Centrafrique : Le départ du parti RDC de la majorité présidentielle de plus en plus demandé par la base  

Publié le 13 octobre 2019 , 4:32
Mis à jour le: 13 octobre 2019 4:32
Désiré Kolingba, Président du parti RDC.

 

 

Bangui (République centrafricaine) | CNC – La problématique de l’appartenance du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC) à la majorité présidentielle est de plus en plus contestée par la base du parti. Après la demande des jeunes du parti qui exigent le départ du parti de la majorité présidentielle, c’est au tour de la fédération France-Europe dudit parti qui recommande en date du 05 septembre 2019 le retrait pur et simple de la majorité présidentielle.

 

A quelques mois des échéances électorales de 2020 en République Centrafricaine, le RDC, l’un des partis appartenant à la majorité présidentielle, commence à faire face à une fronde sournoise des organes de base qui exigent, sans passer par le dos de la cuillère,  à l’exemple de la fédération France-Europe qui demande le retrait du parti du camp présidentiel.

Les militants et sympathisants du RDC de la France et de l’Europe s’étaient réunis le 31 Août 2019 à Nantes en France, lors de ce rendez-vous, ils ont débattu de plusieurs sujets parmi lesquels la question de l’appartenance du parti à la majorité présidentielle.

Sans tergiverser, ils estiment que le pouvoir en place ne prend plus au sérieux les propositions du parti. Pour eux, le pouvoir est dans un « autisme déconcertant dans son partenariat avec notre parti le Rassemblement Démocratique Centrafricain ».

Se basant sur ces éléments d’appréciation, ces derniers ont vivement recommandé au bureau politique de leur parti son retrait « pur et simple de la majorité présidentielle ».

En réponse à cette demande anodine, Pascal Koyamene, porte-parole du parti RDC, se réjouit du fait que la jeunesse de leur parti s’assoie pour débattre des sujets brulants de la politique centrafricaine, mais il rejette la démarche menée en utilisant la presse pour exiger une telle demande au bureau politique du parti.

« Je suis heureux qu’un débat s’instaure au sein de la structure du parti en ce sens que la jeunesse du parti est libre de débattre et cela prouve aussi la vitalité du parti. Ceci étant, je viens de prendre connaissance à travers la presse, et on a toujours dénoncé cette manière de saisir le bureau politique, elle n’est pas la plus appropriée pour saisir les instances du parti. Le parti est dirigé par le bureau politique et c’est le bureau qui analyse cette situation pour rendre une décision publique concernant l’appartenance ou non à une alliance. Donc le débat  s’instaure, le débat va arriver au congrès et le congrès avisera », a précisé Pascal Koyamene, porte-parole du parti RDC.

Il a, par ailleurs, qualifié cette « méthode de tract » avant d’appeler la jeunesse et la fédération de France-Europe à « respecter les disciplines du parti ».

Il convient de rappeler que le parti Rassemblement Démocratique Centrafricain fera son congrès dans deux mois et c’est à l’issue duquel il promet donner une réponse à ses militants.  Le RDC et le MLPC sont les deux grands partis politiques appartenant encore à la majorité présidentielle à 13 mois des élections couplées de 2020 car, la plupart de ceux qui étaient avec Touadera entre les deux tours, sont partis avec plus ou moins une bonne dose de déception.

 

Jefferson Cyrille Yapende

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