Groupes armés : à quoi jouent les Russes ?

Publié le 11 juin 2019 , 5:49
Mis à jour le: 11 juin 2019 5:49
Une base des mercenaires russes à Bria. Copyright2019CNC.

 

 

Bangui (République centrafricaine) – « Mamboko na mamboko », proclament haut et fier les affiches russes que les Banguissois croisent à tous les coins de rue de la capitale.

 

« Main dans la main », oui, mais avec les groupes armés rebelles. Comment expliquer, sinon, l’étrange comportement des Russes, depuis les tragiques massacres terroristes qui ont récemment endeuillé la terre de Boganda ?

 

Les mercenaires russes de Wagner aiment se pavaner comme les grands guerriers, et la fédération de Russie s’est présenté en Centrafrique avec mille promesses pour la sécurité des populations. Aujourd’hui, le Centrafricain lambda se demande : qu’en est-il de ces promesses ?

Les Russes se sont installés en province pour exploiter les ressources dont regorgent le pays mais malheureusement, depuis la fin de la crise et le retour à l’ordre constitutionnel, l’Etat ne s’est pas encore redéployé dans la plénitude de ses fonctions régaliennes sur toute l’étendue du territoire. Les sociétés russes ont donc besoin de la protection des mercenaires étrangers qui battent la campagne en coupe réglée. A Gbokologbo, les fils de la Volga se sont mis d’accord avec l’UPC du mercenaire peulh nigérien Ali Darassa pour monter un abattoir de viande bovine. « Les bons comptes font les bons amis », dit l’adage populaire. C’est pourquoi, lorsque l’UPC a empêché un convoi du ministère de l’économie, du plan et de la coopération internationale, de franchir leur barrage illégal à Alindao, les Russes du Groupe Wagner, après quelques rodomontades, ont fini par rentrer chez eux sans rien faire.

En réalité, partout où les mercenaires déchainent la violence, les Russes laissent faire, sans réagir, ou s’enfuient, comme à Bambari. Et que faisaient-ils, le 21 mai, quand les rebelles de 3R ont commis leur tuerie à Paoua ?

En revanche, quelques jours plus tard, le conseiller à la sécurité de la présidence, Valery Zakharov est venu en personne négocier la reddition des trois (3) criminels des 3R livrés par Sidiki. Quand il faut pêcher dans l’eau trouble, les Russes sont toujours prêts à noyer le poisson. M. Zakharov se sent-il responsable devant le peuple centrafricain ? Veut-il faire oublier que les mercenaires russes ne bougent jamais le doigt quand les fils et les filles de Centrafrique sont abandonnés au couteau des bourreaux ?

Dans cette danse macabre, qui protège qui ?

Comprenne qui pourra…

 

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