Les enfants de Centrafrique souffrent de la crise

Publié le 29 mai 2019 , 5:48
Mis à jour le: 29 mai 2019 5:48
Un enfant soldat de la Seleka.

 

 

La longue crise sécuritaire dans laquelle le pays est plongé depuis plusieurs années a aggravé la situation des enfants, avec le phénomène des enfants enrôlés de force par les groupes armés ou séparés de leurs familles.

Aujourd’hui, la situation des enfants dans le monde connaît une nette amélioration, selon un récent rapport de l’ONG internationale Save the children. Ce n’est pas le cas en République centrafricaine.

Nous sommes à la fondation Voix du cœur, un centre de prise de en charge des enfants privés du bonheur et de la chaleur familiale.

Initialement chargé d’accueillir des enfants des rues, ce centre a vu son champ d’action s’élargir aujourd’hui à d’autres catégories d’enfants, compte tenu du contexte sécuritaire assez précaire.

Moïse Mozongo, 13 ans, a été abandonné par sa famille.

“J’étais venu en congé chez mon oncle. Mais quand je suis arrivé, il était parti à Brazza. Ne sachant plus où m’abriter, je suis allé dans la rue. Mais j’ai vu que la vie dans la rue se résume au banditisme et ce n’était pas bon pour moi. J’ai pris la décision de venir à la fondation Voix du cœur dans l’espoir de continuer les études. J’ai composé le concours d’entrée en 6e et aujourd’hui, j’ai passé le CEF1. Mais parmi nous tous qui sommes ici, il y en a qui sont accusés de sorcellerie, d’autres de vols d’argent, d’autres encore ont perdu leurs parents, etc.”.

 

Au moins 13.000 enfants associés aux groupes armés sont en cours de réinsertion selon l’Unicef

En Centrafrique, les conflits armés qui sévissent depuis 2012 ont vu beaucoup d’enfants intégrer le rang des groupes armés. D’autres ont fait les frais d’abus des hommes en armes.

C’est le cas de Triompha, mariée de force à un ex-combattant dans le nord du pays et dont le témoignage est rapporté ici par Dieudonné Ouambetti, directeur par interim de la fondation Voix du cœur.

“Effectivement, les enfants ont beaucoup souffert dans notre pays. Nous avons donc eu ce témoignage de Triompha, cette fille de 14 ans qui est harcelée par un ex-antibalaka. Le mari a déjà une femme. Et quand elle est arrivée, la situation de co-épouse s’est posée. La femme de la maison a commencé à la battre et voyant qu’elle ne pouvait supporter les souffrances infligées par la co-épouse, elle a dû prendre fuite. Le mari, une fois de retour à la maison, est allé dans la famille de la fille, menaçant de lui tirer une balle dans la tête si elle ne revenait pas avec lui à la maison. La fille était obligée de revenir. C’est un véritable problème.”

De 2014 à ce jour, au-moins 13.000 enfants associés aux groupes armés ont été libérés et sont en phase de réinsertion, selon l’Unicef.

La crise a fait que beaucoup d’enfants ont été séparés de leurs familles. D’autres s’orientent vers les chantiers miniers pour subvenir aux besoins de leurs parents tandis que d’autres sombres dans la prostitution.

 

Avec DW Afrique