Centrafrique : Le pays se dote d’un nouveau comité stratégique d’appui au processus électoral

Publié le 21 novembre 2019 , 7:59
Mis à jour le: 21 novembre 2019 8:13
Centrafrique : Le gouvernement centrafricain rapatrie les réfugiés centrafricains du Congo Démocratique 396 réfugiés centrafricains vivant au Congo Démocratique sont de retour à Bangui jeudi 21 novembre 2019 avec le concours des gouvernements Centrafricain, Congolais et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR). Ils ont été accueillis ce matin au port Amont par les autorités centrafricaines et congolaises. Il s’agit d’une première vague des 1 000 réfugiés centrafricains présents sur la terre congolaise, qui ont été ramenés volontairement grâce à la signature d’un accord tripartite entre le HCR, le gouvernement Centrafricain, de la RDC et du HCR au mois de juillet dernier. Ce cadre juridique encadre le retour volontaire des 400 réfugiés centrafricains dans la dignité et la sécurité. Pour Virginie Baïkoua, ministre de l’action humanitaire, « Des dispositifs sécuritaire, sanitaire, judiciaire ont été pris pour faciliter ce retour. 396 de nos compatriotes, sur les 4000 au RDC, ne sont plus des réfugiés, c’est avec beaucoup de sentiments que nous les avons accueillis », a déclaré Virginie Baïkoua. Des mesures sanitaires ont été prises par la Centrafrique craignant d’être exposée par le virus Ebola qui sévit depuis un an au Congo. Pour cela, une équipe de veille et de contrôle a été installée sur le rivage, « une équipe de surveillance et de lavage des mains est installée. Des appareils de détection des signes d’Ebola nous ont été remis. Au cours de ces observations, quelques personnes ont une température au-dessus de 38°c », a relevé la responsable du centre ambulant de santé, Emma Mbilinaguéra Babo. A en croire le Représentant du HCR en Centrafrique, Buti Kale, ce n’est qu’une première série des retours volontaires qui seront « organisés hebdomadairement pour favoriser le rapatriement total des réfugiés centrafricains au Congo Démocratique », a annoncé Buti Kale. Il y a quelques jours, les réfugiés du Cameroun sont aussi rapatriés par les gouvernements centrafricains et Camerounais encadrés par le HCR à Berberati. Ces retours ne concernent que les zones où la sécurité revient peu à peu. Cédric Wa-Gomba
Les électeurs en rang devant un bureau de vote à Bangui le 31 mars 2016. CopyrightANE.

 

Bangui (République centrafricaine) – CNC – Par un arrêté signé le 18 novembre, le Premier Ministre a créé un comité stratégique d’appui au processus électoral en Centrafrique. Ce comité est composé des membres du gouvernement, des institutions républicaines et des représentations diplomatiques dans le pays et ceci au grand dam des partis politiques et organisations de la société civile.

 

A quelques mois des échéances électorales dans le pays et en dépit de quelques retards accusés dans les étapes importantes, ce comité a désormais, selon l’arrêté, pour mission d’assurer le suivi régulier de chaque étape importante du processus électoral et de veiller à la bonne exécution du chronogramme.

Le comité est composé de 27 personnes issues du gouvernement, des différentes institutions républicaines ainsi que des diplomates accrédités en Centrafrique. La présidence est assurée par le premier ministre, Firmin Ngrebada, et se réunira deux fois en un mois pour discuter de tout ce qui touche à l’organisation des élections en 2020.

La raison d’être de ce comité pose déjà problème du point de vue légal et de par sa composition. Ni la Constitution, ni le code électoral et ni la loi organique de l’Autorité Nationale des Élections (ANE) n’a prévu la mise en place d’un comité d’appui au processus électoral.

Les grands absents sont les partis politiques et organisation de la société civile qui sont aussi des acteurs du processus électoral dans le pays.

La création de ce comité suscite déjà des réactions au sein de la classe politique qui y voit une « tentative de passage en  force du régime actuel lors des prochaines élections ». Car ils estiment que le pays s’est doté de tous les cadres juridiques pour organiser les élections, « en plus de la Constitution, nous avons le code électoral, la loi organique de l’ANE qui nous offre un cadre permanent de concertation. Nous ne nous sommes pas plaints pour cela. Alors pourquoi créer aujourd’hui un énième cadre parallèle qui déjà, dans sa configuration, ne reflète pas l’émanation des partis politiques et de la société civile », a confié au CNC, une personnalité politique proche de l’opposition.

Un autre point d’inquiétude se situe, selon les politiques, par la présence de la présidente de l’ANE dans ce comité, « étant membre de ce comité, elle recevra des ordres du premier ministre. Les germes de trucage s’installe déjà », dit un opposant.

Pour un membre du gouvernement, « ce comité se penchera essentiellement sur la question de mobilisation des ressources financières. Il n’a pas vocation à substituer l’ANE. Qu’on cesse de voir tout en noir dans ce pays. Les élections, c’est de l’argent. Mais il faut les réunir à temps et avec le concours de tout le monde», dit-il.

Les 6 membres du gouvernement siégeant dans ce comité sont tous militants du MCU y compris le Premier Ministre.

Ce comité d’appui au processus électoral porte déjà les germes d’une crise politique en gestation dans le pays.

 

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