RCA: alerte au chef de l’Etat sur les massacres des populations de Alindao par des groupes armées

Publié le 1 février 2020 , 11:47
Mis à jour le: 1 février 2020 11:49
Le Président Touadera en visite à Bangassou en septembre 2018. CopyrightDR.
Le Président Touadera en visite à Bangassou en septembre 2018. CopyrightDR.

 

Mr ROOSALEM-HETMAN Psalmer Kelley

À

La Très Haute Attention de Son Excellence Le Professeur Faustin Archange TOUADERA

 

Objet : alerte au chef de l’Etat sur les massacres des populations de Alindao par des groupes armées dans la Basse-Kotto à l’Est de la république centrafricaine.

 

A l’attention de son Excellence Monsieur le Président de la République Centrafricaine, chef de l’État.

Excellence monsieur le Président de la République,

A peine arborons nous l’année 2020, que les sirènes de la mort retentissent encore une fois tristement sur la sous-préfecture de Alindao, dans la Basse-Kotto à l’Est de la République Centrafricaine. Notre pays renoue ainsi d’une année à l’autre, sans répit, avec l’escalade de la violence.

Après les derniers massacres de ce mois de janvier, commis à Alindao, sur les populations civiles suite aux affrontements, qui ont opposés les FACAS, Forces Armées Centrafricaines, aux éléments de l’UPC, c’est le cœur serré que des composantes de la société civile se joignent à notre organisation « le conseil pour la protection des populations et du patrimoine de l’Est » (C3PE) pour dénoncer ces tueries à grande échelle et, par la même occasion, vous interpeller, interpeller la responsabilité du gouvernement ainsi que celle de la Minusca.

Les populations de Alindao sont pour une énième fois massacrées, semble t il par les habituels assaillants.

Notre pays se voit encore une fois endeuillé. Ce malheureux évènement national passera t il encore inaperçu sans que soient prise de sévères mesures à l’encontre des auteurs de ces crimes odieux ?

Ces populations abandonnées à leur triste sort, ainsi exposées à des forces du mal faisant régner la terreur dans leurs localités, ont payé un lourd tribut en cette début d’année.

Excellence Monsieur Le Président, nous nous souvenons encore de votre discours du 16 janvier 2017, suite aux massacres commis sur les populations de cette ville lorsque vous étiez en visite de travail, selon vos termes, en Israël.

Après tous ces massacres d’année en année, faisant de Alindao le centre névralgique de cette crise dans l’Est, nous nous demandons pourquoi le gouvernement n’a pas solliciter la MINUSCA pour mettre en place un dispositif sécuritaire suffisant afin de parer à toute éventualité et l’application systématique de la justice car nous constatons plutôt une certaine impunité à l’égard de ces mêmes criminels.

Monsieur le Président de la République, nous souhaiterions que les services de l’Etat puisse faire un état des lieux sur les massacres commis par les groupes armées à Alindao depuis le début de cette crise. Le bilan en perte des vies humaines sera très certainement hallucinant, pour ce qui est réellement connu.

Nous n’avons pas une seule fois vu des enquêtes diligentées sur ces exactions, ni vu des mesures de répressions contres les assaillants, encore moins une assistance psychologique ni un dédommagement aux familles endeuillées.

Le peuple centrafricain assiste plutôt à la montée en puissance de ces assaillants et même une reconnaissance officielle à leur égard.

Notre gouvernement manifeste t il une réelle volonté à s’impliquer dans la résolution de cette crise, ou se contente t-il d’être observateur des massacres commises sur nos populations.

Nous n’en sommes pas à notre première alerte a votre adresse et à celle de votre gouvernement.

Nous n’attendons bien évidemment plus de réponse de votre part, ni même par courtoisie un accusé de réception. Nous attendons la mise en place de mesures conséquentes pour remédier définitivement aux atrocités commises sur les populations de Alindao. Nous ne pensons pas que les populations de Alindao sont des populations de seconde zone ?

