RCA : le 3R dément  avoir occupé illégalement la brigade de la gendarmerie de Besson.

Publié le 1 juin 2020 , 1:29
Mis à jour le: 1 juin 2020 1:29
les électeurs devant un bureau de vote
Le chef rebelle Abbas Sidiki, ici à Bouar, le 17 novembre 2019. Crédit photo : Corbeaunews-Centrafrique

 

Bouar (Corbeaunews-Centrafrique) – À quelques mois des échéances électorales en République centrafricaine, les groupes armés  semblent adopter une nouvelle stratégie en dépit de leur engagement  contenu dans l’accord politique pour la paix et la réconciliation (APPR-RCA). Le mouvement 3R, dirigé par Abass Sidiki, l’un des signataires dudit accord, ne semble ménager ses efforts pour respecter ses engagements. Le 14 mai dernier, ses combattants, lourdement armés, ont désarmé de force les gendarmes en poste à la brigade de Besson. Mais le chef d’État major de 3R, dans un communiqué, a nié catégoriquement l’implication de son mouvement, et parle plutôt de la diffamation à l’égard de 3R.

Comme dans une comédie ivoirienne, le 3R, dans son communiqué,  pose ses conditions pour la mise en œuvre de l’APPR-RCA, mais hausse également le ton contre le gouvernement.

 

Hier, on parlait du FPRC, MLCJ, PRNC et RPRC qui se battaient  au Nord et centrent pour étendre leur présence et contrôler plus des axes routiers  . Aujourd’hui c’est le tour de 3R, du MPC  et de l’UPC, trois groupes armés dirigés par des sujets étrangers qui semblent déterminés à  étendre leur influence sur le territoire national.

Le mercredi 20  mai, à Obo, une présumée attaque des combattants rebelles de l’UPC avait été repoussée par les militaires de l’armée nationale, appuyés par les forces de la Minusca. Or, le chef d’État major et coordonnateur de l’UPC, l’autoproclamé général d’armée Ali Darassa, dans son communiqué du 28 mai, a catégoriquement nié l’implication de son mouvement dans ces affrontements. Au même moment, au nord-ouest, dans la préfecture de Nana-Mambéré, un autre mouvement armé, le 3R (Retour, réclamation et Réhabilitation), dirigé par Abass Sidiki, dans un communiqué parvenu à la rédaction du CNC, Demont catégoriquement avoir occupé illégalement la brigade de la gendarmerie de Besson comme avait annoncé la Minusca : « Le Mouvement 3R porte un démenti formel aux allégations non fondées formulées dans un communiqué conjoint MINUSCA /  Gouvernement du 26 mai 2020, Faisant croire que le Mouvement 3R a transgressé l’accord politique pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine (APPR-RCA) en occupant illégalement la brigade de la gendarmerie de Besson », et d’ajouter que  « le Mouvement 3R informe l’opinion nationale et internationale qu’aucun de ses éléments occupe la brigade de Besson. Ces déclarations sont de nature à ternir l’image du Mouvement ».

Et ce n’est pas tout. Le 3R, dans ce même communiqué, invite bizarrement l’opinion nationale et internationale à « lire seulement la déclaration faite par le Ministre de Sécurité Publique devant les élus de la nation par rapport au désarmement des gendarmes basé à Besson ». Aussi étonnant que cela puisse paraître, le 3R, comme dans une comédie ivoirienne, lance un appel  « de mise en garde au Gouvernement contre toute sorte de provocation directe ou indirecte contre ses bases et/ou ses éléments. Au cas contraire, le mouvement 3R ripostera pour sa légitime défense ».

Cerise sur le gâteau, le 3R se dit toujours attaché à l’accord de paix de Khartoum, mais pose de condition : « Le Mouvement 3R réaffirme son engagement pour la mise en œuvre de l’APPR-RCA si les menaces cessent et les garanties de la sécurité de ses responsables sont assurées ».

 

Gervais Lenga

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