Centrafrique : le scénario des prochaines élections présidentielles est-il déjà écrit ?

Publié le 2 avril 2020 , 12:23
Mis à jour le: 2 avril 2020 12:23
Anicet Georges Dologuele - le chef de file de l'opposition démocratique - reçut par Touadera le 28 janvier à la Présidence de la République
Anicet Georges Dologuele, le chef de file de l’opposition démocratique, reçut par Touadera le 28 janvier à la Présidence de la République

 

Bangui (République centrafricaine ) – La campagne officielle n’est pas encore lancée mais déjà toutes les formations politiques du pays sont en ordre de marche et les médias font leurs choux gras des éditoriaux qui, avant l’heure, lancent les débats politiques en guise de pré campagne électorale.

 

Si un tant soit peu nous prenons le temps de lever la tête et de voir ce qui se passe autour de nous ces dernières années en matière d’élections, il est nul besoin d’être un devin pour savoir ce qu’il va se passer en Centrafrique pour le prochain scrutin présidentiel. Jugez plutôt !

L’information n’a sans doute pas eu un écho à la hauteur de son importance. Pourtant, le 12 mars dernier, Facebook et Twitter, épaulés par les forces de police locales, ont annoncé avoir démantelé une « usine à trolls » qui opéraient depuis le Ghana et le Nigéria dans le but de fausser les élections présidentielles américaines de la fin de l’année. Recevant des consignes et de l’argent de Russie, les employés devaient faire vivre de faux comptes sur les réseaux sociaux, en déclarant vivre aux Etats-Unis. Les messages qu’ils publiaient étaient destinés à attiser les tensions raciales et à diviser la société américaine.

Déjà, lors des précédentes élections présidentielles américaines, qui se sont déroulées fin 2016, tout le monde se souvient que la campagne fut polluée par tout un tas de fake news visant à la déstabiliser.

Or, en 2020 comme en 2016, le principal responsable est une agence de communication, basée à Saint-Pétersbourg (Russie) et financée par un certain Evgueni Prigojine, un homme d’affaires proche du Kremlin. Opérant depuis 2014, la discrète agence de communication tirait les ficelles d’une manœuvre de manipulation sur les réseaux sociaux en s’appuyant sur des « usines à trolls » et des faux comptes pour interférer dans cette campagne électorale. L’objectif ? Favoriser le candidat américain le moins défavorable aux intérêts de Moscou. Une dizaine de personnes ont d’ailleurs été condamnées pour ces méfaits.

 

Toujours en 2016, le même constat a été fait lors des scrutins qui se sont déroulés dans les ex-pays du bloc soviétique mais aussi dans les pays scandinaves, avec toujours des manipulations orchestrées depuis la Russie.

 

En 2017, l’Europe de l’Ouest a aussi été l’objet de tels agissements, dans le cadre du Brexit, le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, ainsi qu’à travers le piratage des données de campagne de candidats aux élections présidentielles. Là encore, le stratagème visait à déstabiliser le jeu démocratique.

 

Alors, si de tels procédés sont mis en place par des entreprises russes et touchent les plus grandes nations démocratiques, comment ne pas craindre que le rendez-vous majeur de 2020 pour les Centrafricains ne soit malheureusement perturbé et faussé par ces même spécialistes de la manipulation, si nombreux maintenant chez nous ?

Qui vivra verra !

La campagne n’a pas encore commencé…

 

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