Grave incident à Bangui entre les gardes présidentiels et les gendarmes.

le Commandant de la gendarmerie Olivier Koudemon alias Gbangouma, alors officier de sécurité de l'ancien Président François Bozizé.
Le Commandant de la gendarmerie Olivier Koudemon alias Gbangouma, alors officier de sécurité de l’ancien Président François Bozizé.

 

Grave incident à Bangui entre les gardes présidentiels et les gendarmes.

 

Bangui (République centrafricaine) – Le commandant de la gendarmerie, ex-chef militaire des miliciens Anti-Balaka, Olivier Koudemon, connu sous son sobriquet de Gbangouma, se fait parler de lui à nouveau ce dimanche 8 décembre dans un grave incident sécuritaire auquel il serait l’auteur et acteur principal.

 

Nommé récemment commandant adjoint de la légion de la gendarmerie mobile (LGM),le gendarme Olivier Koudemon alias Gbangouma, un homme au multiple antécédent criminel, ne cesse malheureusement de se faire parler de lui en mal ce dernier temps. La dernière en date, c’est la tentative de meurtre de deux jeunes ce dimanche 8 décembre sur l’avenue des martyrs, devant l’Université de Bangui qui a failli dégénérer à un affrontement entre les gendarmes et la garde présidentielle .

Selon des informations recoupées sur place, tout a commencé vers 17 heures par une banale affaire de circulation routière entre le véhicule de la gendarmerie, conduit par le commandant Koudemon, totalement ivre, et une moto taxi, pilotée par un jeune motard.

Le premier, qui venait du côté stade 20 000 places en direction de l’hôpital communautaire, n’a pas voulu céder le passage au second, qui roulait au même sens que lui. Malheureusement, la moto taxi, sous pression du véhicule de la gendarmerie, se retrouve coincée et fait une chute à quelques mètres de l’Université de Bangui.

Comme si cela ne suffisait pas, le commandant Koudemon, après son acte criminel, sort de son véhicule pour ordonner à ses éléments l’arrestation des deux passagers de la moto taxi. Mais la foule présente qui a assisté à la scène n’a pas voulu que les deux soient arrêtés pour de rien.

Un député, de passage sur l’avenue des martyrs, s’est rapproché du commandant Koudemon pour le faire calmer, a été lui aussi pris à partie par ce dernier.

Pendant ce temps, l’un des passagers de la moto, menacée de l’arrestation, a très vite alerté son père qui à son tour envoyé un sergent-chef de la garde présidentielle sur le lieu de la scène.

Mais le sergent, une fois sur place, a failli être embarqué lui aussi par le commandant Koudemon qui ne veut rien entendre.

Armé d’un pistolet, le sergent-chef le dégaine et menace de buter tous ceux qui tentent de l’arrêter. Face à l’entêtement du FACA, le commandant Koudemon appelle le renfort de la gendarmerie qui arrive rapidement sur le lieu, mais le sergent-chef  se positionne dans la concession de l’Université de Bangui avec son pistolet prêt à être utilisé au cas où on tente de l’arrêter.

Au même moment, les commandos de la garde présidentielle, appelés au renfort par le sergent-chef,  sont aussi arrivés sur place avec leurs armes.

Une vive tension entre les deux corps qui a très vite calmé par des interventions des hauts gradés des armées.

Le commandant Olivier Koudemon,  qui n’a pas pu arrêter ses victimes, a finalement quitté le lieu de la scène à bord de son véhicule de la gendarmerie sous les huées de la foule des badauds.

Pour rappel, le Commandant Koudemon, qui fait l’objet de nombreuses plaintes pour torture et assassinat depuis 2004, continue d’exercer au sein de la gendarmerie. Il a été même promu au grade du commandant, puis chef adjoint de la légion de la gendarmerie mobile (LGM) par le ministre de la sécurité publique.

 

Anselme Mbata

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