Centrafrique : les choses se compliquent pour le président Touadera.

Publié le 12 juin 2019 , 6:42
Mis à jour le: 12 juin 2019 7:04

 

 

Bangui (République centrafricaine) – Les choses se compliquent dangereusement pour le président Faustin Archange Touadera à quelques mois de la fin de son mandat. Après la création, par une vingtaine des partis politiques et de la société civile d’un mouvement dénommé Front uni pour la Défense de la Nation dite E ZINGO, c’est au tour de l’ancien président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim Meckassoua de tracer la voie à suivre.

 

Visiblement, Abdoul Karim Meckassoua qui affirme être victime d’un coup d’État parlementaire piloté par le président Touadera ne peut plus supporter l’affront essuyé. Il entend désormais lui rendre la monnaie de sa pièce.

 

C’est dans une interview accordée à nos confrères du site d’information 54 Etats.com que le député du 3e arrondissement de Bangui Abdoul Karim Meckassoua l’a fait savoir au monde : « … Aujourd’hui, il y a suffisamment d’éléments pour traduire le président de la République devant la Haute Cour de Justice pour haute trahison, et notamment pour violation caractérisée du serment qu’il a prêté le 30 mars 2016. Il faut pour cela utiliser la voix politique et judiciaire en respectant notre Constitution ».

 

Comment cela pourrait-il voir le jour ?

D’après les éléments d’informations en notre possession, plusieurs missions effectuées dans plusieurs pays hostiles au président Touadera par l’ancien président de l’Assemblée nationale Abdoul Karim Meckassoua étaient dans le but de convaincre les gouvernements et partenaires de ces pays à mettre la main à la poche afin de soudoyer les députés à initier la demande de mise en accusation et la voter le moment venu.

 

Des centaines des faits et actes du président Touadera qui violent la Constitution et en compilation dans des cabinets d’avocats à Bangui et en Europe.  Des constitutionnalistes ont été aussi appelés au secours.

 

Contacté par CNC, un des avocats parle d’une dizaine des articles de la Constitution violés, et ce, de façon délibérée par le chef de l’État Faustin Archange Touadera.

 

Violation de l’article 60 de la Constitution par l’accord de Sotchi.

En signant avec les mercenaires russes de la société Wagner l’accord de Sotchi autorisant les Russes à venir faire des affaires en Centrafrique, le président Touadera s’est jeté lui-même dans « l’affairisme » sanctionné par l’article 124 de la Constitution.

Aujourd’hui, grâce au bénéfice de cet accord de Sotchi, sur toutes les régions diamantifères et aurifères, occupées ou non par des groupes armés, on y retrouve les mercenaires russes qui exploitent à grande échelle l’or et le diamant sans aucune autorisation délivrée et sans être assistés par les spécialistes, coté centrafricain.

Rappelons que dans cet accord de Sotchi, le président Touadera et son ancien directeur de cabinet devenu aujourd’hui son Premier ministre Firmin NGRÉBADA ont violé en connaissance de cause l’article 60 de la Constitution qui oblige le gouvernement à recueillir préalablement l’autorisation de l’Assemblée nationale avant la signature de tout contrat relatif aux ressources naturelles et à les publier dans les 8 jours francs suivant sa signature.

D’après les termes de l’accord de Sotchi signé entre le président Touadera et les mercenaires russes, « … la partie centrafricaine a confirmé que les géologues russes pouvaient commencer l’exploration primaire des gisements avant d’obtenir une licence, à condition qu’ils soient accompagnés de spécialistes du Ministère des Mines de la République centrafricaine ».

 

Cette condition n’est jamais respectée et l’exploration est devenue « exploitation ». Une violation flagrante de la Constitution.

Aujourd’hui, à Manbèrè, Berberati, Bria, Yaloké, Kembé, Paoua, Bozoum, Bambari, Ndélé, Birao, les mercenaires et géologues russes exploitent à eux seuls ou avec les Chinois, l’or et diamant de façon industrielle sans en avoir le permis et sans aucune présence des experts, coté centrafricain.

 

Tueries de masse : un homicide politique

 

D’après le dictionnaire français, l’homicide est le fait de donner la mort à un être humain. Par exaspération, le fait de causer un grave préjudice moral a autrui. L’homicide sera politique s’il est réalisé dans un but politique.

Aujourd’hui, c’est la politique double du président Touadera qui pousse certains de ses alliés rebelles à endeuiller des familles en Centrafrique.  Pourtant, il a juré devant Dieu et la Nation d’assurer le bien-être de son peuple et non de les infliger des souffrances. Partant de ces actes, le président Faustin Archange Touadera, à ce jour, doit être destitué.

 

Création du mouvement « Requin » : c’est la constitution et l’entretien d’une milice

 

Face à son incapacité de pacifier le pays, d’accepter une opposition politique à son régime et son refus de le reconnaître la tolérance, l’inclusion et la concertation comme socle de la paix et de l’unité nationale et en réponse à la création du mouvement « E Zingo Biani » regroupant organisations de la société civile et plus d’une vingtaine de partis politiques sous le lead du Groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine (GTSC), le président Touadera avec sa bande, a créé sa propre milice privée dénommée « le Requin » avec pour objectif, de tracter jusqu’à la mort tous ceux ou toutes celles qui oseront critiquer son régime.

Or, la constitution et entretien d’une milice est passible d’un crime de haute trahison sanctionné par l’article 124 de la Constitution du 30 mars 2016.

 

Violation de l’article 28 de la Constitution

 

Galvanisés par l’occupation à 80% du territoire national, les groupes armés avaient demandé la séparation du pays. Cette prise de position, selon un juriste contacté par CNC, est constitutive de l’usurpation de la souveraineté par la rébellion tombée sous le coup de l’article 28 de la Constitution. C’est pour cette raison peut-être, poursuit notre juriste, que le président Touadera a promis qu’il ne nommera pas les représentants des groupes armés dans le gouvernement ou autres institutions du pays tant que ceux-ci ne déposent pas les armes.

L’article 28 de la Constitution va même plus loin pour interdire à ceux qui utiliseront ces voix l’exercice des fonctions publiques dans les institutions. Et tout soutien quelconque à quelqu’un qui est dans un tel projet est son complice.

Aujourd’hui, Touadera assiste financièrement ces groupes des usurpateurs pour se réarmer et les nomme ensuite dans les hautes fonctions publiques.

 

Si le gouvernement n’a pas encore réagi à ses propos, un ancien conseiller du président Bozizé contacté par CNC affirme que Abdoul Karim Meckassoua est un homme qui aime se venger.

« Il était venu nous voir. Moi, Bozizé et quatre autres personnes que je taise leurs noms pour tenir de mêmes propos sur Patassé. Et il a vraiment œuvré pour le chasser du pouvoir. Aujourd’hui, il dit ouvertement que c’est lui qui a chassé Patassé du pouvoir et non Bozizé. Il le dit à nouveau pour Touadera, tel que je le connais, il va le faire ». Nous a confié cet ancien conseiller de Bozizé aujourd’hui sans emploi.

 

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