RCA : De la résilience pour sauver Centrafrique de la désintégration

Publié le 6 août 2020 , 11:46
Mis à jour le: 6 août 2020 11:46
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La période pré-électorale en cours, semble apparemment placée sous haute tension, avec grand risque d’une implosion à cause des faits, actes et comportements des Autorités Politiques de Bangui qui font preuve d’avoir perdu leur sang froid…

 

Un cocktail socio-politique explosif

 

Dès les premières dérives du Président TOUADERA, nous n’avons pas hésité, comme certains Leaders Politiques, à les décrier et à lancer de nombreuses alertes, certes, à notre manière peu élégante et non diplomate, pour attirer l’attention du nouveau locataire du Palais de la Renaissance. Certains opportunistes du camp présidentiel, dont les derniers sont entrain de quitter le bateau TOUADERA qui prend l’eau de toute part, n’ont pas hésité à employer les qualificatifs de fauteur de troubles, d’emmerdeur, d’embrouilleur, d’éternel insatisfait, tout en soutenant qu’il fallait laisser le temps au Président qui vient d’être élu et qui a hérité d’une situation difficile. Soit. Et le temps lui a été laissé et le Président TOUADERA en a profité pour nous offrir sur la pierre d’immolation, en cette première semaine du mois d’août 2020, une situation socio-politique la plus indigne et la plus irresponsable de notre histoire politique très peu glorieuse, laquelle situation socio-politique, déjà très délétère, frise dangereusement la limite de l’implosion ou de l’embrasement à cause :

  • Des dysfonctionnements au niveau de toutes les Institutions de la République,
  • De l’insécurité instaurée en méthode de gestion des pouvoirs de l’Etat, sur fond de territorialité de trois mercenaires-bourreaux du Peuple Centrafricain: Ali Ndarassa dans les Préfectures de la Ouaka, de la Basse Kotto, du Mbomou et du Haut Mbomou; AL Katim dans les Préfectures du Bamingui Bangoran, de la Vakaga et de la Haute Kotto; Sidiki dans les Préfectures de l’Ouham Pendé, de la Nana Mambéré et prochainement où…..?,
  • De la dégradation très prononcée des structures et infrastructures socio-économiques,
  • De la sanctuarisation des exclusions,
  • De la désastreuse gestion du COVID-19,
  • Des dysfonctionnements au sein du Comité Stratégique,
  • De l’illégalité et de l’illégitimité de l’Autorité Nationale des Elections-ANE,
  • Du superbe mépris politique de l’avis de la Cour Constitutionnelle, relatif à l’organisation et au fonctionnement de l’ANE,
  • Des arrivées massives des militaires étrangers et des mercenaires à Bangui, ces derniers temps,
  • Des inconcevables ratés dans les enrôlements des futurs électeurs, d’où rejets de la population dans nombreuses localités,
  • De certains chefs des groupes armés qui empêchent les enrôleurs de l’ANE de circuler dans les Préfectures qu’ils considèrent comme étant leurs juridictions,
  • Des inadmissibles modes opératoires des hold-up électoraux, décriés au quotidien depuis des semaines,
  • De l’insolite huis clos entre le gouvernement, les garants, les facilitateurs et le criminel Ali Ndarassa,
  • Du cinglant et humiliant désengagement de Ali Ndarassa du procès-verbal n° 0161/PM/DIRCAB 20 du 30 juillet 2020,
  • De la velléité exprimée par Ali Ndarassa et Sidiki de faire de Centrafrique un Etat peulh,
  • De l’entente contre nature entre Ali Ndarassa et le mercenaire soudanais, ancien partenaire de la coalition seleka, Moussa Assimeh,

Un tel explosif cocktail socio-politique ne peut garantir le bon déroulement des élections dont le premier tour est censé se tenir le 27 décembre 2020, à moins que le Président TOUADERA voudrait réellement embraser le pays. Et c’est l’intention qui semble transparaître, selon certaines indiscrétions.

 

Le Peuple Centrafricain pour un choix électoral conséquent, le Président TOUADERA pour des hold-up électoraux explosifs

 

Le Président TOUADERA, durant les 52/60 mois déjà écoulés de son mandat présidentiel (30 mars 2016-31 juillet 2020), de sa bouche, il n’a parlé de riens, de sa droite, il a amnistié en catimini les bourreaux du Peuple Centrafricain et a soutenu les mains étrangères qui ont tué des Centrafricains-es, pillé et brûlé leurs greniers et souillé leur terre. Gémissements, complaintes, désolations ont été les lots quotidiens du Peuple Centrafricain depuis ces 52 mois, un peuple qu’il n’a pas su ni pu rassasier, mais, qu’il n’a fait que mépriser, comme ses prédécesseurs, à travers le parjure, les violations de la constitution, les dénis de responsabilités et les trahisons à répétition.

