RCA : « La balle est dans le camp du Président TOUADERA et s’il veut un dialogue sincère et franc, il  n’a qu’à se conformer à ce que les Centrafricains pensent », dixit Mahamat KAMOUN de la COD-2020

Publié le 15 juillet 2021 , 7:16
Mis à jour le: 15 juillet 2021 7:16

 

Bangui, République centrafricaine, vendredi, 16 juillet 2021, 03:37:59 ( Corbeaunews-Centrafrique ). La Présidence de la République a convoqué le 9 juillet 2021, une concertation avec certains partis politiques d’opposition pour échanger sur leurs inquiétudes suite au décret de la mise en place du comité préparatoire d’un dialogue dit « républicain ». Parmi ses partis politiques d’opposition conviés, la COD-2020, qui est une plateforme d’opposition, a répondu présent à ce rendez-vous. A la fin de cette rencontre, Mahamat KAMOUN, Président en exercice de cette plateforme d’opposition, a dévoilé à la rédaction de corbeaunewscentrafrique la position de leur mouvement dans une interview.  

 

Le candidat du BTK Mahamt Kamoun
Le candidat du BTK Mahamt Kamoun

 

Corbeau News Centrafrique (CNC) : Vous avez répondu présent à l’invitation de la Présidence le vendredi dernier. Qu’est-ce qui a été dit lors de cette rencontre entre l’Opposition et le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat ?

Mahamat KAMOUN (MK) : La coalition de l’Opposition démocratique (COD-2020) tout comme d’autres parties prenantes, ont rejeté les dispositions du décret mettant en place le comité préparatoire du dialogue. Nous avons été conviés suite aux différentes déclarations que nous avons fait savoir, et donc l’essentiel de l’entretien est porté sur ce décret. Ce qui concerne  la COD-2020, nous avons regretté le fait que c’est le Directeur de cabinet au lieu du Chef de l’Etat lui-même, parce que c’est lui qui avait signé le décret. Et comme s’il y a des problèmes comme ça, il fallait que se soit lui pour écouter les Centrafricains mécontents pour pouvoir trouver des solutions, parce que dans un premier temps, nous portions pour soulever des questions politiques et nous attendre aussi des réponses d’ordre politiques que seul le Chef de l’Etat pouvait nous les donner. Ça n’a pas été le cas,   c’est son directeur de cabinet qui nous a expliqué les choses, et chaque entité lui ait dit ce qu’il pensait.

CNC : Qu’est-ce que la COD-2020 que vous représentez a envoyé comme message au Président de la République, via son émissaire ?

MK : Mis a part les observations que je viens de faire, nous avons expliqué ce qui ne  nous a pas plu dans notre récente déclaration par rapport à ce comité préparatoire mis en place par ce décret. Nous avons estimé que la démarche ayant conduit à la mise en place de ce comité n’était pas consensuelle. Il fallait réunir les entités pour discuter et arrêter le format avant de signer le décret. Et je vous signale que ce n’est pas la première fois pour la République centrafricaine d’organiser un dialogue ou un forum. Nous l’avons fait dans le passé et c’est comme ça que les choses se passent. Hélas, le gouvernement a préféré procéder à une démarche unilatérale pour nous sortir quelque chose qui n’a pas rencontré l’agrément  des uns et autres.

CNC : Donc, le non consultation par le Président de Touadera des entités avant de procéder à la signature de ce décret est la seule raison qui énerve la COD-2020 ?

MK : Nous avons eu à dénoncer plusieurs manquements dans ce décret dont l’inclusivité. Ce comité n’est pas inclusif et nous nous plaidons pour l’inclusivité. Ce n’est pas tout ! Il y a une surprésentativité des entités publiques que nous assimilons à la majorité présidentielle. Vous prenez le pouvoir public, sept (7) places, et cela, il faut ajouter la médiation  et la société civile saucissonnée, et nous savons tous que les associations comme les minorités et de la jeunesse sont affiliées plus au moins au pouvoir. Et donc, si vous ajoutez le président lui-même désigné ou nommé par le Chef de l’Etat, ce qui n’est pas normal. Du coup, nous allons nous retrouver avec une majorité écrasante des gens qui sont proches du pouvoir alors que les partis politiques de l’opposition n’en ont qu’une seule place. Cette question a été dénoncée par la COD-2020 et les autres entités. Ensuite, nous nous sommes rendu compte que ce comité doit travailler sous l’instruction du Président de la République, ce qui n’est pas normal. Lorsqu’on met un comité en place, il faut que ça soit consensuel avec le respect de la parité qui est censé de mettre en place leur bureau en commençant par le président qui serait élu et les autres membres afin de faire un travail sérieux.

CNC : Avez-vous réitéré votre position demandant la participation des groupes armés dont la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) à ce dialogue, malgré que certaines voix officielles du régime vous accusent  d’être une aile politique de ses forces non conventionnelles qui jurent de renverser le pouvoir du Président TOUADERA ?

