CENTRAFRIQUE : L’ATTAQUE DE L’EGLISE NOTRE DAME DE FATIMA, PREUVE ET CONSEQUENCE DE L’IRRESPONSABILITE DU POUVOIR ET DES FORCES INTERNATONALES

Centrafriquelibre

Dans la soirée du mercredi 28 mai, environ trois cent individus surarmés ont envahi la paroisse Notre de Dame de Fatima où vivent plus de 4mille déplacés internes. Pendant une vingtaine de minutes, ces hommes ont opéré des actes ignobles sur ce site faisant une vingtaine de morts et enlevant une quarantaine de personnes. Cette attaque perpétrée au cœur de la capitale, est une démonstration de force des éléments incontrôlés armés et prouve à suffisance les limites du pouvoir de Bangui et des forces internationales censées assurer la sécurité des biens et des personnes.

Le pouvoir de Bangui a-t-il encore une raison d’exister ? Les forces internationales opérant en République Centrafricaine assument-elles le mandat qui leur est attribué ? Telles sont les questions que l’on peut se poser à un moment où des hommes surarmés, ont opérè à moins de 4 km des positions des forces internationales et sous le nez des autorités de ce pays.

Les témoignages et les informations recueillies sur ce drame du 28 mai à l’Église de Fatima font état de ce que ce groupe  terroriste proche de la séléka a planifié et préparé soigneusement  ce massacre depuis deux semaines.

Les antibalaka basés dans le troisième arrondissement auraient également provoqué les sujets musulmans à l’origine de cet évènement dramatique.

Il n’est pas superflu de rappeler que les évènements enregistrés à la paroisse Notre Dame de Fatima ont créé une condamnation unanime tant au milieu des musulmans que des chrétiens de la République Centrafricaine. Mais là n’est pas la question. Il faut chercher à comprendre comment, ces hommes armés ont pu commettre ces actes sans en être inquiétés. Voici le film de l’environnement d’où sont partis les assassins:

A 200 mètres du lieu du drame, sont basées des forces de la Misca. Celles-ci pour des raisons que l’on ignore, ont laissé faire. Moins de 5 km séparent la paroisse attaquée à la base de l’État-major de cette force Africaine. Au moment où les coups de feu commençaient, des véhicules des éléments de la force française de la Sangaris ont été aperçus dans la zone. Mais ces éléments ont quitté les lieux sous les tirs en direction du centre ville. Pourquoi sont -ils partis au lieu de chercher à désarmer ces assaillants lourdement armés comme le prévoit le mandat de l’ONU ?

Au-delà de tous les commentaires et toutes les analyses que l’on puisse faire de ce qui s’est passé, il est évident que cette attaque constitue à la fois la preuve et la conséquence de l’irresponsabilité des autorités centrafricaines et des forces internationales présentes en Centrafrique.

Le pouvoir de Bangui dirigé par Mme Samba-Panza est tout sauf une force politique de proposition, d’initiatives et d’actions. En quatre mois, le couple Samba-Panza – Nzapayeke ont réussi à étaler leurs limites les plus incroyables.

Sur des questions essentielles de souveraineté, le pouvoir pour cacher ses carences utilise le silence. C’est ce qui a été constaté sur la question liée au contingent tchadien. Il en est été aussi le cas sur le désormais éternel problème du retour des forces de défense et de sécurité de ce pays.

Malgré l’unanimité sur la remise sur pied des FACA, Samba-Panza et Nzapayeke ont soit fui le débat soit trouvé des subterfuges comme celui que le premier ministre a ramené de l’Angola en annonçant la formation des militaires centrafricains dans ce pays avant leur grand retour en service.

Tous ces éléments prouvent que le pouvoir est fortement limité. L’attaque de cette église est venue confirmer ce que l’opinion croyait déjà. Si cela est arrivé, c’est parce que d’une manière ou d’une autre les autorités ont refusé de prendre leurs responsabilité à un moment T.

Il en est de même pour les soldats français et africains en Centrafrique. La missions française et africaine ont démontré leur irresponsabilité en tournant autour du pot sans jamais tenter d’appliquer le mandat qui leur a été donner qui est celui de procéder au désarmement forcé de tous les porteurs d’armes ou amateurs impliqués dans la crise centrafricaine.

Qui ne disait pas qu’il fallait désarmer le km5 et tous les autres arrondissements réputés surarmés ? Tous les Centrafricains l’ont dit sauf le pouvoir de Mme Catherine Samba-Panza soutenue par les forces internationales beaucoup plus préoccupées par le business qu’à la survie du peuple centrafricain.

Les autorités se sont tacitement opposées à ces opérations jusqu’au grand massacre de la paroisse Notre Dame qui en fait, n’est que la preuve et la conséquence de l’irresponsabilité du pouvoir de Bangui et des forces engagées dans la crise centrafricaine.

A dire vrai, il était possible d’éviter ce qui est arrivé dans la soirée du mercredi 28. Il suffisait que les autorités exigent par tous les moyens le désarmement autorisé par la résolution 2134 pour que cet évènement ne puisse pas arriver.

N’étant pas une force de proposition, d’initiative et d’action, cette transition manque encore de vision politique et n’a même pas la qualité basique de tout pouvoir politique qui est le sens de la prévision.

Diane LINGANGUE  

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