CENTRAFRIQUE : LES MILITAIRES RETRAITÉS BATTENT LE PAVE

Publié le 14 août 2018 , 2:08
Mis à jour le: 14 août 2018 2:08

 

 

CENTRAFRIQUE : LES MILITAIRES RETRAITÉS BATTENT LE PAVE

 

 

Selon un Communiqué de presse de l’Assemblée Nationale du 09 août 2018, le 1er Vice – Président de cette Institution a reçu les Représentants des Militaires Retraités, lesquels ont marché du Ministère de la Défense Nationale au Palais du Peuple, le mercredi 08 août 2018.

 

Il y’a quelques mois, plus de 800 militaires du rang, sous-officiers, officiers et officiers supérieurs ont été admis d’office à la retraite. Ils devraient être pris en charge par un financement des Etats-Unis, dans le cadre de l’appui de ce pays ami à la réforme des Forces de Défense et de Sécurité centrafricaines. Il convient de noter que le Directeur Général de la Gendarmerie Nationale n’a pas emboîté le pas à l’ancien Chef d’ Etat Major des Forces Armées Centrafricaines (FACA) pour une mise à la retraite qui fasse l’impasse sur l’accompagnement de la nouvelle Armée Centrafricaine lors de sa montée en puissance, par des compétences militaires plus aguerries.

 

Depuis deux mois, tous ces retraités ont épuisé leur droit au congé libéral et se retrouvent, non seulement avec des arriérés de salaires, mais avec déjà deux mois d’arriérés de pension. Sans compter que beaucoup accuse du retard dans leur avancement et aucune mesure n’a été prise pour régulariser leur situation avant ce départ qui ressemble dans une certaine mesure, à une épuration perpétrée par l’ancien Chef d’Etat Major. Car, quoi de plus normal qu’une génération cède la place à une autre si toutes les conditions objectives sont respectées.

 

Les Etats Généraux de la Défense Nationale qui se sont tenus du 19 août au 09 septembre 1996 ont, dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie et de travail du militaire et du gendarme, adopté plusieurs recommandations parmi lesquelles, celles qui portent sur la retraite et l’avancement. Il serait judicieux de rappeler ces recommandations ici afin de les exploiter, les actualiser éventuellement pour permettre de trouver une solution adéquate à ce problème social.

 

Voici in extenso, les libellés de ces recommandations ; d’abord celle qui concerne la retraite.

 

« Les Etats Généraux de la Défense Nationale,

 

-Considérant que le paiement des pensions au Trésor Public n’est plus fiable,

-Considérant le montant dérisoire de la pension allouée aux militaires et gendarmes,

-Considérant la retenue de 5% effectuée sans raison sur la pension pourtant insaisissable,

-Considérant la longue période consacrée à la délivrance des livrets de pension,

-Considérant la non application des textes sur l’attribution des pensions de réforme et autres,

 

Recommandent

 

1-Que soit étudié avec les Finances le retrait de paiement de toutes les pensions de retraite de la responsabilité du Trésor Public et confié sous forme de caisse autonome à la DGIFACA,

2-Que les textes relatifs aux pensions soient révisés en ce qui concerne le bénéfice de l’intégralité par les ayants-droit en cas de décès du militaire retraité,

3-Que le montant de pension soit révisé périodiquement en fonction du coût de la vie.

 

Fait à Bangui, le 09 septembre 1996 »

 

La recommandation relative à l’avancement stipule :

 

« Les Etats Généraux de la Défense Nationale,

 

-Considérant le non respect des conditions de l’avancement dans les Forces Armées Centrafricaines,

-Considérant le blocage qui en résulte,

-Considérant qu’une révision de statut s’impose et appelle au respect des règles qui en régissent,

 

Recommandent

 

1-Que l’avancement à titre exceptionnel ne soit prononcé que de façon exceptionnelle et exclusivement pour des actes de bravoure particuliers au combat ou autres actions d’éclat,

2-Qu’il soit procédé immédiatement à l’avancement des militaires de toutes catégories ayant déjà dépassé le temps prévu dans leur grade à titre de régularisation,

3-Que des quotas fournissant la promotion au sein des Armées soient fixés et respectés ; ainsi le recrutement des officiers devra être réalisé dans une proportion d’au moins 30% à partir de la catégorie des sous-officiers, de même le recrutement des sous-officiers devra être réalisé dans une proportion d’au moins 30% à partir de la catégorie des militaires du rang,

4-Que pour le rajeunissement de la pyramide des âges des officiers et des sous-officiers et pour mettre fin aux disparités de traitement injustifié, il est proposé de recruter les officiers issus du rang sur concours sous réserve de l’obtention préalable du Brevet d’Armes N°2 (BA2) ou tout autre diplôme équivalent,

5-A titre de l’égalité des chances et du mérite, que l’avancement automatique du grade de sous-lieutenant au grade de Lieutenant soit prononcé dès les deux années d’activité dans le grade quelle que soit l’origine de formation de l’officier,

6-Que l’avancement par rapport aux diplômes militaires à savoir : le CAT1, CAT2, CI1, BA1 soit prononcé dans un délai raisonnable.

 

Fait à Bangui, le 09 septembre 1996 »

 

Depuis 1996, l’eau a coulé sous le pont et ce rappel pourrait participer dans une certaine mesure, non seulement à une meilleure prise en charge de ces anciens militaires qui peuvent continuer à servir autrement leur Pays, mais aussi aider à une bonne gestion de cette Nouvelle Armée en gestation que nous voulons mixte, moderne, Républicaine, professionnelle et de Développement.

 

 

Paris, le 13 août 2018

 

 

 

Clotaire SAULET SURUNGBA

 

-Ancien Parlementaire-Conseiller National

-Rapporteur Général de la Commission Défense Militaire du Comité Préparatoire des Etats Généraux de la Défense Nationale

-Premier Rapporteur Général Adjoint des Etats Généraux de la Défense Nationale

-Chef de Cabinet du Ministre Délégué chargé de la Restructuration des Armées

-Président de la Commission Défense et Sécurité du CNT-Parlement de Transition

-Représentant du CNT au Comité RSS/DDRR

 

 

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