RCA : Bambouti, ville-prison, l’UPC et  la LRA règnent en maîtres absolus

Publié le 7 octobre 2020 , 7:11
Mis à jour le: 7 octobre 2020 7:11
Des civils applaudissent un soldat FACA à Obo en Republique Centrafricaine
Des civils applaudissent un soldat FACA à Obo en Republique Centrafricaine

 

Bangui, République centrafricaine, mercredi, 7 octobre 2020, 13:03:46 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Après une incursion la semaine dernière des éléments rebelles ougandais de la LRA dans les localités d’Obo et de Bambouti ayant soldé par le rapt d’une dizaine des personnes au village Likhoua,   c’est le tour de l’UPC d’Ali Darassa de prêter allégeance à la LRA dans le Haut-Mbomou, rendant la vie très difficile aux populations locales, et les opérations du recensement électoral sont définitivement suspendues alors que celles-ci avaient eu lieu le mois dernier avec seulement 4 jours d’activités, et une centaine de potentiels électeurs se sont inscrits.

 

Une semaine après l’incursion des éléments rebelles de la LRA au village   Liboua, situé à une vingtaine de kilomètres de la ville d’Obo sur l’axe Bambouti, les rebelles de l’UPC, qui ont le contrôle de la région, auraient prêter allégeance à ceux de la LRA, rendant quasiment impossibles les circulations dans la région. Les conditions de vie des populations locales sont presque insupportables, et certains ont dû vivre comme des primitifs.

Selon le député de Bambouti Jean-Bernard   qui s’est rendu récemment dans la région,  la situation sécuritaire dans sa région ne dit pas son nom. Il l’a répété ce mercredi sur les antennes de la radio Ndékèluka.

D’après lui,  la ville d’Obo est sous « l’embargo de l’UPC », et la route qui mène à Bambouti est verrouillée par la LRA et l’UPC.

« Vous quittez Obo pour aller à Bambouti, à 25 kilomètres, à Liboua, on trouve une première barrière de la LRA, puis àBazigbiri et  à Bougoa. Arrivé à Bambouti, on trouve les différentes checkpoints de l’UPC.  Ce qui fait que personne ne peut quitter Obo tranquillement aller à Bambouti   »,s’indigne le député Jean-Bernard qui confirme également que les rebelles auraient commis de nombreux crimes sur les populations locales en toute tranquillité.

S’agissant de la présence des forces de l’ordre dans la région, le député Jean-Bernard pense qu’il leur manque seulement des moyens roulant, mais également l’obstruction faite par la Minusca à ces éléments des forces armées centrafricaines.

« Les militaires que nous avons aujourd’hui à Obo sont des militaires aguerris. Ils sont prêts  à aller libérer Bambouti, ils sont prêts à venir libérer la voie  de Mboki qui mène sur Bangui, malheureusement ils sont verrouillés par la Minusca », s’alarme le député Jean-Bernard qui n’a pas maché ses mots pour qualifier cela comme un embargo d’Obo et de Bambouti car les axes menant à ces villes sont verrouillés par la LRA et l’UPC.

S’agissant des opérations électorales dans ces localités,  le député déclare qu’elles avaient eu lieu seulement 3 jours à Bambouti, et à Obo elles n’ont pas été effectives.

« Les élections que nous préparons aujourd’hui, voyez-vous, c’est quel genre d’élections ? », s’interroge-t-il.

Dénonçant les agissements de la LRA et de l’UPC dans la préfecture de Haut-Mbomou, le député Jean-Bernard revient sur les conditions sociales des populations de sa région qu’il décrit comme misérables. Prenant par exemple une cuvette de manioc, elle se vend à Bambouti à 10 000 francs CFA alors qu’en d’autres villes du pays, elle se vend à 3500. Le morceau de savon vendu à 100 francs CFA est vendu à Bambouti à 1 000 francs CFA. Incroyable! C’est compliqué aujourd’hui pour les populations locales, s’alarme le député.

Rappelons que le député d’Obo 2 Albert Guinimonguimi  et le docteur Blaise BEKOY

Ont été pris en otage par les rebelles de l’UPC le mois dernier avant d’être libérés quelques jours plus tard.

 

Par Gisèle MOLOMA

Journaliste politique

Alain Nzilo

Directeur de publication

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