RCA : controverse autour de l’enrôlement du chef rebelle mercenaire Ali Darassa sur la liste électorale

Publié le 20 septembre 2020 , 2:23
Mis à jour le: 20 septembre 2020 2:23
ali darassa lors de son enrôlement sur la liste électorale
Le chef rebelle tchadien Ali Darassa lors de son enrôlement sur la liste électorale le 18 septembre 2020

 

Bambari, République centrafricaine, dimanche 20 septembre 2020 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Le chef d’État major et coordonnateur militaire de l’unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), l’autoproclamé général des armées Ali Darassa s’est inscrit sure la liste électorale dans la préfecture de la Ouaka, au centre de la RCA. Or, le patron de l’UPC, de nationalité tchadienne selon Baba Laddé, s’est permis le luxe de s’enrôler sur la liste électorale dans un pays où il ne devrait pas le faire en tant que citoyen étranger. Alors, les centrafricains se demandent avec quel document d’identité le chef rebelle s’est-il enrôlé avec ?

 

Ancien chef d’État major du mouvement rebelle tchadien FPR de Baba Laddé, Ali Darassa s’est installé en République centrafricaine grâce à la coalition rebelle Séléka qui a pris brièvement le contrôle du pays en 2013 après avoir chassé le général François Bozizé du pouvoir.

Épinglée par les chefs d’État de la CEMAC, la Coalition Seleka, à sa tête Michel Am-Nondokro DJOTODIA avait quitté le pouvoir neuf mois plus tard, en janvier 2014.

À cette époque, le mercenaire tchadien Ali Darassa, nommé commandant de la région militaire du centre, s’est installé  à  Bambari avec son groupe des mercenaires tchadiens , soudanais et nigériens. En 2014, après la chute du pouvoir de la Seleka, l’homme a créé son propre mouvement politico-armé dénommé l’unité pour la paix en Centrafrique (UPC).

En contrôlant une large partie du territoire national, l’UPC est devenu l’un des plus importants groupes armés issus de l’ex-coalition Seleka.

En 2015, il se fait inscrire sur la liste électorale à Bambari, puis voter comme un citoyen centrafricain au premier tour et au second tour des élections présidentielles et législatives. À cette époque, l’homme se faisait discret.

Mais en cette année 2020, avec les élections  générales qui s’approchent, l’homme réitère son action et s’inscrit à nouveau sur la liste électorale en toute tranquillité.

Mais avec quel document officiel ?

Selon des informations recueillies auprès de certains généraux de son mouvement armé, en 2015, le chef rebelle Ali Darassa aurait sollicité un acte de naissance centrafricain auprès de la municipalité de Bambari, présidée à  l’époque par le maire Matipata. Cette année, il s’est présenté dans le centre d’enrôlement avec ce  même document en plus de son ancienne carte d’électeur.

Cependant, le chef rebelle  n’est pas seul dans cette situation, nombreux sont ceux de son mouvement qui se sont inscrits aussi sur la liste électorale en totale violation de la législation centrafricaine.

Notons que dans la commune d’élevage d’Ouro-Djafoun, le maire Idriss Maloum, beau-père d’Ali Darassa, distribue   lui aussi de vrais faux actes de naissance centrafricains aux mercenaires soudanais, camerounais, nigérien  et tchadiens qui ont intégré le rang de l’UPC.

Interrogés, certains députés de l’opposition exigent l’ouverture d’une enquête parlementaire sur l’affaire afin de faire la lumière sur le trafic massif des documents officiels par certains représentants de l’État dans les villes de province.

Quant au gouvernement, aucune réaction de sa part comme d’habitude.

 

Par Bertrand Yékoua

Correspondant du CNC à Bambari

Alain Nzilo

Directeur de publications

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