Centrafrique : refusant d’être complice d’une mauvaise gouvernance de Touadera, le parti PUR

Publié le 13 janvier 2019 , 4:51
Mis à jour le: 13 janvier 2019 4:51
Le Président du parti PUR Eddy Symphorien Kparkouti. Credit photo : Eric Ngaba, CopyrightCNC.
Le Président du parti PUR Eddy Symphorien Kparkouti. Credit photo : Eric Ngaba, CopyrightCNC.

 

 

Centrafrique : refusant d’être complice d’une mauvaise gouvernance de Touadera, le parti PUR claque la porte

 

 

PRESIDENCE
SECRETARIAT GENERALE
N0 : 001 /PR/SG/2019

 

DECLARATION LIMINAIRE DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU PARTI DE L’UNITE ET DE LA RECONSTRUCTION

 

 

Chers journalistes, le 04 décembre 2015 a été la date de la dernière conférence de presse tenue par le PUR pour alerter l’opinion nationale et internationale sur les raisons de notre retrait des élections groupées de 2016.

Aujourd’hui samedi le 12 janvier 2019, nous prenons la parole lors d’une autre conférence de presse pour nous exprimer sur des sujets essentiels qui influencent la vie politique du pays que nous avons en partage.

Avant d’amorcer mes propos, je voudrais exprimer toute ma reconnaissance et celle de mon parti le PUR, pour les efforts que vous consentez tous les jours pour informer le peuple centrafricain et le monde entier sur l’évolution de la crise persistante dans notre pays.

Chers Hommes de Media, le combat que vous menez pour l’installation de la démocratie et de la bonne gouvernance quotidiennement violée dans ce pays où les droits humains sont constamment offusqués par les groupes armées.

Pour moi, c’est un privilège de me retrouver face à vous, journalistes pour parler de la République Centrafricaine notre pays, un héritage commun. Ce privilège est d’autant plus fort aujourd’hui parce que les sujets d’actualité qui font l’objet des discussions, de débat renvoient malheureusement à la division avec au fond des intérêts partisans et égoïstes qui Inondent la vie socio-politique du pays.

Comme le PUR n’a cessé de l’affirmer et de le prouver, dans un pays, ébranlé et déstabilisé comme la RCA, la sécurité est le seul objectif à rechercher. Elle est le préalable sans quoi rien ne peut marcher.

Des éléments de lecture en notre disposition, nous permettent de prendre position claire sur les maux essentiels qui gangrènent notre pays. En effet depuis deux ans et neuf mois aujourd’hui, des arrangements sont entrepris par les forces vives de la nation afin de mettre en place les institutions républicaines, Je veux citer entre et autre, les élections groupées de 2016 qui ont porté le Président Faustin Archange Touadera a la magistrature suprême de l’Etat.

Comme vous le savez, le PUR, à un moment de l’histoire, a fait le choix politique d’apporter son soutien désintéressé au candidat Touadera, qui depuis deux ans et neuf mois, préside la destinée de ce pays. En faisant ce choix politique, le PUR avait muri l’espoir de le voir accélérer le processus de paix, à travers le DDRR et l’instauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire centrafricain, avec en toile de fond les démarches pour la levée de l’embargo et le redéploiement des FACA. Mais, aujourd’hui, nous remarquons avec consternation que la situation sécuritaire du pays devient de plus en plus complexe, ce qui bloque l’épanouissement et le bien-être du peuple centrafricain.

Les groupes armés occupaient en 2016 40% du territoire, mais aujourd’hui, ce chiffre est passe à plus de 80%, occasionnant ainsi la terreur et les massacres des civils innocents. Nous pensons ici aux populations de Bambari, Yppi, Kouango, Alindao, Batangafo, Bakouma et Bangassou. Le Centrafricain lambda se demande, pourquoi cette montée en puissance des violences ? C’est la question que tout Centrafricain se pose à l’heure actuelle.

