La décentralisation en Centrafrique : Une préoccupation populaire

Publié le 29 février 2020 , 1:35
Mis à jour le: 29 février 2020 1:35
MOUSTAPHA LY
MOUSTAPHA LY, l’auteur de l’article. Photo de courtoisie.

 

Bangui (République centrafricaine ) – L’adoption  de la loi portant sur les collectivités locales en Centrafrique est une étape majeure dans sa réorganisation administrative et territoriale. Une attente populaire qui  viendrait corriger les disparités dans les différentes localités. « Si les rebelles de la SELEKA sont parvenues jusqu’à la capitale Bangui, c’est à cause des précarités dans lesquelles vivent les populations dans les localités de la Centrafrique ».

 

Le découpage régional actuel ne prend pas en compte certains aspects liés à la démographie, aux réalités sociaux culturelles et économiques des localités. Le caractère jacobin de l’Etat central date de l’époque coloniale et demeure jusqu’à nos jours. Aucunes reformes n’a été faites pour pallier ce problème.

L’urgence de créer une agence et un haut conseil des collectivités locales en Centrafrique s’impose pour l’accompagnement des  reformes  qui vont s’imposer avec cette nouvelle loi. En effet, la décentralisation en Centrafrique devrait se faire en trois étapes dont l’acte I qui devra se consacrer à l’érection de la sous-préfecture et préfecture en collectivité territoriale autonomes et le transfert de certaines compétences dans le domaine administratif et financier. Une décentralisation de la chaine fiscale devrait aussi s’ensuivre pour donner plus de moyens aux nouvelles  collectivités. Des  impôts locaux et taxes locales devront être la principale source de financement des collectivités locales.

L’acte II, devrait s’attaquer à la problématique sur les cohérences territoriales notées. En effet, dans l’érection des collectivités locales, il est possible que certaines collectivités ne puissent pas être viables donc  la phase 2 serait prévue pour corriger ces erreurs.

L’acte III viendrait régler le statut des personnels administratifs des collectivités locales en institutionnalisant la fonction publique locale.

Ce nouveau découpage administratif  ne devrait pas aussi remettre en cause le principe de la souveraineté territoriale de l’Etat centrale au contraire, elle devrait  impulser la dynamique du développement des territoires.

 

 

MOUSTAPHA LY, EXPERT IT, SPECIALISTE DES SERVICES FINANCIERS DECENTRALISES

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