NOUS SOMMES EN GUERRE POUR PRESERVER LA DEMOCRATIE ET LE BONHEUR DE NOTRE PEUPLE (Suite)

Publié le 10 mai 2020 , 1:06
Mis à jour le: 10 mai 2020 1:06
Des soldats FACA en présence du Président Touadera et de monsieur Sarandji
Des soldats FACA en présence du Président Touadera et de monsieur Sarandji

 

En clamant haut et fort « Nous sommes en guerre pour la préservation de la démocratie et le bonheur de notre peuple », certains officiers patriotes de l’Armée nationale de la République Centrafricaine alertent l’opinion publique nationale et internationale qu’ils sont obligés de défendre la Constitution de la RCA en danger. C’est le Président de la République, Chef suprême des Armées qui a juré de protéger cette Constitution qui ne le fait pas :

“Je jure devant Dieu et devant la Nation d’observer scrupuleusement la constitution, de garantir l’indépendance et la pérennité de la République. De sauvegarder l’intégrité du territoire, de préserver la paix, de consolider l’unité nationale, d’assurer le bien-être du peuple centrafricain, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge sans aucune considération d’ordre ethnique, régional ou confessionnel. De ne jamais exercer les pouvoirs qui me sont dévolus par la constitution à des fins personnelles, ni de réviser le nombre et la durée de mon mandat et de n’être guidé en tout que par l’intérêt national et la dignité du peuple centrafricain » (Art. 38 Constitution).

 

Où en sont les relations entre l’Armée nationale et le Président de la République Chef suprême des Armées ? Pourquoi les formations militaires dispensées par la Fédération de Russie et l’Union Européenne n’ont pas permis d’éviter ce gros malaise au cœur même de leur cible de formation, les Officiers et Sous-Officiers ? Pourquoi ces formations n’ont pas fait cesser cette pratique d’assassiner les officiers patriotes comme actuellement la chasse à l’homme organisée à Bangui contre les Généraux François Bozizé et Ludovic Ngaïfé sous les yeux de la Fédération de Russie et de l’Union Européenne muettes?

 

Une Armée nationale et républicaine ?

L’occasion est propice pour vous réaffirmer que Notre objectif est et demeure clairement la protection de la Nation et la sauvegarde des institutions de la République.

Cette « République » chèrement arrachée des mains du colonialisme le 1er Décembre 1958. Barthélémy Boganda et ses compagnons l’ont payé au prix de leurs vies dans un mystérieux accident d’avion le 29 Mars 1959 (Albert Fayama député, Senez chef de l’information du gouvernement, Cangala adjoint au maire de Berbérati, Duplessis  agent de la BNCI à Berbérati, et les membres de l’équipage de l’appareil Villemin le pilote, Estenon la radio, Stora le mécanicien et un steward).

 

L’Etat ou la République en RCA est la forme la plus élaborée de la vie commune d’une société humaine. Par extension, il désigne l’ensemble des institutions et des services qui permettent de gouverner et d’administrer le pays. C’est un Etat de droit, unitaire, souverain, indivisible, laïc et démocratique. La défense de la patrie est un devoir pour tout citoyen. Les principes qui fondent la RCA sont : le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple ; la séparation de l’Etat et de la religion ; l’unité nationale ; la paix sociale ; la justice sociale ; la solidarité nationale ; la bonne gouvernance ; le développement économique et social (Art. 25 Constitution).

 

On a souvent reproché à l’Armée nationale son manque d’institution et sa dépendance de l’aide internationale pour bloquer les ennemis. Elle est aussi critiquée du fait de ses pratiques incluant des meurtres, de la torture et des violences sexuelles. Or, dans leur lettre, les officiers disent

« Notre combat est dirigé contre les ennemis du peuple centrafricain. Pour que tout cela cesse au plus vite, combattants décidés et engagés plus que jamais dans la protection et la sauvegarde de notre juste cause légitime, la défense des institutions de la République Centrafricaine. Nous informons l’opinion publique tant nationale qu’internationale que nous sommes en guerre pour la préservation de la démocratie et le bonheur de notre peuple» concluent les officiers

 

Un Chef suprême des Armées qui parachève la destruction

De l’Institution militaire ?

Aujourd’hui, le Chef suprême des Armées s’appuie essentiellement sur la Gendarmerie, la Police et la Garde présidentielle. L’Armée nationale sert d’alibi, de parade. Les groupes armés et autres mercenaires occupent plus de 90% du territoire. C’est la réalité sur le terrain. Et pourtant les Officiers et Sous-officiers font preuve ce qu’on appelle  le savoir être, le comportement, la connaissance du droit international, des règles d’engagement, c’est-à-dire dans quelles circonstances on a le droit d’utiliser la force.

« Bien que nous soyons  opposés à la médiocrité et au népotisme, dans le souci d’éviter un bain de sang et préserver l’esprit de corps, mais surtout préserver l’unité nationale, nous avons cru bon ne pas prendre  en embuscade cette jeunesse combattante, envoyée les confins de la Lobaye cet après-midi du dimanche 19 Avril 2020 ».

 

Enfin, l’Armée nationale a souffert de la gestion de ses ressources humaines. Il faut remettre de l’ordre dans la gestion des ressources humaines, disent les Officiers et Sous-officiers.

«Notre combat vise également à redonner aux forces Armées Centrafricaine ses valeurs traditionnelles, digne d’une armée moderne, contrairement aux agissements d’un Chef suprême et sa clique, indignes de notre confiance car ils n’ont cessé de dévaloriser notre noble institution, par l’instauration  d’une prime à la médiocrité».

 

Il y a une prise de conscience réelle aujourd’hui en RCA. Ce mouvement patriotique de résistance  irréversible touche toutes les couches de la société. Les Centrafricains veulent compter sur eux-mêmes pour se défendre. Ils ont fait confiance pendant des années à des étrangers. Ils voient les résultats aujourd’hui à Ndélé, Alindao, Bambari, Baboua. Alors, de plus en plus, des appels à la mobilisation générale ou à l’action se font entendre. Comment les réaliser ?

 

Les Forces vives de la nation (Société civile, partis politique, les syndicats, les Officiers patriotes, les mouvements confessionnels) doivent à présent saisir cette occasion historique, pour se concerter, analyser la situation et définir chacun dans son domaine l’action qu’il peut mener pour faire cesser les souffrances du Peuple. Sans cette concertation, ces souffrances continueront. C’est inacceptable, c’est inhumain c’est révoltant.

 

Les Amis de Siloë Centrafrique

Le 05 Mai 2020

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