent marocain d’être de connivence avec ces rebelles de l’UPC. D’après lui, quelques minutes avant l’assassinat de ce jeune commerçant par les mercenaires de l’UPC, des Casques bleus marocains de la Minusca, qui sont partis d’Obo, et qui convoyaient une équipe de vaccination  qui partait à Zémio, ils se sont croisés avec ce même groupe des rebelles de l’UPC à 30 kilomètres d’Obo sur l’axe Zémio. Contre toute attente, les Casques bleus marocains sont descendus de leur véhicule blindé pour ravitailler les assaillants avec de l’eau et de la nourriture, et ce, au vu du député de Mboki qui faisait partie du convoi escorté par la Minusca,  et aussi des agents de l’autorité nationale des élections qui venaient à  Mboki, mais également des agents de vaccination  qui partaient pour Zémio.

Pour le député Ernest Mizedio, il ne fait aucun doute, les soldats marocains de la Minusca sont en connivence avec les rebelles de l’UPC dans le Haut-Mbomou.

Et ce n’est pas tout! Près d’une année plus tard, le lundi 26 juillet 2021, la ville d’Obo, située à l’extrême sud-est  de la RCA,  avait été secouée par des détonations d’armes lourdes et légères. Plusieurs boutiques ont été incendiées, et deux personnes, dont un soldat FACA, ont été tuées. La Minusca annonce une attaque des éléments rebelles de l’UPC qui a été repoussée par les soldats FACA appuyés par les Casques bleus de la Minusca. Mais le lendemain, le sous-préfet de la ville avait annoncé publiquement que l’attaque aurait été simulée par les Casques bleus marocains. Ce n’est pas une attaque appropriée de l’UPC, estime-t-il. Cette déclaration a été suivie d’une manifestation réunissant au moins 10 000 personnes exigeant le départ des Casques bleus marocains ainsi que de la Minusca de la ville d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou. Comme si cela ne suffisait pas. Quelques jours plus tard, le collectif des députés du Haut-Mbomou, réunissant à Bangui, ont publié un communiqué demandant l’ouverture d’une enquête parlementaire sur l’affaire, mais exige aussi le départ immédiat du contingent marocain de la Minusca dans la préfecture du Haut-Mbomou et une augmentation des effectifs des FACAs détachés à Obo, investi d’une mission plus offensive dans toute la préfecture du Haut-Mbomou, ainsi qu’une importante dotation en matérielle militaire pour leur permettre de faire face aux attaques des éléments de l’UPC planifiées et organisées par les forces marocaines de la MINUSCA.

Alors, si la Minusca réagit comme elle avait fait à Bria en 2017, puis à Bozoum en 2018  en retirant les Casques bleus de la ville, que feront les populations et les FACA face aux multiples attaques des rebelles ?

Du côté de la Minusca, aucune réaction n’a été faite sur le sujet.

Affaire à suivre…

 

Par Félix Ndoumba

Journaliste rédacteur

Alain Nzilo

Directeur de publications

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