l’attaque de Bouar, cinquième ville du pays, condamnée par la France

Publié le 12 janvier 2021 , 3:46
Mis à jour le: 11 janvier 2021 10:46

Centrafrique : l’attaque de Bouar, cinquième ville du pays, condamnée par la France

Bangui ( République centrafricaine ) – Les rebelles à l’offensive en Centrafrique contre le pouvoir du président Faustin Archange Touadéra, fraîchement déclaré réélu au premier tour d’une élection controversée, ont attaqué, samedi, Bouar, une importante ville située à 340 km de la capitale Bangui, ont annoncé les Casques bleus de l’ONU. Deux avions de combat français ont été dépêchés pour « une mission de survol » du pays par le président Emmanuel Macron, lequel s’est entretenu au téléphone avec son homologue centrafricain vendredi.

Via un communiqué de l’Elysée diffusé samedi, ce dernier a réaffirmé son soutien au processus électoral et réitéré « sa ferme condamnation des tentatives de groupes armées et de certains leaders politiques, dont M. François Bozizé, de saper les accords de paix et le processus électoral constitutionnel soutenus par la communauté internationale. »/////////////.

Les appareils ont « survolé » Bouar, pour « appuyer les militaires » centrafricains dont une importante base a été prise à partie, a assuré, dans un message à l’AFP, le Détachement d’assistance opérationnel en République Centrafricaine (DETAO-RCA), des militaires français qui sécurisent l’aéroport de Bangui./////////////.

La ronde des aéronefs aurait été filmée par des personnes présentes sur place, à l’instar du journaliste pour la radio Ndeke Luka, Marcelin Ridja. /////////////.

Casques bleus « pris à partie »/////////////.

En milieu de matinée, « des éléments armés se sont attaqués aux positions des Forces armées centrafricaines (FACA) » à Bouar. La localité abrite le camp Leclerc, le quartier général de l’armée dans la région Ouest, la plus densément peuplée du pays, a déclaré à l’AFP le Lieutenant-colonel Abdoulaziz Fall, porte-parole de la composante militaire de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca)./////////////.

Les Casques bleus « sont venus en appui et ont été également pris à partie », a-t-il ajouté sans plus de précisions. /////////////.

L’attaque a débuté à 10h30 quand des éléments armés s’en sont pris à la base des FACA et de la Minusca qui ont essuyé des tirs de roquette, ont toutefois précisé des responsables de l’ONU sous couvert de l’anonymat./////////////.

Deux hélicoptères d’attaque de la Minusca ont été engagés et les combats ont cessé vers 12h30, selon ces mêmes sources. “La Minusca a repris la situation en main”, a affirmé à l’AFP un haut gradé des Casques bleus à Bouar./////////////.

Une ville stratégique/////////////.

Pour rappel, six des plus puissants parmi les groupes armés qui occupent deux tiers du pays depuis le début de la guerre civile en 2013, se sont alliés mi-novembre dans une Coalition des Patriotes pour la Centrafrique (CPC). Ensemble, ils ont lancé une offensive pour perturber le scrutin, promettant de « marcher sur Bangui » dix jours avant la présidentielle et les législatives du 27 décembre./////////////.

Face aux FACA fortement épaulées par les Casques bleus et d’importants renforts de paramilitaires russes et de soldats rwandais, les rebelles n’ont pour l’heure que peu progressé vers Bangui. Leurs attaques sont généralement cantonnées à des villes situées à plusieurs centaines de kilomètres de la capitale./////////////.

Avec ses 40.000 habitants, Bouar s’avère cependant être la cinquième ville du pays et occupe une place stratégique sur un axe routier crucial pour le ravitaillement de Bangui à partir du Cameroun./////////////.

« Fraudes massives »/////////////.

M. Touadéra, qui dirige le pays depuis 2016, a été déclaré réélu le 4 janvier. Mais dans le contexte d’insécurité régnant au pays, seulement un électeur sur deux a eu la possibilité de se rendre aux urnes le 27 décembre en raison de l’insécurité dans ce pays occupé aux deux tiers par des groupes armés, rebelles ou simples prédateurs de ses ressources./////////////.

Dix candidats de l’opposition ont demandé l’annulation des scrutins présidentiel et législatif, qu’ils jugent « discrédité », par des « fraudes massives » et la faiblesse du taux de participation. Les résultats doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle avant le 19 janvier, après étude des recours contentieux./////////////.

L’annonce, il y a trois semaines, d’une offensive rebelle pour empêcher le scrutin a ravivé les tensions dans ce pays en proie depuis 2013 à une guerre civile, très meurtrière jusqu’en 2018, avant de baisser en intensité./////////////.

Dans son communiqué samedi, M. Macron a appelé « au respect des décisions à venir de la Cour constitutionnelle, tout en soulignant la nécessité d’un dialogue politique ouvert et inclusif »./////////////.

Plus de 60.000 déplacés/////////////.

En outre, dans le contexte d’insécurité pré-électorale, le flot, déjà massif, de déplacés s’est encore aggravé. A l’occasion d’une conférence de presse, qui s’est tenue vendredi 8 janvier au Palais des Nations à Genève, le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, Boris Cheshirkov, a rappelé que « plus de 30.000 personnes » avaient à fui vers des pays voisins, « au Cameroun, au Tchad, en République démocratique du Congo (RDC), et au Congo. »/////////////.

L’instabilité a également généré « des dizaines de milliers de déplacés internes. 24.196 personnes ont ainsi traversé le fleuves Ubangui, pour rejoindre les provinces du Bas-Uélé et du Nord-Ubangui en RDC. »/////////////.

« En République centrafricaine, 185.000 personnes, originaires d’au moins 25 localités, ont fui dans la brousse et les forêts depuis le 15 décembre à titre préventif », a-t-il ajouté. « Quelque 113.000 d’entre elles » sont retournées dans leur lieu de résidence selon les estimations du Bureau Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, « mais environ 62.000 personnes sont toujours déplacées. »/////////////.

Au total, « près d’un quart de la population centrafricaine était déracinée fin 2020, avec 630.000 réfugiés dans les pays voisins et 630.000 déplacés internes. »

Avec AFP

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