RCA : le cinéma centrafricain en plein essor

Publié le 25 août 2020 , 12:57
Mis à jour le: 25 août 2020 12:57
Le documentaire « Makongo » d’Elvis Sabin Ngaibio
Le documentaire « Makongo » d’Elvis Sabin Ngaibio

 

Bangui, République centrafricaine, mardi 25 août 2020 ( Corbeaunews-Centrafrique). Le festival de films documentaires le plus prestigieux au monde a dévoilé sa sélection officielle pour la compétition de l’année 2020 où un film centrafricain « Makongo » a réussi la prouesse d’être sélectionné.

 

Le documentaire « Makongo » d’Elvis Sabin Ngaibio a été primé deux fois au Festival International du Cinéma du Réel à Paris avec le prix international de la société civile des auteurs multimédia et le prix des bibliothèques. Ce film documentaire qui a reçu aussi un prix à la Mostra de Venise raconte l’histoire de André et Albert, deux pygmés Aka de Mongoumba parmi les rares de leur communauté à faire des études. Malgré les multiples difficultés, ils parcourent les sentiers sinueux au milieu de la forêt, déterminés à alphabétiser les enfants et les adolescents de leur communauté.

 

Il y a lieu de noter que le cinéma centrafricain est de plus en plus à l’honneur. Dernièrement, « Wakis, Chasseur d’arbre » a été sélectionné au festival Vision du Réel en Suisse. Ce film de Boris Lojkine, date de quelques mois et a été réalisé avec la contribution de Tanguy Djaka Yarissi. Fort de son expérience lors du film « Camille », il a réussi par un documentaire de trente minutes à montrer la difficulté de l’activité traditionnelle de la fabrication de charbon. Malheureusement, la maladie à coronavirus a empêché le réalisateur de pouvoir se rendre sur place pour participer et échanger avec d’autres réalisateurs.

 

En 2019, le film « Camille » de Boris Lojkine a été récompensé de nombreuses fois. Lors de sa présentation au festival international de Locarno en Suisse il a été primé par le prix du public Toujours en 2019, le festival international du film francophone de Namur lui décerne le Bayard d’or du meilleur scénario et le prix Be TV. « Camille » n’arrête pas sa course effrénée, Nina Meurisse reçoit le meilleur espoir féminin au prix lumière de la presse internationale 2020. Puis récompensé par le « Valois » de  la meilleure actrice au festival du film francophone d’Angoulême. Le festival du film français de Helvétie l’avait sélectionné et les césars l’avait nominé.

 

« Mbi na mo » ou en français « toi et moi » de Rafiki Fariola est parvenu à être sélectionné au festival Cinémas d’Afrique à Lausanne (Suisse), en 2018 puis l’année suivante au festival international documentaire de Biarritz (France).  Il n’est point possible d’oublier « Chambre 1 » de Leila Thiam en 2017 qui a été sélectionné au festival Vision du réel.

 

En quelques années, on voit qu’en Centrafrique le cinéma se développe et parvient à se hisser au niveau international, en traitant de sujets de la vie locale et des préoccupations des centrafricains.

 

Ces cinq productions avec un peu d’aide ont réussi des paris fous, à première vue inatteignable, pour un résultat époustouflant. Peu de film, de nombreuses  récompenses. Saluons la qualité de leur travail et remercions les soutiens qui ont permis à ces films de naitre et de rayonner. Ces films ont reçu de l’aide des fonds Békou, de l’ambassade de France mais aussi de l’Alliance Française à travers les ateliers Varan.

Nous ne pouvons qu’espérer la même chose pour les prochains films.

 

Le cinéma centrafricain ne s’arrête pas là. Ciné Bangui est le nouveau projet de l’Alliance Française de Bangui pour travailler sur les métiers du cinéma et passer à la réalisation de fiction. Présentement, la phase de candidature est en cours. L’Association centrafricaine pour la promotion audiovisuelle et du développement (ACPAD) lance quant à elle un festival de films africains du 07 au 14 novembre en  centrafrique. Pauline Sylviane Gboulou Mpaondo, présidente de l’association, a annoncé que ce festival permettra de promouvoir la culture centrafricaine et le cinéma centrafricain. Les inscriptions à ce festival sont d’ores et déjà ouvertes.

Qui vivra, verra le cinéma centrafricain s’épanouir.

 

Adama Bria

Copyright2020CNC

Aucun article à afficher