Chers Journaliste,

Vu la montée de l’insécurité et les tueries dans plusieurs régions, volontairement abandonnées aux groupes armés non conventionnels ;

Vu le taux de mortalité qui a triplé dans les différentes régions du pays;

Vu les conditions sociales très déplorables dans lesquelles vivent les Centrafricains à l’intérieur et à l’extérieur du pays ;

Vu l’absence de l’autorité de l’état sur 80% du territoire ;

Vu la division autour de la feuille de route du dialogue en cour, de l’Union Africain ;

Vu l’échec annoncé de ce dialogue entre le gouvernement centrafricain et les groupe armés;

Vu l’échec du régime en place à consolider les acquis de la démocratie et de la bonne gouvernance ;

Vu l’injustice sociale amplifiée par le régime de Touadera et son gouvernement ;

Vu aussi l’enchaînement de la discrimination, et l’exclusion entretenue par le régime en place depuis 2016.

Vu le manque d’identification des vrais problèmes qui tuent la RCA.

Vu les différents échanges entre le Président de la République avec les force vives de la nation sur le sujet du dialogue du 04 au 05 janvier 2019.

Le parti de l’Unité et de la Reconstruction est convaincu que le pouvoir en place a perdu toutes légitimités que le peuple lui a accordées.

Certes, le dialogue annoncé par le gouvernement pour le 24 janvier 2019 a Khartoum est nécessaire mais à quel prix ? Le PUR pense qu’il faut changer de paradigme.

Les conditions de vie de la population détenteur du pouvoir réel, n’a pas changé, car le PUR ne saurait cautionner la déchéance d’un gouvernement qui aujourd’hui abois.

Le calcul politique du gouvernement n’est pas la priorité du peuple bien au contraire ce que le peuple recherche aujourd’hui c’est la paix, la bonne gouvernance et le développement durable, tel est aussi la priorité du PUR.

Je tiens à rappeler au gouvernement que la seule chose que l’histoire peut retenir de la gouvernance actuelle est le retour de la paix.

Le PUR tient à exprimer sans ambiguïté cette exigence populaire pour éviter toute interprétation hasardeuse.

C’est à juste titre que le PUR en 2014 a pris position pour le redéploiement des FACA sur toute l’étendue du territoire national, plaçant ainsi les autorités devant les faits accomplis, et la mission onusienne.

La réalité comme nous aimons le dire, a une fois de plus rattrapé les défenseurs de cette ligne et donné raison à nous qui comptions sur nos propres forces.

Messieurs et Dames de Media,

Vu tous ces manquements et le pilotage à vue dont fait preuve le pouvoir depuis plus de deux ans, le PUR a décidé de se désolidariser du régime en place, car ne peut continuer à accorder sa confiance à un régime qui a failli à sa mission.

C’est pourquoi le PUR décide de prendre ses distances pour éviter d’être comptable et complice d’un échec national vers lequel le pouvoir actuel est en train d’amener le peuple centrafricain. Le PUR par conséquent, appelle ses militantes, militants, sympathisants, la diaspora et tous ceux qui croient en la valeur de la démocratie que représente ce parti politique, de suivre la nouvelle ligne tracée par le parti soucieux de l’avenir de ce pays.

Le PUR appelle les forces vives de la nation a une réflexion patriotique sur la modalité d’un arrangement politique pacifique comme celui de 2015 et 2016 dans un délai raisonnable, afin d’empêcher la RCA de tomber dans l’état animal.

Le PUR appelle le peuple Centrafricain en générale à ne pas céder aux manipulations du régime en place qui a failli à sa mission, de consolider les acquis de la démocratie, de la bonne gouvernance et le revivre ensemble.

Le PUR prend à témoin l’opinion Nationale et internationale qu’il ne serait pas complice de la mauvaise gouvernance et retire son soutien au Président Faustin Archange Touadera.

Malgré cette désolidarisation avec le pouvoir en place justifié, le PUR reste toujours attache à la paix, à la concorde, au dialogue annonce de l’Union Africaine à Khartoum le 24 janvier 2019.

Le PUR reste un parti autonome pour défendre ces idéologies et les valeurs de la démocratie et de la bonne gouvernance.

 

Tous pour l’unité et la Reconstruction de la Nation.

Que Dieu bénisse la RCA et le peuple Centrafricain

 

Fait à Bangui le 12 Janvier 2019

Le Président du PUR

Eddy Symphorien KPAREKOUTI