Médiation en Centrafrique : Amadou Toumani Toure (ATT) décline l’offre

En exil, l’ancien Président Amadou Toumani Touré, bien que discret, ne cesse d’impressionner. En fait, cela fait deux longs mois que l’Union africaine et certains chefs d’Etats  attendaient sa réponse suite à une offre de médiation en Centrafrique qu’ils lui ont faite. Au début, il s’était montré méfiant et indécis. Pour le convaincre, des notabilités civiles maliennes, bien connues, ont effectué le déplacement jusqu’à Dakar. Sans succès. Mais semble-t-il, ATT ne désire pas être détourné de la situation de son pays qu’il suit bout en bout.

 

Selon la même source diplomatique internationale qui nous avait, dans notre parution (ATT médiateur en Centrafrique ?), fait part de l’information, l’ancien président malien n’a pu donner suite favorable à la demande de la francophonie et de l’union africaine.

Et comme en sont témoin nos lecteurs, des vérifications ont bien lieu, tendant à démentir l’information que nous publions ici-même. Mais, vain. En plus des coïncidences et résultats d’enquêtes de certains, il s’avère consommé que la proposition de médiation faite à l’homme du 26 mars 91 était bien réelle. Les noms d’un haut fonctionnaire international, de trois chefs d’Etats africains en fonction sortent largement cités comme favorisant ladite offre à ATT. Or, nous n’avions rien mentionné de tout cela. Le voyant visé depuis peu par les nouvelles autorités pour « haute trahison » supposée, nous-nous interrogions  à savoir « comment il allait réussir cette mission pendant qu’une autre crise similaire sévit dans son pays ?» Cela malgré ses atouts,  dont sa parfaite maîtrise du dossier et son expérience en matière de maintien de paix.

Ancien chef de la mission onusienne de maintien de paix en Centrafrique qu’il fut dans les années 1996 et 1997, ATT avait su revaloriser la réputation des casques bleus onusiens, autre fois pris pour de simples violeurs dans cet ensemble effervescent.

Lorsqu’il fut en 2001 aussi nommé comme envoyé spécial de Koffi Anan, le Général Touré parvint sans coup de feu, à travers un dialogue politique, à apaiser les tensions entre les auteurs d’un putsch manqué contre le feu Président Ange-Félix Patassé et ce dernier, alors en fonction.

Encore une fois, en Centrafrique où la confusion et les haines s’attisent, le retour à la vraie paix devient pour la communauté internationale, un véritable casse-tête. Il fallait donc, comme au parant, des vraies techniques salvatrices. Et l’homme que les africains s’étaient repéré n’était qu’ATT. Mais malheureusement, il n’a pu céder.
« Notre aîné ATT n’a pas rejeté notre sollicitation mais nous a fait savoir qu’il est actuellement très préoccupé par ce qui se passe dans son pays, surtout dans ces derniers temps,» a lâché notre source.

« Il a bien agi, et prouve une fois encore qu’il aime beaucoup le Mali », s’est réjoui un autre diplomate malien résident à Paris. « Pour moi, son départ pour la médiation en Centrafrique pendant que les Maliens ne sont pas réconciliés, allait être une erreur de sa part,» ajoute un ancien Ministre malien.

Enfin, tel nous-nous y interrogions, à savoir si ATT allait accepter ou décliner la demande de ses pairs, il nous revient avec certitude que le soldat de la démocratie a d’autres soucis que de parader pendant que son Mali natal sombre par le fait de l’inexpérience et de  l’incohérence.

 

 

 

 

 

 

Source: La Révélation