Centrafrique : Les demandeurs d’emploi et stagiaires entrent en grève pour exiger le respect du principe d’intégration à la fonction publique

Publié le 2 novembre 2019 , 1:50
Mis à jour le: 2 novembre 2019 1:50
Les demandeurs d'emploi en grève devant l'assemblée nationale 30 octobre 2019. Crédit photo : Jefferson Curille Yapendé. CopyrightCNC.
Les demandeurs d’emploi en grève devant l’assemblée nationale 30 octobre 2019. Crédit photo : Jefferson Curille Yapendé. CopyrightCNC.

 

Bangui (République centrafricaine) – CNC – « Non au comité d’intégration tribaliste ! Non au népotisme! Non au partisan du hors-la-loi NGRÉBADA ! Oui au respect de la loi et des textes en matière d’intégration !», tels sont les slogans inscrits sur les banderoles tenues  par les demandeurs d’emploi et stagiaires qui ont pris d’assaut ce mercredi 30 octobre la devanture de l’Assemblée nationale pour réclamer le respect de la loi numéro 99016 du 16 juillet 1996 relative au processus d’intégration à la fonction publique.

 

Plus d’une trentaine des demandeurs d’emploi et stagiaires ont répondu présents à l’appel des leaders de l’ODESCA, une organisation des demandeurs d’emploi pour exprimer le ras-le-bol vis-à-vis du Premier ministre, Firmin NGRÉBADA, qui a mis en place par un arrêté un comité d’organisation d’intégration à la primature. En dépit de l’instruction du Premier ministre qui demande expressément à ce comité de privilégier les dossiers des demandeurs d’emploi et des stagiaires, ces derniers se disent inquiets du non-respect du statut de la fonction publique par le Premier ministre.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est le lancement au début de la semaine dernière  des travaux du comité d’organisation d’intégration par le Premier ministre Firmin NGRÉBADA. Ce comité est composé entre autres des représentants de la primature, du ministère de la Fonction publique ainsi que ceux des organes chargés de vérification de l’authenticité des diplômes.

Les demandeurs d’emploi et stagiaires ne voient pas d’un bon œil ce comité d’organisation  d’intégration qu’ils trouvent hors la loi. Et pour prouver leur colère, ces derniers, pieds nus, avec la bible, le coran et les feuilles de palmier en main ont  appelé les députés de la nation à voler à leur rescousse.

« Honorables députés ne soyez pas complices de la politique de l’exclusion et oppression du gouvernement du régime Touadera à l’égard de vos électeurs enfants des pauvres, prenez votre responsabilité s’il vous plaît et la jeunesse vous serrez reconnaissante », a lamenté Dieudonné Kouang, président de l’ODESCA, qui est bloqué avec ses camarades devant l’Assemblée nationale par les forces de la sécurité intérieure.

Une plainte qui a touché le député, Bangui  betangai Rolland Achille lors de l’interpellation du gouvernement par les élus de la nation au même jour de la grève des demandeurs d’emploi et stagiaires, au moment de sa prise de parole, le député de Nana Bakassa1 a clairement dit au chef du gouvernement de tenir compte des revendications de ces demandeurs d’emploi et stagiaires en respectant le principe d’égalité de chance devant d’emploi.

Pour un gréviste et stagiaire au ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme quant à lui, il  s’est énervé par rapport au quota réservé aux stagiaires de leur département ministériel, « nous sommes plus d’une cinquantaine stagiaire dans notre ministère et avec tout cela, le gouvernement veut absolument nous donner rien que dix places. À l’allure où vont les choses, ils vont seulement intégrer leurs parents et nous les enfants des pauvres qu’allant nous devenir», a déploré cette manifestante sous-couvert de l’anonymat.

Il est à noter que pour cette année, l’intégration dans la fonction publique est prévue pour le mois de décembre prochain et les quotas en titre de cette intégration ont été déjà répartis entre les départements ministériels dont la priorité est accordée au secteur de l’éducation, de la santé, l’agriculture, l’élevage et Eau et forêt.

 

 

Jefferson Cyrille Yapende