CNN diffuse un reportage choc sur la présence russe en Centrafrique

Publié le 18 août 2019 , 6:01
Mis à jour le: 18 août 2019 6:01
des mercenaires russes dans un véhicule de patrouille de la gendarmerie centrafricaine
Des mercenaires russes dans un véhicule de patrouille de la gendarmerie centrafricaine au centre-ville de Bangui. Image : AFP

 

CNN dont la renommée n’est plus à faire sur la fiabilité de ses sources, fait trembler les Russes le jour du 59ème anniversaire de l’indépendance de la République Centrafricaine. En effet, l’article diffusé sur le site « edition.cnn.com » ce mardi, s’appuie sur des témoignages inédits et des enquêtes sur le terrain. Les Russes semblent pris au piège en ce qui concerne leur réelle intention sur la terre de Boganda, comme s’ils étaient pris d’un coup de chaleur africain. Ils sont arrivés pleins de convictions et d’arrogance, mais, comme dit l’adage, « La vérité est comme la lumière du soleil que personne ne peut cacher » et les mercenaires de Wagner ont bien l’air, aujourd’hui, de déchanter.

 

Réalisé par la journaliste Clarissa Ward et son équipe, le reportage rappelle que la présence de la Russie en République centrafricaine n’est plus un secret et que la propagande russe veut étouffer l’information. L’ampleur de l’influence a commencé par le squattage des panneaux publicitaires pour arriver jusqu’à l’implantation d’une radio locale en passant par l’enseignement du russe dans les écoles. On se dit jusqu’où vont-ils aller ou plutôt jusqu’où ont ’il put aller? Attendez la suite !

En effet, le reportage de CNN montre des interviews de mercenaires russes, avec des vidéos à l’appui. On y voit aussi bien les formations prodiguées par les russes que l’infiltration de ces unités paramilitaires dans des pays tels que la Tchétchénie et la Syrie. Car l’armée sécrète de Wagner opère aussi dans le désert syrien. Les mercenaires interviewés sous couvert d’anonymat confirment qu’ils étaient payés par Wagner, cette société aux ordres du Kremlin et dont les ficelles sont tenues par un certain Evgueni Prigojine. Le portrait de cet homme d’affaires russe est brossé par CNN.

 

En Centrafrique, le reportage nous fait découvrir également le siège de ces mercenaires, dans l’ancien palais présidentiel de Berengo. A deux heures de route de Bangui. Pourquoi si loin ? Pour être à l’abri des regards ? Bien évidemment, les reporters sont allés à l’encontre de ces mercenaires mais aucun n’a voulu parlé. Seul Valéry Zakharov, le conseiller en sécurité du président de la république centrafricaine, a pris le temps d’une brève réponse, en expliquant que la Russie revient en Afrique comme du temps de l’union soviétique.

Bien sûr, la présence de Wagner dans un pays n’est pas anodine et elle sert toujours les intérêts de ses maîtres par l’intermédiaire des sociétés d’Evgueni Prigozhin : droits d’exploration minière obtenus en Centrafrique ou sécurisation des champs de pétrole en Syrie, par exemple. Et oui, que cela soit bien clair pour les fils et filles de Centrafrique, l’aide russe n’est pas gratuite et implique des contreparties !

CNN donne d’ailleurs des preuves des liens entre M. Prigojine et M. Zahharov, même si ce dernier nie avoir entretenu des relations avec son sulfureux compatriote.

 

La fin du reportage nous emmène aux alentours de Yawa. Un jeune villageois précise aux reporters américains, que le coin est envahi par les Russes, et qu’un grand nombre de personnes est exploité par eux. Les reporters eux-mêmes sont tombés sur une voiture avec des russes à l’intérieur. Ces derniers ont immédiatement caché leur visage. Un des mystérieux passagers a pu être identifié, et hasard … l’homme est connu pour être traducteur auprès d’une filiale locale de M. Prigojine … encore lui ! Il n’y a pas de hasard ! Les citoyens centrafricains ne sont pas dupes !

Réaliser un reportage sur ce sujet n’est pas sans risque. A l’été 2018, trois journalistes russes ont été assassinés dans la région de Sibut, dans des circonstances floues, alors qu’ils enquêtaient eux-aussi sur Wagner et qu’ils se dirigeaient vers un site d’extraction d’or.

 

Tout est donc dit dans ce passionnant reportage. Il n’y a plus aucun doute sur la motivation des fils de la Volga : accéder aux richesses du pays qui sont restées inexploitées jusqu’à présent. Ils ont déjà agi de même en Syrie, au Soudan et en Tchétchénie par l’intermédiaire de leurs mercenaires, sans oublier qu’ils ont passés plus d’une vingtaine d’accords avec les pays africains !

 

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