Gigantesque trafic illicite des écailles des pangolins impliquant des forces de l’ordre à Bangui.

Publié le 18 mai 2019 , 8:34
Mis à jour le: 18 mai 2019 8:34
Port Amont à Bangui. Credit photo : Mickael Kossi / Corbeaunews .

 

 

Bangui (Centrafrique) – Dans la nuit du vendredi 17 mai 2019, une opération corbeau impliquant des forces de l’ordre visant à faire passer  illégalement sur le sol centrafricain une quinzaine des sacs des écailles des pangolins tourne  au jeu de la mafia mexicaine au large du fleuve Oubangui. Enquête.

 

Pendant que certains se battent sur les différents chantiers miniers pour extraire les ors et diamants, les autres, plus ou moins malins, ont trouvé ce dernier temps leur nouveau business beaucoup plus lucratif. Il s’agit de vente illicite des écailles des pangolins pourtant interdits formellement en République centrafricaine.

 

Dans la nuit du jeudi au vendredi 17 mai 2019, vers 1h du matin au large du fleuve Oubangui derrière le centre Bioko, proche de la radio Centrafrique, des sujets congolais, visiblement très doués dans les trafics illicites des produits interdits, ont tenté d’embarquer sur le sol centrafricain quinze (15) sacs remplis  des écailles des pangolins.

 

Arrivée au port centrafricain contrôlé par des forces mixtes composées des gendarmes, policiers et forces amphibie, les congolais, sur proposition d’une forte somme d’argent,  se sont entendus très vite avec un sergent chef de la brigade amphibie qui les a aidés à faire sortir de leur embarquement les quinze sacs des écailles pendant que les autres dormaient.

 

Constatant qu’il n’a pas assez empoché,  le sergent-chef qui est en charge de poste naval  contacte directement son lieutenant pour lui faire part de ce gigantesque trafic très lucratif à ses yeux, et il lui suggère de faire un déplacement rapide au port en attendant que les sacs ne quittent les lieux.

 

Comme par hasard, à son arrivée au port, un véhicule libanais est arrivé en même moment que lui pour embarquer les quinze sacs, mais il s’est  opposé catégoriquement.

Demandant aussi sa part du gâteau, les Libanais auraient proposé, à travers leurs négociateurs, au lieutenant 500 mille francs CFA pour pouvoir embarquer leurs produits.

 

En attendant le retour des superviseurs des libanais qui sont partis chercher des sous chez leurs patrons, le lieutenant a jugé mieux de faire déplacer tous les sacs pour les mettre à l’abri dans la concession de la radio sous la supervision des forces mixtes en poste cette nuit.

 

Par curiosité, un sergent-chef de la garde présidentielle en poste devant la radio cette nuit aurait constaté des choses louches qui entourent ces nombreux sacs entreposés derrière lui, et tente de le savoir auprès du lieutenant des forces navales qui les a déposés, mais celui-ci n’est pas clair dans ses explications.

 

Le sergent-chef de la garde présidentielle, de son côté, contacte son lieutenant qui a fait un déplacement rapide à la radio pour s’enquérir du dossier et l’affaire capote à ce niveau.

 

Arrivé sur place, le lieutenant de la garde présidentielle alerte immédiatement les gendarmes de la section de recherches et d’investigation qui ont fait le déplacement rapide sur les lieux de l’affaire.

 

Les Libanais, de leur côté,  constatant la trajectoire de l’affaire, se retirent tranquillement et abandonnent les quinze sacs des écailles des pangolins aux mains des forces de l’ordre.

 

Pour l’heure, ces produits de contrebande se trouvent à la section des recherches et d’investigation au centre-ville. Là encore, aux dernières nouvelles, quelques sacs commencent à disparaître dans la tranquillité.

 

Cette affaire rappelle celle des trois jeunes centrafricains arrêtés il y’a trois semaines par les policiers de l’OCRB au rond-point du centre-ville à Bangui avec des sacs à dos contenant des écailles des pangolins qu’ils auraient tenté de les vendre aux Chinois.

 

D’après une source de la gendarmerie, ce genre de trafic illicite prend de l’ampleur ce dernier temps à Bangui alors que les Chinois, principaux acheteurs dans le pays, proposent de fortes sommes d’argent pour en avoir.

 

 

Une enquête du CNC menée par Gisèle MOLOMA avec l’aide du journaliste Anselme Mbata.

 

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