Le Centrafricain veut faire des prochaines élections, qu’il voudrait sereines, un moyen pour

  • retrouver la paix du cœur et la paix sociale,
  • retrouver sa dignité, son orgueil et son respect longtemps bafoués,
  • sortir du cul de sac dans lequel le Président TOUADERA l’a conduit,

mais, ce Président voudrait lui voler son vote à tous prix, même au risque d’embraser le pays.

 

Questions de survie et de patriotisme politiques, questions d’orgueil et d’audace au moment où nous n’avons plus droit à l’erreur, durant cette période des 122 jours (27 juillet au 27 décembre 2020), commencée depuis le 27 juillet 2020, qui paraît être une période de tous les dangers, une période sous très haute tension.

 

Toutes analyses faites, une seule alternative s’offre au Peuple Centrafricain. La résilience pour une concertation citoyenne, sinon ce serait un tsunami populaire très dévastateur. En effet, le Président TOUADERA a ouvert la boîte de pandore et il n’est pas en mesure de gérer les problématiques qui émergent de cette boîte, mais veut brouiller les cartes avec une politique de fuite en avant, très suicidaire collectivement. Chacun se souviendra, qu’avec le dialogue de Khartoum, qu’il a fait tenir contre l’opinion populaire nationale, avec la complicité de la communauté internationale, il a commencé à dérouler le calendrier de ses agendas cachés, consistant à (1) amnistier les mercenaires-bourreaux du Peuple, (2) s’allier les chefs de groupe armés amnistiés, (3) qui devraient accentuer l’insécurité, en vue de (4) faciliter des fraudes électorales massives. Mais seulement, il n’avait pas réalisé que le Peuple Centrafricain, qualifié d’analphabète, a perçu ses stratégies de basse classe qui ont fait ressurgir le sentiment de ‘’trop c’est trop’’ qui est une condamnation irrémédiable et irrévocable du Président TOUADERA.

 

L’impérative tenue de la concertation citoyenne, pour éviter la désintégration de Centrafrique

 

Le Président TOUADERA a scellé lui-même son sort avec le déroulement du calendrier de ses agendas cachés. Ceux qui avaient opté pour l’aptitude des trois (3) singes se doivent de voir, d’écouter et de dire ce qu’ils ont refusé de voir, d’écouter et de dire. Il n’y a plus d’illusion à se faire, et nous nous sommes assez voilé la face. IL est maintenant temps de nous regarder, ainsi que les autres, frontalement pour organiser cette concertation citoyenne ou nationale, parce que la situation très explosive créée par le Président TOUADERA et évoquée ci-dessus ne nous permet pas d’aller sereinement aux élections, à moins que nous voudrions nous suicider collectivement, comme les moutons de PANURGE. Nous avons tous failli et nous devons tous collectivement nous ressaisir et nous assumer. Notre force ou notre capacité de  résilience nous l’impose.

 

Evitons de tomber dans les éventuels pièges de fuite en avant du Président TOUADERA. Il incombe maintenant aux Leaders Politiques et Sociaux conséquents et responsables, d’être très stratèges pour obtenir la tenue de cette concertation qui est synonyme de consécration de l’échec du mandat présidentiel qui se termine.

 

Dans cette optique, nous proposons humblement les actions suivantes à envisager pour ne pas être pris de cours :

  • – Mise en place d’un groupe de travail par les Forces Vives de la Nation, ayant pour mission (1) de recueillir les avis des Responsables de certaines institutions nationales et internationales sur l’improbabilité ou l’impossibilité de la tenue des élections, (2) constater ou faire constater politiquement, juridiquement, techniquement, matériellement l’impossibilité ou l’incapacité des Autorités Politiques d’organiser les élections à dates constitutionnelles retenues, (3) faire les plaidoyers nécessaires pour une concertation nationale ou citoyenne;
  • Réaliser des réflexions partagées sur les termes de référence (TDR) de la concertation citoyenne ou nationale;
  • Elaborer et proposer un programme réaliste de la concertation nationale au cas où l’impossibilité d’organiser les élections se serait avérée.

 

Le Président TOUADERA dans sa fuite en avant, semble vouloir nous embarquer dans une aventure belliqueuse ou une politique de la terre brûlée pour noyer son incapacité. Et c’est le moment où jamais, pour que nous, Leaders Politiques et Sociaux, puissions démontrer que nous sommes des stratèges politiques et devrions mutualiser nos génies pour éviter les  probables pièges qui seraient tendus.

 

 

 

 

WAFIO  JEAN  SERGE

PRESIDENT DU PDCA

 

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