Interférence russe dans les affaires judiciaires en RCA, les policiers s’interrogent.

Brigade territoriale de la gendarmerie de Bangui le 6 août 2019. CopyrightCNC.
Brigade territoriale de la gendarmerie de Bangui le 6 août 2019. CopyrightCNC.

 

Bangui (République centrafricaine) – CNC – Il ne fait aucun doute, tous les appareils judiciaires de la République centrafricaine sont désormais sous contrôle total de la Fédération de Russie avec l’accord du chef de l’État Faustin Archange TOUADERA. Après l’affaire dite du GTSC, c’est le tour des détenus de confession musulmane  emprisonnés au camp de Roux d’être sous pression russe lors d’une séance d’interrogatoire musclé organisé par ces derniers. Leurs avocats dénoncent une manipulation politique, les policiers s’interrogent.

 

Eh oui ! Ne rêvez pas, nous sommes en 2019 avec une méthode des années 40 sous la colonisation française tant dénoncée par nos aînés.

Alors même que les centrafricains continuent de se battre pour sortir leur pays de toute forme de colonisation extérieure, certains fils et fille de la RCA, de surcroît des hautes personnalités politiques, pour des raisons personnelles, et après avoir volontairement bradé les richesses minières et naturelles du pays aux sociétés mafieuses étrangères, viennent de céder, contre des pots-de-vin,  notre souveraineté nationale, c’est-à-dire le pouvoir suprême reconnu à l’État centrafricain, qui implique son exclusivité de sa compétence sur le territoire national et son indépendance internationale,   aux mains d’une puissance étrangère, en l’occurrence de la Fédération de Russie, connue pour ses pratiques répressives contre les opposants politiques.

En effet, depuis plusieurs mois, on nous signale l’interférence des Russes dans le cours de la justice centrafricaine, avec des expertises des appareils informatiques des suspects, des tortures des prévenus, des pressions sur les forces de l’ordre, voilà maintenant qu’ils sont devenus des officiers de police judiciaire en lieu et place des policiers et gendarmes centrafricains pour interroger, au nom de la justice centrafricaine, des détenus à la prison de Bangui.

Il y’a quelques mois, cinq (5) ordinateurs du groupe du travail de la société civile (GTSC) avaient été saisis par la justice centrafricaine et transmise directement aux Russes pour examen sans que les propriétaires ne soient informés. Cette affaire, dénoncée vivement par l’activiste Gervais Lakosso sur son compte Facebook, est restée sans suite jusqu’à ce jour.

Alors que le bureau des Nations unies  en République centrafricaine vient d’annoncer qu’il entend poursuivre son appui à la justice centrafricaine dans le cadre de l’État de droit et de la lutte contre l’impunité dans le pays, on vient d’apprendre qu’il y’a quelques jours, trois mercenaires russes se sont introduits à la prison du camp de Roux à Bangui avec ou sans documents judiciaires  pour procéder aux interrogatoires musclés de six prévenus de confession musulmane incarcérés dans ces locaux pour diverses affaires.

Cette procédure, dénoncée fortement par leur avocat maître Lavou, serait d’extorquer des aveux fabriqués contre l’ex-Président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim Meckassoua, devenu opposant au régime du chef de l’État Faustin Archange TOUADERA afin qu’il puisse être traduit devant la justice pour atteinte à la sûreté de l’État.

Pour de nombreux Centrafricains dont la priorité est ailleurs, la question est de savoir pourquoi replonger notre pays sous la colonisation d’une autre puissance étrangère alors que nos ancêtres ont combattu corps et âme cette forme de domination des puissances étrangères.

Pour des nombreux  policiers, contactés par CNC, la question est de savoir à quel niveau vont-ils  s’arrêter avec cette mauvaise pratique au sommet de l’État : « après la remise officielle de la fabrication et la délivrance des cartes de séjour, des passeports, des cartes d’identité nationale, du permis de conduire, plaques d’immatriculation des véhicules, puis celle de l’appareil judiciaire aux étrangers, on se demande finalement à quel niveau Faustin Archange TOUADERA et son clan vont-ils s’arrêter ? », s’interrogent-ils.

 

Affaire à suivre…

 

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