MK : Vous savez, on est dans un pays où, lorsque vous dites la vérité, on essaye de démontrer que vous dites autre chose. Tout ce que la COD-2020 est en train faire, est en conformité avec sa charte qu’elle a créée et vous savez très bien que dans cette charte, notre plateforme des partis politiques reconnus, qui s’opposent à toutes prises en force ou de confiscation de pouvoir par des moyens anti-démocratiques. Et lorsqu’en nous mettant en place cette coalition en février 2020, est-ce que à cette époque, la CPC existe ? Notre objectif était de nous battre pour les élections puissent passer dans la transparence et démocratie, de sorte que le peuple centrafricain puisse aller librement choisir en toute liberté, en toute sécurité, ses futurs-dirigeants. Et lorsque nous avons vu qu’il avait des problèmes, nous avons commencé à demander le dialogue pour régler de ses questions-là, personne ne nous a écoutés. Et alors, la CPC est venue et cette question de la CPC a fait tant d’encre et salive, et vous connaissez que c’est une coalition qui a ses chefs et ses membres qui ont mis en place de cette coalition avec des accords et des objectifs. Je ne vois pas quoi on va faire avec un rapprochement entre la COD-2020 et la CPC. Nous n’avons pas à passer le clair de notre temps à nous justifier par rapport à cette histoire. Nous avons été clairs à travers plusieurs déclarations et interviews devant éclairer la lanterne de la population. Demander à ce que ce  dialogue qui de notre point de vue est l’ultime chance qui s’offre à notre pays afin que  les Centrafricains et les Centrafricaines puissent se dire la vérité en face. Ce n’est pas une occasion de faire des causeries mais plutôt de réfléchir et poser sur la table des problèmes fondamentaux qui se posent à notre pays depuis le premier mandat du Président Touadera et parmi ses questions, il y a celle de la mascarade électorale. Qu’est-ce qu’il faut faire pour que demain nous ne puissions plus retomber dans une pareille situation. Vous voulez aussi vraiment que ceux qui prennent les armes depuis plusieurs années pussent être invités à ces assises-là pour que nous les écoutions, pour que nous leur disions ce que nous avons envie de leur dire afin qu’ils prennent un engagement une fois pour toute pour que ce pays puisse aller de l’avant ? Ça ne veut pas dire que nous sommes proches et alliés politiques des groupes armés. D’ailleurs du gouvernement à la COD-2020 qui est le plus proche des groupes armés et qui a été allié des groupes armés ? Ce sont des gens du pouvoir qui sont en train de protéger leurs biftecks et ils pensent que quand vous dites des idées qui sont contraires à ce qu’ils pensent, vous êtes un antipatriote voire de tous les noms d’oiseaux. On peut régler le problème de l’insécurité dans notre pays sans les protagonistes ?  Je l’ai dit déjà sur les ondes des différentes stations et autres organes, qui a créé le blocage ou la question sécuritaire dans le pays. Ce sont les partis politiques, lorsque que vous avez des problèmes, c’est une partie de la population centrafricaine même s’il ya des étrangers parmi eux. Et c’est mêmes personnes, le gouvernement a accepté de leur signer  l’accord de Khartoum, il n’avait pas su que c’était des étrangers. Aujourd’hui, on chante le contraire.

CNC : Dans le cas où le Président de la République ne revient pas sur ce décret, quelle serait la prochaine étape de la COD-2020 dont vous êtes le président en exercice ?

MK : il y a un Chef de l’Etat de la sous-région qui disait un jour ici, le peuple, mon peuple c’est mon rétroviseur. C’est-à-dire qu’un Chef d’Etat ne peut pas faire ce qui lui semble bon. Le Président de la République, c’est le peuple qui l’a élu, alors il doit œuvrer et travailler conformément à ce que le peuple demande. Ce n’est pas la COD-2020 qui demande ce dialogue et réagit par rapport à la mise en place de ce comité préparatoire proposé. Même la majorité silencieuse, le bas peuple pense de la même manière que nous, et s’il ne revient pas sur sa décision, la réponse est simple. S’il veut faire le dialogue avec ses amis et des personnes choisies, il n’a qu’a le faire et c’est ce qui est sûr, nous  n’irons pas, parce que nous ne voulons pas d’un dialogue où tout est pipé de l’avance, tout est verrouillé et qu’on vienne nous parler des problèmes de routes, d’eau et d’électricité. C’est un dialogue politique qui doit régler les problèmes de crise postélectoral, qui doit parler des questions de la sécurité et des mauvaises gouvernances, ce n’est pas pour venir nous orienter comme l’a fait le porte-parole de la Présidence et ça choqué tous les Centrafricains. Le jour de cette audience, tous les participants sont revenus sur cette déclaration pour lui faire signifier d’avoir un respect pour les gens. Je crois savoir que toutes les interventions ont plus ou moins convergé sur les questions que je viens de dire. Et pour finir, ce que nous voulons, c’est refaire les choses et avant de répondre ce décret, il va falloir consulter  les entités pour obtenir un consensus avant que le Président signe un nouveau décret. S’il compte procéder autrement, on craint fort qu’un nouveau décret puisse créer encore des problèmes. La balle est dans le camp du Président TOUADERA et s’il veut un dialogue sincère et franc, il  n’a qu’à se conformer à ce que les Centrafricains pensent ; car ils veulent faire de ce dialogue, dans le cas échéant, il n’a qu’à prendre ses responsabilités.

CNC : La rédaction de Corbeaunewscentrafrique vous remercie pour cet entretien.

MK : C’est à moi de vous remercier.

 

 

 

 

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