Centrafrique : proposition de réflexion faite aux leaders politiques et sociaux par Jean-Serge Wafio.

Publié le 21 juin 2019 , 6:27
Mis à jour le: 21 juin 2019 6:27

 

PARTI DÉMOCRATIQUE CENTRAFRICAIN

(PDCA)

Chers (es) Collègues Leaders Politiques et Sociaux,

 

J’ai suivi à distance la grande mobilisation des Forces Vives de la Nation qui a permis d’organiser le premier des trois meetings populaires envisagés, le 15 juin 2019, malgré la farouche opposition des Autorités Politiques de Bangui et les mésaventures qui s’en ont suivi. Je salue la réussite de cette mobilisation de grande ampleur, préconisée et souhaitée par beaucoup d’entre nous de longue date, et j’apporte tout mon soutien moral et exprime toutes mes compassions au Président BEDOUNGA et les autres victimes innocentes des barbaries des forces de l’ordre.

 

J’en profite pour nous alerter et nous interpeler individuellement et collectivement pour la suite de cette première mobilisation des Forces Vives de la Nation, qui ne doit pas finir, à l’issue des trois meetings populaires envisagés, par les simples concerts de casseroles, les marches de protestation ou les alertes à l’attention de la communauté internationale. Une suite politique, diplomatique et juridictionnelle doit corroborer notre détermination et plaider pour un schéma politique centrafricain pour la sortie définitive de cette énième crise militaro politique qui est devenue un véritable fonds de commerce tous azimuts.

 

Les faits, actes, comportements et autres réalités politiques survenus ces derniers mois en Centrafrique, non seulement nous mettent face à nous-mêmes, mais laissent présager un inexorable glissement politique vers un vide constitutionnel, à la fin du mandat présidentiel en cours. En Leaders, nous devrions déjà mener individuellement et collectivement les réflexions qui s’imposent, savoir anticiper les virtuelles conséquences et envisager les possibles alternatifs qui s’imposent. Nous savons maintenant, même les stratèges politiques des différents milieux présidentiels sont convaincus que les fraudes électorales envisagées et la complicité organisée avec les groupes armés ne leur permettraient pas de conserver le pouvoir. C’est pour dire que l’organisation des prochaines élections à dates constitutionnelles arrêtées semble déjà aléatoire. Nous devons être visionnaires et savoir capitaliser cette fois-ci nos multiples erreurs, car les esprits de ZEMIO, de BANGASSOU, de BAREM BAKIE, de NDJOUBISSI, de SENOUSSI, de  NGREMALE, de KREBEDJE, de YALOKE, de KARINOU, de KPOKOLITA, de NGOUKOU, de YAFO, de ZANGOA, de WEN-NGAÏ, de NGAÏSSIO, de NDIKISSI, de KOTA-NGOMBE, de BOÏ-LAMBA, de BOGANDA, qui ont consenti l’ultime sacrifice pour l’Oubangui-Chari, devenu République Centrafricaine, ne comprendraient plus et n’accepteraient plus nos manques d’initiatives et d’anticipations.

 

En toute humilité, je vous propose les quelques pistes de réflexions et d’actions politiques, diplomatiques et juridictionnelles à envisager :

 

  • Au plan politique : au regard des dispositions de la constitution du 27 mars 2019, nous devons documenter des dossiers sur les flagrants cas de :
  • Violation de la constitution
  • Parjure du serment d’investiture et de haute trahison
  • Complicité des Autorités Politiques Nationales dans la cristallisation de l’insécurité,
  • L’incapacité notoire et la virtuelle impossibilité d’organiser matériellement les élections,
  • Dénis de responsabilités politiques

 

  • Au plan diplomatique : documenter des dossiers sur les principaux cas :
  • D’incapacités de la MINUSCA à aider les Autorités Politiques Nationales à restaurer la sécurité,
  • Complicité, partialité, laxisme ou connivence de certains contingents de la MINUSCA avec certains groupes armés,
  • Affairismes de certains contingents de la MINUSCA

 

  • Au plan juridictionnel : envisager constitutionnellement et diplomatiquement tous les cas de saisine de la Cour Constitutionnelle, de la Haute Cour de Justice, du Tribunal Administratif, des Commissions de Sécurité et des Droits de l’Homme des Nations Unies et autres…

 

A travers ces quelques actions politiques, diplomatiques et juridictionnelles, nous devons être capables de démontrer les limites des Autorités Politiques Nationales et être en mesures d’envisager toutes les hypothèses et toutes les mesures alternatives en cas:

  • D’incapacité et d’impossibilité politiques avérées du Président TOUADERA d’organiser les élections à dates constitutionnelles arrêtées,
  • De complicité avérée du Président TOUADERA avec les forces du mal,
  • Du risque du vide constitutionnel

 

Avec toutes mes sincères considérations.

 

WAFIO  Jean  Serge

Président du P D C A