RCA : incroyable revendication de 3R après le rapt de 3 véhicules des humanitaires à Baboua.

Publié le 8 juin 2020 , 7:42
Mis à jour le: 8 juin 2020 7:42
DeDes combattants rebelles de la Seleka. CopyrightDR
Image d’illustration des combattants rebelles de la Seleka. CopyrightDR

 

Bouar (Corbeaunews-Centrafrique) – Après son retrait de l’accord de paix de Khartoum le 5 juin dernier , le mouvement rebelle 3R (Retour, Réclamation et réhabilitation)  n’a pas attendu longtemps avant de semer la panique dans les préfectures de Nana-Mambéré et de l’Ouham-Péndé malgré la mise en garde de la Minusca contre sa tendance expansionniste en violation de l’APPR-RCA. Étonnamment, ce dimanche 7 juin, le 3R a envoyé un message au gouvernement et à la communauté internationale pour annoncer leur première revendication après l’enlèvement de 3 véhicules des humanitaires au village Dongbaké.

 

Après les communes de Diba (Nana-Mambéré ), Démbi (Nana-Mambéré ), besson (Nana-Mambéré ), Bokaya et  Koundili, situé  dans l’Ouham-Péndé, c’est le tour du village Dongbaké  situé à 5 kilomètres de Baboua sur l’axe Béloko, à la frontière avec le Cameroun d’être brièvement occupé par les combattants rebelles de 3R ce dimanche 7 juin. Même si aucun acte de  violence n’avait été commis sur les populations locales, les rebelles ont érigé quand même leur propre barrière sur la route n°1 Bouar-Béloko à hauteur du village Dongbaké où ils ont bloqué plusieurs dizaines des véhicules qui venaient dans les deux sens. Environ 200 passagers ont été rançonnés par les assaillants, et 3 pick-up ont également été emportés, dont celui de l’ONG internationale DCA (Danchurchaid), et de DJARAKO BTP. Mais avant de partir en direction de Besson, les rebelles ont clairement précisé que leur seule revendication est que le gouvernement doit libérer immédiatement et sans condition le général Abdoulaye Miskine, patron du front démocratique du peuple centrafricain (FDPC),  arrêté et emprisonné à Ndjamena au Tchad. Au même moment, les rebelles ont également indiqué que si Touadera n’arrêtait pas de créer de trouble dans le pays, ils vont appeler à voter contre lui à la prochaine élection présidentielle dont il sera probablement candidat à sa propre succession.

On ignore pourquoi les assaillants ont-ils lancé une telle revendication. C’est une stratégie de diversion ou de justification ?

Par ailleurs, 10 des passagers, victimes de cet acte crapuleux ont expliqué à CNC qu’ils avaient été bloquées de 8 heures du matin  jusqu’à midi par les assaillants alors que les soldats Faca sont basés à Zoukombo, situé à 30 kilomètres du lieu de leur prise d’otage. D’après eux, au moment où ils étaient encore maintenus sous le pont de Mambéré sans leurs téléphones portables qui sont d’ailleurs récupérés par les assaillants, des soldats pakistanais de la Minusca sont venus les filmer en présence même des rebelles. Ce qu’ils n’arrivent pas à comprendre.

Affaire à suivre.

 

Gervais Lenga

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