LES PREALABLES IMPERATIFS POUR DES ELECTIONS APAISEES ET ACCEPTABLES EN CENTRAFRIQUE…

Publié le 25 juin 2020 , 10:44
Mis à jour le: 25 juin 2020 10:44
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      LES PREALABLES IMPERATIFS POUR DES ELECTIONS APAISEES ET ACCEPTABLES EN CENTRAFRIQUE,

         Le réalisme et le pragmatisme politiques s’imposent : une concertation citoyenne, pour une sécurité assez avancée

 

 

‘’… chasser le naturel, il revient toujours au galop’’ –

‘’les évidences politiques ne se récusent pas’’

 

Les brutales manifestations de la vie socio-politique depuis 2013, caractérisée par une sanguinaire prise du pouvoir politique à Bangui le 24 mars 2013 et une gestion  ethno-régionaliste de ce pouvoir politique de mars 2013 à janvier 2014, suivie d’une chancelante transition politique, laquelle a été interrompue de manière cavalière avec les élections imposées de 2015-2016, censées restaurer l’ordre sécuritaire républicain et l’autorité de l’Etat, se sont poursuivies depuis 2016 par une gestion aventurière et prédatrice sur fond d’une insécurité quasi généralisée et consacrée, facilitant tous les excès inimaginables. Par voie de conséquence, le Peuple Centrafricain vit une période d’incivisme, de remise fondamentale en cause de l’ordre pré établi, de destruction systématique par vengeance sur fond de manipulations et d’une sibylline volonté politique de créer l’apocalypse, à l’orée des élections censées se tenir en décembre 2020 et février 2021, mais sur lesquelles pèse déjà le spectre d’un renvoi aux calendes grecques.

 

Le vécu de la vie politique nationale depuis mars 2016, avec un Président de la République ‘’déclaré démocratiquement élu’’ laisse un goût amer et amène certains d’entre  nous à admettre que nous, Centrafricains, sommes condamnés à végéter et patauger encore longtemps dans le désordre créé à dessein pour satisfaire d’autres intérêts. Et la pandémie de COVID-19, volontairement et politiquement mal gérée par les Autorités Politiques de Bangui, rappelle cyniquement le mépris des gouvernants politiques qui se sont succédé durant les six (6) dernières décennies à Bangui, d’où sensation de continuer à vivre l’ère des exclusions.

 

En effet, les multiples crises militaro-politiques, survenues en Centrafrique depuis 1966, trouvent leurs explications dans des questions d’intérêts divergents, voire contradictoires, et non dans des questions d’ordre social. Et chaque régime politique, survenu à Bangui, a toujours fondé ses actions sur des clivages exclusifs, si bien que la rébellion et les coups d’Etat paraissaient comme moyens privilégiés d’accéder aux fonctions politiques, qui étaient toujours perçues comme des fins en soi et non comme des missions d’objectifs.

 

Le Peuple Centrafricain, ne disposant pas suffisamment de recul politique, a vécu, malgré lui, toutes les manifestations démocratiques de façade pour une légitimité d’intérêts exclusifs, ayant conduit au cours des soixante (60) ans de pseudo indépendance, à l’effritement continuel et dégradation prononcée des structures et infrastructures économiques héritées de la colonisation, à l’affaissement de l’autorité de l’Etat et par voie de conséquence à ses désengagements, à la disparition de la sécurité collective, à la fracture de l’unité nationale, d’où émergence de sectarismes. Et depuis 2016, ces maux et dysfonctionnements se sont complexifiés avec le régime du Président TOUADERA.

 

La crise seleka, énième crise militaro-politique survenue à Bangui, non seulement a été la goutte qui a fait déborder le vase, mais constitue la résurgence du sentiment de trop c’est trop, et la forte volonté sociale et culturelle de destruction systématique, par vengeance aveugle. Et ce sentiment de ‘’trop c’est trop’’ a déjà déterminé le choix politique du Centrafricain lambda qui attend la tenue des élections pour sanctionner, parce que le régime du Président TOUADERA n’a pas apporté les solutions attendues, mais comme la coalition seleka, a consacré le mérite d’exhumer des questions enfouies dans nos subconscients, et auxquelles tout le Peuple Centrafricain doit maintenant apporter, de manières concertées, les réponses qui s’imposent. Tout comme la coalition seleka, le régime du Président TOUADERA est un mal nécessaire que seuls les Centrafricaines et les Centrafricains doivent savoir capitaliser. Il appartient maintenant et désormais au Peuple Centrafricain, édifié par ses propres malheureuses expériences politiques, et éclairé par celles des autres, de faire maintenant ses choix de société en trouvant des réponses aux questions fondamentales qui se posent :

  • Comment retrouver la paix du cœur et la paix sociale ?
  • Comment retrouver sa dignité, le respect de soi et celui d’autrui ?
  • Comment restaurer la symbiose nationale ou le vivre ensemble ?
  • Comment désormais faire les choix des gouvernants qui vont se préoccuper réellement des intérêts communs ?

Et tant d’autres questions déterminantes découlant de ces quatre (4) questions fondamentales, mais qui ne peuvent trouver des réponses qu’à travers des concertations récurrentes pour une sécurité assez avancée, et non par des méthodes non altruistes de gestion des pouvoirs du  Peuple.

