EN AFRIQUE, LA RCA INVESTIT LE MOINS DANS L’ÉDUCATION

Publié le 18 juillet 2017 , 7:33
Mis à jour le: 18 juillet 2017 7:33

EN AFRIQUE, LA RCA INVESTIT LE MOINS DANS L’ÉDUCATION

 

 

Les élèves du lycée de Gobongo dans le 4e arrondissement de Bangui. CopyrightCNC
Les élèves du lycée de Gobongo dans le 4e arrondissement de Bangui. CopyrightCNC

 

Bangui, le 19 Juillet 2017

 Par Jefferson Cyrille YAPENDE, CNC

 

La Centrafrique, dernière au classement des pays Africains pour les investissements dans le domaine de l’éducation. Un rapport de l’Unesco, publie récemment classe la RCA parmi les mauvais élèves au cours des dix dernières années dans le secteur scolaire. Selon ce rapport, les sommes investies depuis des décennies dans l’éducation en Afrique Subsaharienne portent les fruits et permettent une scolarisation sans précédent presque partout sur le continent, sauf en Centrafrique.

 

L’éducation qui est un facteur de développement à du plomb dans l’aile depuis deux décennies en République Centrafricaine, par manque de volonté politique de nos dirigeants, ce secteur est complètement bafoué par chaque régime qui succède à la tête du Pays. En effet, l’Etat préfère investir plus dans d’autres secteurs et non dans le domaine de l’éducation. Au lieu de privilégier ou augmenter les budgets alloués pour son bon fonctionnement, nos leaders ont tendance à tourner le dos à l’éducation.

Aujourd’hui le taux d’analphabétisme en Centrafrique s’élève à 63 % soit les 2/ 3 de la population totale. Ce taux est de 76% pour les femmes et 49% chez les hommes. En zone rurale, l’on note une forte proportion des hommes analphabètes, 60,4% contre 30,3% en zone urbaine, ce qui implique qu’en zone rurale les 3/4 environ des hommes sont analphabètes, 87,4% des femmes de 10 ans et plus en zone rurale sont analphabètes, contre 56% en zone urbaine. Selon le rapport sur les tendances récentes et la situation actuelle de l’éducation et de la formation des adultes de la RCA en préparation de la Confintea VI. C’est quoi la cause ? Est-ce-que la population centrafricaine ne veut pas aller à l’école ?

« L’éducation et l’instruction c’est l’Etat qui doit », a affirmé l’écrivain, Victor Hugo. Donc il appartient à l’Etat de prendre sa responsabilité, en faisant de sorte que tout le monde ait accès à l’éducation car s’en est un droit. « C’est un véritable danger pour une nation si les filles et fils du Pays ne sont pas instruits. Voila l’une des raisons des crises en répétition que connait aujourd’hui notre Pays », a déploré Nestor ZOUKOUE, enseignant chevronné à Pétévo.

Si chaque régime essaie de construire des écoles sur toute l’étendue du territoire national. Certes, on n’en serait pas arriver à ce stade-là, a-t-il ajouté.

LE DISCOURS DE RECONFORT DU CHEF DE L’ETAT

« En termes de perspectives, l’éducation et la formation de qualité resteront au cœur de mes priorités. C’est ainsi qu’en ce qui concerne l’éducation de base (F1-F2) et l’enseignement général, le gouvernement a été instruit pour redynamiser le système scolaire par la formation des ressources humaines de qualité et en quantité. Ainsi, deux écoles normales d’instituteurs seront créées à l’Ouest et au Nord pour la formation de 120 instituteurs à raison de 360 enseignants et passer ainsi du ratio enseignant/élève de 1/120 – 220 à 1/80. Dans cet élan, j’ai instruit le gouvernement  d’augmenter le budget de l’Education Nationale qui est de 4% à 22 % pour qu’elle s’assume pleinement » a prononcé le Président Faustin Archange Touadera lors du discours de ses cent jours au pouvoir.

Certes, cela est une nouvelle de réconfort pour le développement de la RCA si cela entre dans la loi de finance 2018 qui est en train d’être mise en place par le ministre des Finances et du Budget, Henri Marie Dondra.

Cependant, l’éducation n’est pas démocratisée sur toute l’étendue du territoire centrafricain, surtout qu’elle n’est pas gratuite et accessible à tout le monde. A cela s’ajoute le manque des structures scolaires d’accueil dans certaines écoles, en plus l’effectif pléthorique des élèves dans les salles de classe est l’une des causes des difficultés réelles que rencontre ce secteur. Ensuite certains élèves sont assis à même le sol, d’autres se tenant sur leurs pieds pour suivre les cours dispensés par les enseignants.

« L’éducation est une arme puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde », a exhorté l’ancien Président défunt Sud Africain, Nelson Mandella. C’est pour dire que sans éducation, la République Centrafricaine ne connaitra pas de changement. Même l’unique Université de Bangui construit en 1969 par l’ex-Président défunt, Jean-Bedel Bokassa, est déjà dans un état délabrement constant sans volonté aucune de colmatisation,

Le gouvernement doit non seulement chercher à réhabiliter la seule Université, mais plus encore en construire de milliers.

« L’éducation est le socle du développement, si la population d’un pays est bien instruite, c’est un véritable atout pour cette nation. Et si cela est faite la Centrafrique ne devrait pas connaitre la situation lamentable qu’on est en train de vivre ». a estimé Stéphane NIKIDJA, un habitant de Bangui.

Dans le classement 2017 des 200 meilleures universités publiques d’Afrique publié par Uni Ran, sans surprise, c’est l’Afrique du Sud qui se taille la part du lion dans le top 10 des universités avec 8 universités dont 7 se classent de la 1ère à la 7ème place et une à la 10ème place. Les 8ème et 9ème places sont respectivement occupées par le Kenya (University of Nairobi) et l’Egypte (the American University Cairo).

S’agissant des universités francophones d’Afrique l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) pointe à la 24ème place, l’université de Yaoundé I (Cameroun) à la 96ème, suivie de Lomé, Burkina-Faso, Benin, Madagascar, RDC, Côte-d’Ivoire et Mauritanie en 195ème place l’université de Bué, (Cameroun) à la 200ème place. Hélas, la RCA ne figure pas nulle part parmi ses 200 pays cités ci-dessus.

Il a exhorté le Gouvernement Centrafricain, les ONGs, les associations, les confessions religieuses et les projets œuvrant dans ce secteur à inscrire le volet alphabétisation dans leurs programmes d’action, conformément à la loi portant orientation de l’éducation votée en 1997.

 

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