Centrafrique : Les premières Unités spéciales mixtes de Sécurité (USMS) lancées à Bouar

Publié le 17 octobre 2019 , 6:45
Mis à jour le: 17 octobre 2019 6:45
Le Président centrafricain, Faustin Archange TOUADERA et l’Ambassadrice de l’Union européenne en Centrafrique, Samuela Isopi qui sillonnent pour observer les premières unités spéciales mixtes de sécurité. Crédit photo : Cyrille Jefferson Yapendé / CopyrightCNC.
Le Président centrafricain, Faustin Archange TOUADERA et l’Ambassadrice de l’Union européenne en Centrafrique, Samuela Isopi qui sillonnent pour observer les premières unités spéciales mixtes de sécurité. Crédit photo : Cyrille Jefferson Yapendé / CopyrightCNC.

 

Bangui (République centrafricaine)| CNC – trois grands événements majeurs se sont produits ce mercredi 16 octobre à Bouar,  dans la préfecture de la Nana-Mambéré, au nord-ouest de la République centrafricaine, auxquels on peut citer le lancement des activités des Unités spéciales mixtes de Sécurité, qui constituent une étape cruciale dans la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et réconciliation(APPR) signé le 6 février 2019 entre le gouvernement et les 14 groupes armés.

 

Comme prévu dans l’article 16 de l’APPR, les parties s’engagent, dès la signature dudit accord, à mettre en place des unités pour une période transitoire initiale de vingt-quatre mois (24 mois), et placées sous la supervision de l’État-major des forces de défense, et en cas de besoin sollicitera l’appui technique de la MINUSCA.

 

Ce premier lancement des USMS par le président Faustin Archange TOUADERA vise uniquement les groupes armés du Nord-ouest de la République Centrafricaine dont le camp se trouve à 4 km de la ville de Bouar, sur l’axe Baoro. Ces unités sont composées des Forces armées centrafricaines(FACA), les forces de Sécurité Intérieure(FSI) et 253 éléments des groupes armés, notamment les éléments de FDPC d’Abdoulaye Miskine, les 2 factions de  Révolution Justice (RJ), ailes Sayo et Belanga, les 2 factions Anti-balaka,  ailes Mokom et Ngaissona, ainsi qu’une partie des éléments de 3R de Sidiki, sans oublier les 16 femmes de la région qui ont aussi été incorporées.

 

Le président de la République, Faustin Archange Touadera, dans sa déclaration de circonstance, remercie l’Union Européenne pour son appui financier permettant à la mise en œuvre de l’APPR avant de préciser les enjeux de ses USMS : « …Cela implique la mise en place d’un système efficace de gestion, de couloir de transhumance pour en faire une activité sécurisée,  pacifiée et essentielle  au développement économique de nos régions. Dans ce contexte, les schémas directeurs et locaux seront développés en concertation avec les communautés de ses régions. En conséquence, j’ai instruit le gouvernement  de réactiver dans les meilleurs délais les commissions bilatérales avec les États de notre sous-région pour traiter des questions transnationales, car la transhumance transfrontalière souvent motivée par la recherche de pâturage, de point d’eau, mais également par les fuites de foyer  ou le commerce d’animaux  est la ressource de conflit  récurent entre les éleveurs et les agriculteurs », a-t-il précisé.

 

Par la même occasion, le numéro 1 centrafricain demande aux unités spéciales qui vont entrer au service de contribuer à la protection des populations, à renforcer l’ordre public et à mener les missions de sécurisation des couloirs de transhumance dans le strict respect des principes républicains, c’est-à-dire  « dans l’impartialité et la neutralité ».

 

Samuella Isopi, ambassadrice de l’Union Européenne(UE) en Centrafrique, quant à elle, précise que c’est depuis le début de processus des USMS que l’UE a commencé à mobiliser des fonds suite à la demande du gouvernement : « c’est dans le cadre de partenariat avec l’Union africaine dans l’objectif commun est de créer une paix durable que l’UE a décidé d’apporter à travers la facilité africaine pour la paix son soutien financier et logistique aux USMS. L’UE a déjà mis à la disposition de l’Union africaine des ressources nécessaires pour accompagner la mise en place des USMS, notamment à travers le paiement des indemnités d’alimentation à tous les éléments de l’unité mixte à partir de formation une fois que les unités seront déployées », a réitéré Samuella Isopi.

La Cheffe de l’UE en Centrafrique, a par ailleurs confirmé que l’Union Européenne est prête à mobiliser un soutien supplémentaire conséquent pour prendre également en charge le déploiement et la logistique des USMS pendant la durée prévue. Elle a ensuite remercié les hautes personnalités nationales et internationale présentent à la cérémonie du lancement des USMS

« je ne saurai terminer mes propos sans remercier le Premier ministre, Chef du gouvernement et Président du comité stratégique des USMS pour son leadership et son impulsion constante et déterminante au processus, l’État-major pour l’engagement de travail et de  conception et planification qui a permis à cette cérémonie, le ministre chargé du DDR pour la contribution à la phase de DD, l’Union africaine et l’Ambassadeur Matondo partenaire de l’Union Européenne dans le processus des USMS, la MINUSCA…Monsieur le Président comme vous le saviez tous les engagements de l’UE en République Centrafricaine ne seraient pas possible sans l’appui constant de nos Etats-membres. Permettez-moi de saluer la présence parmi nous de mon collègue l’Ambassadeur de France, haut représentant de la République Française et de le remercier à travers lui, son pays la mobilisation constante qu’elle ne cesse d’apporter aussi à nos efforts communs », a -t- elle conclu

Cette formation adéquate de la première unité spéciale mixte de sécurité durera 2 mois et dans les prochains jours, une mission africaine d’observateur militaire focalisée sur les USMS sera déployée pour assurer l’encadrement et le monitoring de dispositif de cette formation. /

 

Jefferson Cyrille Yapende

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