 

Forts de ces quelques constats et questionnements, nous, Centrafricains, devrons désormais être conséquents, oser un audace national, et réussir un patriotisme politique orgueilleux et jaloux pour ne plus nous faire manipulés ou nous faire complices de la destruction de notre pays. Nous devons nous regarder frontalement, ainsi que les autres, et définir consensuelle ment les lignes directrices d’actions politiques pour que les prochaines élections soient apaisées et acceptables. Cette vision s’impose après les échecs de nombreuses formules de compromis, uniquement, entre les agresseurs de la République ou belligérants, les pouvoirs publics et la communauté internationale. Avec le énième dialogue de Khartoum, à travers lequel le Président TOUADERA a voulu s’allier les groupes armés, afin de généraliser l’insécurité et l’utiliser pour renvoyer aux calendes grecques les élections, et rester au pouvoir, dont certains, nantis d’une amnistie cachée au Peuple Centrafricain, ont déjà repris les tueries de masse dans les Préfectures de la Basse Kotto, du Mbomou, du Haut Mbomou, de la Haute Kotto, du Bamingui-Bangoran, de l’Ouham-Pendé, de la Nana Mambéré, et bientôt dans d’autres, pour rendre ingouvernable le pays. Aussi, il importe de relever que la communauté internationale réalise enfin que la gestion militaire de la crise depuis le 15 septembre 2014 par les Nations Unies ne constitue pas l’idoine donne politique pour sortie définitive du cycle infernal de crises militaro-politiques dans lequel Centrafrique a été plongé depuis 1966, d’où convergence de vues politiques que les années 2020-2021 se veulent une nouvelle ère d’engagements et de défis à relever par nous, Centrafricains, appuyés par cette communauté internationale, pour mettre fin au désordre politique instauré depuis 1966, devenu véritable fonds de commerces depuis 2012-2013, pour mieux organiser de crédibles élections et permettre au Peuple Centrafricain de se prendre désormais en charge. Donc, considérons comme clos, les ères de manipulations politiciennes, d’excessifs enrichissements par des gouvernants insoucieux de la misère du Peuple, de l’insécurité comme moyen d’enrichissements faciles, de dénis de responsabilités politiques et autres excès en toute impunité.

 

Avec les prochaines élections, qui connaîtront certes un report ou glissement, nous Centrafricains, n’avons plus droit à l’erreur. Après soixante (60) ans de gâchis politiques qui ont induit la néantisation du pays et la déchirure du tissu social, notre survie au sein du concert des Nations civilisées désormais, nous oblige à ré créer une société centrafricaine plus unie, plus solidaire, plus engagée, plus responsable, plus participative et plus entreprenante, c’est-à-dire oser, mais oser et réussir pour éviter la désintégration de notre pays, car les soixante (60) ans d’indépendance octroyée, ont été des années de turpitudes et d’inconséquences politiques pour causes d’illettrisme et d’immaturité politiques, de manipulations et d’exclusions politiciennes. Le sentiment d’exclusions a longtemps refoulé la haine dans notre subconscient individuel et collectif, si bien que les horreurs commises, tant bien par les seleka que les anti balaka, ont été les sombre manifestation d’une haine trop longtemps contenue, qu’il faudrait désormais extirper.

 

Le Peuple Centrafricain a trop souffert des turpitudes, des égoïsmes et des exclusions de ses propres fils, alors qu’il ne le mérite pas. Et il est temps de tourner les sombres pages de notre histoire politique peu glorieuse, de dépasser nos clivages politiciens mesquins et de privilégier les préférences nationales, pour ne pas être abandonnés au bord de la route de développement comme de grands enfants incapables de savoir ce qu’ils veulent.

 

Le Peuple Centrafricain est à bout de patience et cela doit être compris comme tel, car un peuple à bout de patience finit par perdre confiance et est capable de toutes les négativités destructrices. Le Peuple Tunisien en a fait la démonstration avec le printemps arable en 2011. Le Peuple Algérien, frustré à cause d’un Président paraplégique ou tétraplégique, a levé l’humiliation, longtemps contenue, en 2019. Le Peuple Soudanais, brimé, humilié, méprisé, a fini par avoir le dernier mot et a chassé le dictateur BECHIR du pouvoir, également en 2019. Et c’est pour éviter au Peuple Centrafricain d’autres dures épreuves, que nous proposons cette Concertation Citoyenne comme porte de sortie pour le Président TOUADERA et un moyen pour ce Peuple de se réconcilier avec lui-même.

 

De 2013 à 2019, durant six (6) ans, il y a eu 9 accords qui n’ont pas permis de mettre fin à cette énième crise militaro-politique de 2012-2013 ; durant six (6) ans, l’argent des contribuables du monde entier a été allègrement distribué aux chefs de groupes armés, qui ont trouvé par ces dialogues une autre source inépuisable d’enrichissement, ce qui explique l’accroissement de leur nombre qui est passé de 08 en 2014 à 15 en 2019. Si l’argent se distribue quand on brandit une arme, autant persévérer pour en avoir davantage. Nul n’a besoin d’être ressortissant d’une école de hautes études pour comprendre que la crise centrafricaine est depuis des décennies un véritable fonds de commerce politique et diplomatique, à cause de ses ramifications internationales.

 

Nous osons croire que nous avons tous, enfin, compris et qu’il faudrait éviter au Peuple Centrafricain de transformer sa patience en un tsunami populaire qui sera très dévastateur. Et faire pourrir une situation n’a jamais profité à aucun régime politique, depuis la crise des écoliers et étudiants sous le régime BOKASSA, avec les ‘’…aux cailloux’’, car les ‘’…aux cailloux’’ contre les armes, les ‘’…aux cailloux’’ ont toujours pris le dessus.

 

WAFIO  JEAN  SERGE

PRESIDENT DU

 

                         PDCA  PDCA

                                                            PARTI DEMOCRATIQUE CENTRAFRICAIN

 

 

 

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