Centrafrique : le ministre de la Sécurité Linguissara contre-attaque le syndicat de la police.

Le ministre de la sécurité publique Henri Wanzet Linguissara. CopyrightDR.

 

Bangui (République centrafricaine) — Décidemment, rien ne va plus entre le ministre de la Sécurité publique Henri Wanzet Linguissara et le syndicat national de la police.

 

À l’origine, la menace du syndicat national de la police de rentrer en grève générale dans deux semaines si le gouvernement ne répondait pas favorablement à leurs revendications qui sont liées, pour la plupart, aux conditions de travail des policiers et à l’octroi frauduleux du marché de confection et de la délivrance des documents d’identité nationale, des visas centrafricains, des cartes de séjour, des passeports et des cartes d’électeurs à la société libanaise Almadina.

Or, le mercredi dernier, sur les ondes de la radio nationale, le ministre de la Sécurité publique, le général Henri Wanzet Linguissara, contre toute attente, prenait à partie violemment le syndicat de police qu’il qualifie les membres du bureau des véritables menteurs.

D’après ses déclarations, les policiers seraient jaloux de la société libanaise Almadina, car ils n’auront plus des bakchichs, encore moins de l’argent à empocher frauduleusement à travers le paiement des frais des cartes de séjour, des visas et cartes d’identité nationale.

Cette accusation, d’autant plus grave, montre à quel point le climat de travail entre le ministre Henri Wanzet Linguissara et ses collaborateurs policiers est très délétère.

D’après notre enquête, l’accusation du ministre de la Sécurité publique contre les policiers n’est pas fondée du moment où les procédures pour les particuliers vont rester pratiquement identiques comme dans le passé, et les frais de poches déboursés par ces derniers aux policiers vont probablement continuer.

Cependant, les centrafricains, qui sont par ailleurs de véritables victimes de cette « arnaque d’État », vont devoir sortir plus d’argent pour payer les frais des cartes d’identité nationale qui passe de 4500 à 15 000 francs CFA avec une durée de validité de 5 ans alors que celle-ci était permanente avant.

En effet, pour une carte d’identité nationale de 15 000 francs CFA, d’après notre calcul basé sur cette convention, l’État centrafricain touchera 1000 francs CFA comme son bénéfice alors que pour les actionnaires de la société libanaise Almadina cette somme s’élève à 7 000 francs CFA.

 

Ainsi, dans les quartiers comme dans les rues de la capitale, les Centrafricains ne cessent de pleurer au nom du Président Faustin Archange TOUADERA et de son gouvernement. Pour eux, tout est cher, voit très cher depuis son arrivée au pouvoir alors qu’il ne semble pas être sensible à tout ce dégât.

Affaire à suivre…

 

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