Centrafrique / Russie : à la recherche des diamants de sang !

les électeurs devant un bureau de vote
Base de la société russe de diamants protegée par des mercenaires russes à Bria, dans la préfecture de Haute-Koto, au centre-nord de la République centrafricaine. CopyrightCNC.

 

À la recherche des diamants de sang !

 

Bangui (République centrafricaine) – CNC – Le vice-ministre des finances de la Russie, Alexeï Moïsseïev a déclaré à Ria Novosti, une agence de presse contrôlée par le ministère de la presse et de l’information russe depuis 1991, qu’il souhaitait faire revenir dans la légalité les diamants centrafricains, en rendant ces derniers légaux au point de vue du processus de Kimberley.

 

Ce processus de Kimberley dont il est question est un forum tripartite créé en mai 2000. Il réunit les Etats producteurs de diamants, l’industrie du diamant et la société civile. Son objectif est clair : créer un système international de certification des diamants afin d’empêcher la vente de « diamants de sang », c’est-à-dire des diamants extraits dans des zones de conflits et vendus par des mouvements armés pour se financer.

Le processus de Kimberley a donc comme ambition de fermer les portes du commerce international de diamants aux groupes armés qui entretiennent la violence dans une région du monde.

Lors des événements de 2013, la Centrafrique avait été interdite d’exporter ses diamants, et nous comprenons bien pourquoi ! L’exploitation des mines de diamants et la vente de ces derniers avait été une des principales sources de revenu des groupes armés, qui en ont profité pour semer la zizanie, et plonger la Centrafrique dans le chaos ! Trois ans plus tard, en 2016, les diamants issus de la zone sud-ouest de notre pays ont de nouveau obtenu la certification et ont été autorisés à la vente. Ce n’est pas le cas des diamants issus du Nord et du Sud.

C’est là qu’interviennent les fils de la Volga. Après avoir fait mains basses sur des mines de diamants du pays, les russes souhaitent dorénavant pouvoir les commercialiser. N’oublions pas, fils et filles de Centrafrique, que toutes nos mines de diamants ne sont pas à la main de personnes bien intentionnées. Si l’ours en possède une partie qu’il protège avec ses mercenaires, une autre partie de nos mines est encore aux mains des groupes rebelles ! Ne tournons pas les pouces autour du pot, autoriser la vente des diamants du nord et de l’est revient à financer directement les groupes armés, et pourrait mener à une situation semblable à celle de 2013, qu’aucun de nous ne souhaite certainement revivre !

Nous voyons bien ici l’objectif des russes, qui pour quelques millions de dollars n’hésiteront pas à laisser notre pays à nouveau à feu et à sang. Mais, n’oubliez pas, qui tend le piège du mensonge finit toujours par se faire mal.

De prime et de toute évidence, la certification des diamants des zones non-contrôlées de notre pays ne devrait pas être la priorité. Il serait bien nécessaire que la Centrafrique contrôle elle-même le secteur économique du diamant, afin qu’elle puisse en faire profiter la population. Et ce, avant que l’ours moscovite s’en soit emparé et qu’il ait envoyé chez lui toutes nos ressources naturelles… Car les intérêts de ce dernier semblent clairs. Qui vivra verra !

 

A.R. Bria

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