CENTRAFRIQUE : L’ORDRE CONSTITUTIONNEL DOIT RÉGNER SUR TOUTES VELLÉITÉS D’APOLOGIE DE COUP D’ÉTAT.

Publié le 11 septembre 2021 , 8:06
Mis à jour le: 11 septembre 2021 8:06

 

 

Bangui, République centrafricaine, dimanche, 12 septembre 2021, 02:08:09 ( Corbeaunews-Centrafrique ). Depuis la violation de l’ordre constitutionnel communément appelé « coup d’État » au Mali et récemment en Guinée Conakry, des refrains rythmiques et cadencés teintés d’apologie de coup d’état se font entendre sur différents supports. Les uns moralisent notre armée en leur rappelant leurs missions régaliennes tandis que les autres fustigent en filigrane nos officiers supérieurs en les incitant à désobéir aux exigences constitutionnelles. À titre de rappel, il urge de souligner qu’un « coup d’état » est par définition la prise du pouvoir de l’État par des moyens non constitutionnels en faisant usage des armes. Loin d’être une révolution qui suppose une adhésion populaire et massive, un coup d’état est l’exclusivité d’une frange de l’armée qui capitalise généralement plusieurs morts ainsi que d’innombrables blessés. Ce mode de dévolution de pouvoir est fermement prohibé par des dispositions constitutionnelles car il remet en cause toutes les avancées ou acquis démocratiques, fragilise la confiance des bailleurs de fonds et inquiète les acteurs du développement.

Monsieur Bernard Selembi Doudou, auteur de l'article
Monsieur Bernard Selembi Doudou, auteur de l’article

 

En effet l’article 28 de la constitution du 30 mars 2016 qualifie ce comportement de crime imprescriptible et laisse la latitude aux autorités judiciaires de punir les auteurs, co-auteurs et complices de coup d’état ou d’apologie de coup d’état conformément aux dispositions pénales.

De nombreuses études à travers l’Afrique ont montré que les coups de force militaires risquent de reconduire le pays dans la précarité et l’autoritarisme, le risque d’un recours à l’arbitrage politique avec des compromis au détriment des intérêts républicains sans oublier le risque de violation du principe de séparation de pouvoir et de la légalité constitutionnelle.

Il est évident que le mépris total des principes de la république édictés par l’article 25 de la constitution conjugué avec le tableau synoptique de la gouvernance du régime Touadera a atteint son paroxysme c’est à dire que tous les ingrédients ou mobiles sont réunis pour une adhésion populaire au coup d’état…mais ces dérapages indescriptibles ne peuvent légalement et légitimement justifier un quelconque coup d’état.

Choqué par les messages de haine contre la république et surtout d’apologie de coup d’état, le citoyen lambda s’interroge :

Pourquoi certains d’entre nous souhaitent un coup d’état en Centrafrique ?

Quel est leur agenda caché ?

Quelles sont les vertus des coups d’état à travers certains exemples ?

Pensez-vous que les armes peuvent résoudre durablement la crise centrafricaine ?

Au delà de ce qui précède, nous rappelons avec force la substance de l’article 26 de la constitution qui dispose que : « la souveraineté appartient au peuple…aucune fraction du peuple, ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice, ni l’aliéner »…ainsi la messe est dite.

Pour finir, nous invitons humblement notre armée nationale même minée par des relents communautaires et régionaux de rester fidèle aux institutions quand bien même illégalement établies…la dévolution du pouvoir légitime ne peut se faire que par la voie des urnes.

Mais attention, ne le dites à personne. Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi.

 

Paris le 11 septembre 2021.

Bernard SELEMBY DOUDOU.

Juriste, Administrateur des élections.

Tel : 0666830062.

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