RCA/ Gbokologbo : démonstration de forces d’Ali Darassa devant la visite officielle ONU-UA.

Publié le 12 juin 2019 , 6:49
Mis à jour le: 12 juin 2019 6:49
Le Chef rebelle de l’UPC Ali Darassa. CopyrightDR

 

Gbokologbo (République centrafricaine) – mercredi 12 juin 2019, une mission d’évaluation de l’accord de Khartoum s’est rendue au village Gbokologbo pour y rencontrer le chef rebelle Ali Darassa. Mais pour ce dernier, c’est aussi une occasion en or de démontrer ses capacités de nuisance, et il ne tarde pas à le faire.

 

Alors que quelques heures avant sa rencontre avec la délégation officielle de suivi de l’accord de Khartoum, le chef rebelle Ali Darassa, par ailleurs conseiller du Premier ministre Firmin NGRÉBADA,  se trouvait encore dans la ville de Bambari  au quartier élevage pour y recouvrer lui-même ses recettes fiscales illégales.

 

Pendant que la délégation, composée entre autres de représentants adjoints de la Minusca, de l’Union africaine, de la CEEAC et du gouvernement centrafricain est arrivée à Gbokologbo,Ali Darassa, qui n’était pas sur place au moment de l’installation de la délégation, a fait son apparition comme un tonnerre sous bonne escorte composée de 4 pick-up BJ80 remplis de ses combattants lourdement armés. Une manière de dire à tous ceux qui peuvent l’entendre qu’il détient encore toutes ses capacités de nuisances. Mais ce n’est pas tout. Il faut voir le nombre de barrières sur l’axe Bambari  – Gbokologbo. Pour une distance de moins de 80 kilomètres, on retrouve pas moins de 18 barrières de l’UPC et sur chaque, pas moins de 50 combattants sont positionnés en alerte.

Alors, la question est de savoir pourquoi tous ses dispositifs alors qu’il savait très bien qu’une équipe de suivi de l’accord de paix de Khartoum devraient passer sur cette voie pour se rendre à Gbokologbo.

 

Justement, c’est la première question que la délégation lui avait posée sur les nombreuses barrières de l’Unité pour la Paix en Centrafrique  sur les routes alors que la population se plaint du comportement de ces rebelles sur ces barrières. Mais l’homme, comme dans son habitude, reste évasif et explique qu’il n’a pas assez de temps pour sensibiliser tous ses combattants sur les enjeux de l’accord qu’il a signé.

 

Sur la question de l’occupation des bâtiments administratifs, notamment à Kouango où ses hommes continuent d’occuper les locaux de la sous-préfecture et une école locale alors qu’il a lui-même signé le 6 février dernier l’accord de paix de Khartoum qui prévoit entre autres le démantèlement de toutes les barrières illégales des rebelles sur les routes et la libération des bâtiments administratifs occupés par ces derniers, Ali Darassa, pourtant conseiller du Premier ministre Firmin NGRÉBADA, continue de nier en bloc que ses hommes occupent à ce jour des bâtiments administratifs dans le pays.

 

En tout cas pour de nombreux observateurs centrafricains, Ali Darassa continue de défier tout le monde avec ce jeu de ping-pong. Mais à quand la fin de ce jeu ?

 

Faut-il rappeler que parmi la délégation qui s’est rendue à Gbokologbo ce mercredi 12 juin 2019, se trouvent le ministre du Désarmement Maxime Mokome, du ministre de l’intérieur Henru Wanzet Lingassara, le chef d’État-major des armées centrafricaines, du ministre délégué Daouda….

24 heures après leur arrivée à Bambari, la délégation a quitté la ville pour Bangui ce mercredi vers 16 heures.

 

Gbokologbo, l’équipe d’enquête du CNC.

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