RCA : controverse autour de l’instauration de l’État d’urgence en Centrafrique

Publié le 22 janvier 2021 , 6:41
Mis à jour le: 22 janvier 2021 6:41
rondpoint centre-ville avec l'affiche de dologuelé au coin
La ville de Bangui,capitale de la République centrafricaine, le 13 décembre 2020. Photo CNC / Gisèle MOLOMA

 

Bangui, République centrafricaine, vendredi, 22 janv. 21 ( Corbeaunews-Centrafrique). Le régime d’exception, communément appelé ‘État d’urgence », a été instauré en Centrafrique par la présidence de la République ce jeudi 21 janvier 2021 sur l’ensemble du territoire pour un délai initial de 15  jours. Mais à Bangui, nombreux sont ceux qui pensent que le régime fait un grand pas vers la dictature et la chasse aux sorcières  en République centrafricaine .

 

La présidence de la République centrafricaine explique que l’objectif de l’instauration de l’État d’urgence sur tout le territoire national est de pouvoir procéder à des « interpellations sans autorisation préalable du procureur »   dans le cadre des enquêtes ouvertes sur la coalition rebelle CPC :

« Suite aux attaques que nous avons connues le 13 janvier dernier, l’état d’urgence est décrété afin de permettre aux services de défense, de sécurité, la police, la gendarmerie de procéder à des arrestations ou des interpellations pour raisons d’enquête dans l’urgence sans qu’on demande d’avoir l’autorisation du procureur de la République. Ce problème d’autorisation retardait un certain nombre de choses dans le cadre des enquêtes en cours. Sinon, tout le reste de la procédure se déroule normalement. S’il y a lieu de libérer la personne au bout de quelques heures, cela va se faire. Si les enquêtes montrent qu’il y a des choses qui nécessitent prolongation, ils vont suivre la procédure normale. » a déclaré le porte-parole de la présidence, Monsieur Albert Yaloke Mokpeme  .

Cependant, à Bangui, chacun tente d’interpréter  à sa manière l’instauration de cet État d’urgence.  Certains parlent de la peur qui s’empare désormais le cœur du pouvoir de Bangui, d’autres pensent qu’avec cette décision, la RCA fait un grand retour à la dictature et aux chasses à l’homme. D’après eux, le gouvernement  est dans la logique de légaliser l’enlèvement et la tuerie perpétrés par la milice du pouvoir, les « REQUINS ».

Du côté de l’opposition démocratique, aucune réaction en ce moment. Un cadre de l’opposition indique à CNC qu’une réunion des leaders de la COD-2020 est prévue sur cette affaire dans les prochaines heures.

Par Gisèle MOLOMA

Journaliste politique,

Alain Nzilo

Directeur de publications

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