La communauté internationale a mis à la disposition de notre pays une armée de plus de 12000 hommes chargés de sécuriser nos populations. Qu’en est il de la participation de notre gouvernement a la mise en place d’une gestion commune de cette crise avec la MINUSCA ? Qu’en est il des accords militaires que vous signez avec les pays amis de la Centrafrique, et enfin qu’en est il des accords que vous signez avec les protagonistes de cette crise ?

il est tant de tirer un bilan de cette situation sur l’année 2019 afin d’évaluer l’efficacité des décisions prises jusqu’à ce jour et si nécessaire de changer de stratégie. Les CENTRAFRICAINS ne peuvent continuer impunément à se faire tuer sans savoir à quel saint se vouer sachant que vous êtes le garant de la sécurité et de l’intégrité nationale.

Excellence Monsieur le Président, le C3PE s’associe avec d’autres compatriotes centrafricains de la société civile pour vous adresser nos revendications. Il s’agit de sauvegarder la vie des centrafricains. Notre devoir de citoyen et par solidarité pour nos compatriotes en danger, nous amène à vous proposer notre contribution à la recherche des solutions en association avec les institutions en charge du maintien de la paix dans notre, avec votre gouvernement et les institutions internationales.

Nous avons des propositions de stratégie impliquant fortement les populations. La sécurité de nos populations ne peut se faire sans leur participation.

Nous demanderons à tous les citoyens centrafricains digne de ce nom, se sentons fille et fils du Centrafrique de se joindre à nous, quelque soit votre couleur politique de s’unir comme un seul homme afin de trouver la solution sécuritaire de notre pays, du nord au sud et d’est en ouest.

Comme l’adage et je dirai même maxime, d’un grand homme, Nelson MANDELA, ayant marqué l’histoire africaine l’a si bien dit :

“TOUT CE QUI EST FAIT POUR MOI, SANS MOI, EST FAIT CONTRE MOI” : j’en ferai la mienne et nous devrons en faire un crédo si ce n’est une règle.

Encore une fois, notre Conseil C3PE, doté d’une mission d’alerte au gouvernement , vous tendra encore la main pour participer à la sauvegarde de la paix et la protection des intérêts des populations de notre région.

Ainsi nous sommes dans l’attente DES PREMIÈRES DISPOSITIONS SÉCURITAIRES ET RÉGALIENNES pour endiguer cet événement malheureux dans l’intérêt des différentes populations pour que règne une atmosphère de paix et d’entente cordiale dans l’Est de notre pays entre les différentes populations .

Excellence Monsieur le Président, garant de la sécurité du peuple centrafricain, nous attendons du gouvernement les mesures suivantes :

  • Que ce malheur abattu sur notre pays soit considéré comme un deuil national.
  • Que les familles des victimes soient identifiées et dédommagées.
  • Que les enfants de ses familles soient considérés comme les pupilles de la nation
  • Qu’un suivi psychologique soit mis en place pour les victimes de ces massacres et leurs proches.
  • Que la justice de notre pays se saisisse très sérieusement de cette affaire afin que cela ne se reproduise plus et le peuple centrafricain est en attente d’un procès, dit procès d’Alindao.

Excellence Monsieur le Président, une association des victimes de Alindao, “AV-A” sera créée, si cela n’existe pas encore, afin d’aider le gouvernement à suivre la traçabilité du dossier ALIDAO et vous aider, pour une meilleure gouvernance de notre pays, à faire la lumière sur cette situation

qu’endure depuis 2013 nos pauvres populations. Nous souhaiterions qu’il en soit ainsi pour toutes les victimes de notre pays.

Nous ne cesserons de compatir aux malheurs des populations de Alindao et de les accompagner pour la défense de leur droit.

Veillez agréer Mr le Président l’expression de notre considération

Mr G. KH. Roosalem-Hetman

Ampliation :

Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement Le Président de L’Assemblée National

Le Représentant Spécial Du Secrétaire Général Des Nations Unis

L’Ambassadeur de France à Bangui

L’Ambassadeur des Etats Unis

L’Ambassadeur du Tchad

L’Ambassadeur du Congo Brazzaville

L’Ambassadeur du Rwanda

L’Ambassadeur de Guinée Equatoriale

L’Ambassadeur du Gabon

L’Ambassadeur de La RDC

CriseAlindao-LettrePresidentCentrafricainV2

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